Dire que le nouveau
Deströyer 666 était attendu relève du pléonasme… Mais l’attente aura été vaine ! En effet, après Cold Steel… For An Iron Age sorti en 2002, les Australiens se sont fait désirer… C’est en 2009 avec Defiance qu’ils remettent le couvert !
A première vue,
Deströyer 666 n’a rien perdu de sa superbe, ce qui lui valait en quelque sorte le statut de groupe culte d’Australie, un des rares groupes à percer, avec
AC/DC et Striborg assez dernièrement…
On notera un son un peu plus soigné que d’habitude, avec un style qui n’a pas vraiment changé, si ce n’est plus d’éléments puisés dans le Thrash, ce qui rappellerait presque par moment un bon vieux Nifelheim et son Black Thrash ravageur.
Mais ce côté Thrash n’est pas exploité en dépit des influences Death qui caractérisent le groupe. Bien au contraire, on retrouve évidemment certaines influences empruntées à leurs compatriotes de
Sadistik Exekution, avec par-ci par là des éléments plus brutaux. Le son en est d’autant plus puissant et les influences Death Metal viennent donner un coup de souffle à un peu tout ce qui a tendance à se faire aujourd’hui en matière de Black Brutal.
Les riffs sont efficaces, les mélodies sont percutantes, notamment sur « Weapons Of Conquest » ou encore le très réussi « I Am Not Deceived » aux allures d’hymne du Black/Death qui doit être un moment live à ne pas négliger !
Certains passages plus pesants sont aussi plus réfléchis et montrent un
Deströyer 666 au plus haut de sa forme pour enchaîner avec encore plus de violence. Le son est vraiment heavy et ainsi chaque instrument trouve sa place, ce qui renforce cette volonté de chaos sonore maitrisé et développe ainsi une brutalité plus efficace et persuasive que dans le Brutal Deathcore à la mode ces derniers temps ! De superbes soli par-ci par là viennent accentuer l’impression que chaque musicien est possédé, comme si c’était le Diable en personne qui jouait à travers eux ! Celui de « The Barricades Are Breaking » est particulièrement percutant, au même titre que sur « Stand Defiant » aux allures d’un morceau de
Pest, en plus poussé musicalement et ô combien maîtrisé !
Car oui,
Deströyer 666 ne se contente pas de prendre des guitares et de les maltraiter accompagnées de basse et batterie, ce sont de véritables musiciens, et ils savent exploiter au mieux toutes les capacités de leurs instruments ! C’est aussi ça qui fait la force de ce nouvel album, tout en ajoutant le feeling qui se dégage de l’ambiance générale. D’ailleurs le son n’est pas réellement « sombre », mais ce qui s’en dégage va plus loin dans la perversité, donnant un côté presque old school et moderne à la fois, renforçant ainsi la violence. Ainsi, de véritables paysages de guerre, paysages intemporels sont recrées, et ce, également grâce à l’accent qui a été mis sur les parties plus mélodiques exécutées par des guitares parfaitement maîtrisées, et qui n’hésitent pas parfois à nous plonger dans des ambiances plus « atmosphérique » (je me comprend) écoutez « Sermon To The Dead » et vous comprendrez… Des guitares lourdes et pesantes, mais toujours avec la maîtrise musicale caractéristique de ces maîtres du Metal Extrême Australien !
Vous l’aurez compris, ce nouvel album est un chef d’œuvre que nous offre
Deströyer 666 après plusieurs années d’attentes. Les riffs mélodiques, les influences Thrash se mêlant à merveille au Black Old School sont une véritable réussite, et donc un point fort de ce disque ! La maîtrise et la maturité permettent aux Australiens de revenir sur le devant de la scène extrême avec fierté ! Un disque à ne manquer sous aucun prétexte pour les amateurs du genre !