L’actualité pour les membres de Code est relativement chargée ces derniers temps, mais cela n’empêche pas
Blutvial, nouveau projet d’un des membres de Code de sortir son premier album, via Spikefarm Records.
Après seulement un EP en 2007, le groupe signe pour un album de qualité ! Cet album,
I Speak Of The Devil est un pur concentré de Black Metal froid et malsain, comme on peut s’en douter vu le passé des deux membres du groupe, mais pas seulement,
Blutvial possède aussi une petite touche avantgardiste assez séduisante.
Le son de l’album est assez froid et déshumanisé, parfois proche de l’indus, ce qui n’est pas sans rappeler les heures de gloires d’un certain Aborym… Avec un sens de la mélodie qui lui est propre,
Blutvial nous transporte dans son monde noir et où la vie n’a pas lieu d’être. Dans son monde, ce sont les ténèbres et la noirceur qui règnent !
Avec une intensité assez prenante, des titres comme Seethe My Darkness ou encore Our Hallowed Bones nous montrent jusqu’où peut aller
Blutvial dans la retranscription de sentiments de malaise.
Mais attention, le Black Metal de
Blutvial n’en est pas pour autant dénué de mélodies, au contraire, le groupe propose des riffs puissants et dont la musicalité est très travaillée. Des titres très ravageurs comme Seethe My Darkness (certainement titre phare de l’album, au passage…) sont vraiment excellents et maîtrisés avec brio. On sent un réel travail de composition derrière tout cela et la production valorise vraiment le tout. En revanche, la basse ne se fait pas vraiment entendre, mais elle supporte le reste comme elle peut, accompagnée par une batterie ultra-rapide.
L’intensité règne sur cet album, mais ce n’est pas pour cela que l’on n’a pas droit à quelques passages plus atmosphériques par moment. Cela permet de mieux appréhender le reste d’un titre ou de l’album. Ces passages sont vraiment bienvenus quand on connaît l’ampleur du désastre auditif qui nous attend.
Notons aussi que
Blutvial se paye le luxe, en milieu d’album, de nous offrir un titre superbe d’une dizaine de minutes. Ce titre, 1584, est assez lent, à la croisée entre le Black et le Doom, pouvant parfois rappeler un bon vieux Faustcoven, ou plus récemment le dernier opus de Borgne. Un petit côté avantgardiste peut même rappeler de vieux titres de
Blut Aus Nord, avec la froideur qui lui est propre.
Un autre titre très long, Hirnaeth, se trouve en fin d’album, lui donnant ainsi des allures d’outro, et peut parfois rappeler l’autre groupe d’Aort, Code, par certains aspects, mais ce n’est pas très flagrant. Cela résulte plutôt de la qualité de composition que d’un point de vue strictement musical, quoi que. Ce titre, lent et hypnotique donne l’impression d’être interminable, il vient clore cet opus en beauté.
Au final, ce premier album est une bien belle surprise, il va bien plus loin qu’un simple Black Metal traditionnel en lui ajoutant des éléments d’une froideur qui rappelle vaguement le Black Indus, mais avec une maîtrise propre à ces musiciens expérimentés. Les anglais peuvent être fiers de cette première offrande et il y a fort à parier pour que ce disque fasse décoller ce duo !