Drudkh, c’est le genre de groupe qui ne manque pas d’inspiration, qui n’hésite pas à sortir des albums tous les ans, voire deux dans la même année (cf : l’année 2006…)
Drudkh, c’est aussi paradoxalement le groupe qui refuse toute exposition médiatique, et qui ainsi, nourrit toutes sortes de légendes à son sujet…
Drudkh, c’est aussi le projet de membres de
Hate Forest, Blood Of Kingu, Astrofaes, Lucifugum, etc.
Mais venons en au fait, en cette année 2009,
Drudkh revient, après deux ans d’absence avec Microcosmos, son septième album.
A première vue, l’univers des Ukrainiens reste inchangé, un univers sombre, ambiant et mélancolique qui nous transporte dans le folklore des anciennes légendes slaves et des paysages dévastés de ces terres inconnues.
Avec Microcosmos,
Drudkh tente de capturer musicalement chaque instant de ces atmosphères chargées d’émotions, pas forcément noires, mais relativement sombres, avec une touche subtile de mélancolie. Le chant est très peu présent et toute la place est laissées aux guitares et aux claviers pour sublimer les paysages qui défilent virtuellement devant nos yeux, et ce, grâce au talent de ces musiciens hors du commun.
Avec son « slow Black épique »,
Drudkh s’éloigne peu à peu de ses racines Burzumesques qui avaient fait sa renommée au début de son existence, mais on retrouve bien les éléments empruntés directement au Black Metal mais adaptés de manière à paraître plus ambiant. Ainsi des titres comme Ars Poetica ou encore Decadence apparaissent comme de véritables paysages cinématographiques, mais toujours avec cette touche très Black qui vient rendre un peu plus inaccessible l’art des Ukrainiens pour les non-initiés, faisant de
Drudkh une musique un peu plus élitiste.
On notera un accent mis sur la dimension épique de cette musique, ce qui n’est pas vraiment nouveau, mais mérite d’être souligné pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le groupe et la particularité de sa musique.
Pour ceux qui avaient aimé Blood In Our Wells, qui était un peu plus « violent », même si le terme n’est pas vraiment approprié, ce Microcosmos ralentit un peu le tempo pour proposer plus de sérénité et de quiétude, mais ce n’est pas pour autant que l’album est faiblard, non, on trouve vraiment de la puissance tout au long de ces six titres qui composent ce nouveau disque. Mais la puissance n’est pas comparable ici à celle dégagée par un quelconque groupe de Brutal Death, mais elle se trouve là quand même, dans chaque recoin de ce Microcosmos, aussi subtile soit-elle, une puissance dissimulée mais efficace à qui saura y être sensible.
Ce que l’on peut noter aussi, c’est que chaque titre dégage sa personnalité propre, mais le génie de
Drudkh fait que l’on ne se rend jamais vraiment compte que l’on a changé de morceau tant les titres s’enchaînent à merveille, sans jamais que l’un d’eux ne viennent empiéter sur l’autre. Le tout est en fait grandement facilité par le côté très progressif des compositions qui sont simplement évolutives mais aussi très longues (une moyenne de 9 minutes par titre).
Ce nouvel album de
Drudkh est vraiment une réussite, on pourra peut-être lui reprocher cependant de ne rien apporter de vraiment nouveau par rapport à ses précédents disques, même si en contrepartie on voit clairement une évolution par rapport à Forgotten Legends. On a l’impression que
Drudkh a trouvé une recette qui marche et qu’il n’en change pas, n’ajoutant qu’un peu plus de talent à chaque fois, mais après tout, qui s’en plaindra ?