De manière totalement partiale le néophyte pourra juger cet œuvre, uniquement, comme un énième pas supplémentaire vers une débauche de bestialité toujours plus accrue. Pourtant face à ce mur définitivement hermétique pour leurs oreilles non aguerris, et peu désireux de franchir les aprioris sclérosant dans lesquels ils ont manifestement enfermés le Death brutal, ils continuent d’appréhender le genre comme un obscurantisme impénétrable où seul la vélocité, l’agressivité, la furie se doivent de s’affronter dans, ce qu’ils croient être, une cacophonie où l’escalade de rapidité, de haine, de rage est un défi sans cesse repoussé. Négligeant ainsi certains aspects primordiaux, tels que l’extrême technicité de certains de ces groupes, le profane préfèrent, souvent, se contenter d’obéir aux instincts de ces premières impressions. Or s’il est une vérité évidente avec le genre, elle réside dans l’apprentissage et dans le temps nécessaire afin de pénétrer, au mieux, ces mondes, apparemment, dénués de toutes subtilités. Et quoiqu’on puisse en penser cet Antithesis, quatrième album des américains d’
Origin possède indéniablement de ce remarquable raffinement délicieusement abscons.
S’inscrivant parfaitement dans le dessein musical de ces prédécesseurs, cette œuvre s’emploie à défendre un Death Metal brutal et technique. Dans une démarche similaire à
Hate Eternal ou encore, dans une moindre mesure, à
Nile ;
Origin nous offre les dix versets intense d’une nouvelle bible posant les bases, quelques peu avant-gardiste, d’une nouvelle vénération méritée. Cette ultra technicité, cette ultra violence, trouvant son excellence dans une maitrise simplement ahurissante, s’affirme donc comme la nouvelle tendance d’une excellente nouvelle génération death.
En évoquant cette sublime hystérie brutale musicale, ainsi que son extrême technicité, entrer plus au cœur de cet œuvre apparait presque comme inutile. Il serait, en effet, vain de tenter de détailler l’excellence de titres tels que
The Aftermath, Wrath Of Vishnu ou encore, par exemple, l’exceptionnelle Finite, morceaux dans lesquelles ces voix tantôt gutturales death, tantôt criardes putôt black s’invective dans un affrontement aux atmosphères schizophréniques et, ou, un John Longstreth derrière ses futs démontre des capacités incroyables, offrant, en étant méthodiquement dévastateur mais pourtant d’une subtilité rare, une réelle profondeur supplémentaires à ces titres, et, ou, les riffs remarquablement incisifs de Paul Ryan et de Jeremy Turner souligne efficacement cette profusion d’énergie d’un album à la fois merveilleusement belliqueux et à la fois étonnamment cohérent.
Hormis ces morceaux essentiellement vifs et destructeurs, le groupe excelle davantage encore dans les partis ou il ralentit de manière très infime sa cadence infernale pour un résultat légèrement plus « mélodique » (bien que ce terme soit peu approprié ici). Ses respirations fondamentales, parcimonieusement dispersés au sein de cette espace infini de véhémence superbe, renforcent encore ce sentiment dévastateur qui nous étreint délicieusement. Dans le final splendide d’un titre éponyme il s’appesantit, d’ailleurs, dans un tempo plus lourd nous proposant un moment tout simplement mémorable. Si
origin nous offre les teintes subtiles de ces nuances minimes salutaires, il ne tombe pourtant jamais dans les écueils faciles saugrenus. En dehors de son Death brutal technique, en dehors de ses quelques ponctuations moins hardies, point de salut.
Si Antithesis s’affirme donc comme une des références incontournable d’une nouvelle vision Death Brutal Technique captivante, de ce fait
Origin, quant à lui, en devient l’un des symboles les plus emblématiques.