Arkaea, c’est le projet des deux exclus de
Fear Factory, la machine Raymond Herrera et le métronome Christian Olde Wolbers associés à Pat Kavanagh et Jon Howard du groupe de metal moderne,
Threat Signal. Comme l’a affirmé Olde Wolbers peu après la sortie de «
Years In The Darkness », les compositions figurant dans l’album étaient à la base celle prévues pour le nouvel album de
Fear Factory. Mais comme vous avez pu le constater ces derniers temps, Burton C. Bell ne s’est jamais autant senti bien entouré que maintenant. Il semblerait que le leader de l’usine de la peur ait oublié ses anciens camarades, laissant deux musiciens de talents aux carreaux.
Fair-Play, Herrera a laissé couler l’affaire et a préféré se diriger vers son nouveau projet. D’ailleurs, vous pouvez constater que le site officiel de
Fear Factory, ainsi que le myspace, sont la cible de la pub d’
Arkaea, ne laissant apparaitre aucune des nouvelles de la version 2009 de la bande à Dino et Burton. Cela aurait pu être ridicule après l’engagement de poursuites pour savoir qui acquerra un nom aussi célèbre …
Finalement, la seule chose qui importe, malgré tout ces broutilles, c’est la musique.
Et bien sûr, attendez-vous à avoir un nouveau degré de ressemblance avec
Fear Factory.
Divine Heresy, le groupe de Dino qui vient à peine de sortir un album, a d’ailleurs souffert de cette comparaison. Maintenant, on nous sert
Arkaea et bientôt, il y aura la sortie publique de Mechanize, le brûlot de FF. Ca fait beaucoup d’actualité à Los Angeles …
« Locust », la première chanson découverte par le quatuor avant la sortie de l’opus, démarre les hostilités. Le titre n’est plus nouveau, il a d’ailleurs bénéficié d’un clip, servant à atteler la promotion de «
Years In The Darkness ». On reconnait la touche mécanique du respecté Herrera, qui montre qu’il n’a plus rien à prouver à personne sur le morceau éponyme. La patte de Christian est reconnaissable également, le belge joue avec son ancien compère de FF. Le ton de sa guitare a légèrement évolué, on ne se retrouve plus avec des riffs syncopés, extrêmement hachés, à l’unisson de la batterie. On se retrouve avec un croisement à mi-chemin entre Archetype et
Transgression, peuplé de plusieurs passages plus mélodiques et moins rentre-dedans.
Le mariage qui s’opère avec la paire de
Threat Signal est plutôt agréable. La voix de Jon Howard, au ton si personnel, donne un coup de frais énorme à l’aérien Gone Tomorrow, mais sait aussi se montrer plus convaincante sur un Black Ocean. Le chanteur de
Threat Signal utilise d’ailleurs beaucoup (trop ?) son chant clair, surtout sur les refrains, cela donne un rendu plus moderne et metalcore à l’influence industrielle de Herrera/Olde Wolbers (voir : Break The Silence)…
Mais c’est aussi ces touches modernes qui ont le don d’agacer. Alors qu’on pense entendre un titre vraiment violent, on se noie dans l’éclaircissement apporté à l’ambiance avec une voix parfois trop claire et répétitive justement. Les guitares sont loin d’égaler ce que le belge a à revendre et c’est dommage. Enfin, dommage, oui et non. Si ces compositions devaient figurer avec le logo
Fear Factory, cela décevrait fortement.
On peut apprécier sans remords le nom
Arkaea sur la pochette et oublier un instant, le temps de War Within, qu’il n’y a pas d’ancien membre de l’usine de la peur. Et quand on se rappelle, on est légèrement déçu de ce qu’on fait Raymond et Christian.
Years In The Darkness est un bon album moderne, souffrant des comparaisons et pour cause. Les fans de modernité apprécieront certainement ce que ce nouveau projet apporte au metalcore, mais
Arkaea n’apporte rien à la scène et ne fait que s’engouffrer dans l’ombre de ses ainés.