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Chroniques :: Chronique de Killers

Chronique de Killers

Iron Maiden  - Killers (Album)

Pleasure to kill



Le premier album éponyme avait surpris par sa qualité, avec son mélange savant entre hargne punk et mélodies tirées du hard rock, notamment sur le travail des guitares, où le jeu à la tierce initiée par Thin Lizzy gagnait de nouvelles lettres de noblesses. Aussi, ce second opus était attendu au tournant, certains disaient que la chance ne se présentait que rarement deux fois à la même personne (et ça, l'équipe de France de football le sait parfaitement !). Niveau changement, un remplacement de guitariste, Dennis Stratton est remercié au profit d'Adrian Smith qui, on ne le savait pas encore, allait former l'une des paires de guitaristes parmi les plus influentes du heavy metal avec Dave Murray.

Début mars 1981, le nouvel album garnit les bacs des disquaires avec cette pochette d'une rare violence pour l'époque, avec l'une des apparitions d'Eddie des plus mémorables. En arrière-plan, la ville avec de menus détails qui deviendront récurrents avec le temps comme le chat noir (ici sans auréole) et cette silhouette qui se découpe derrière le rideau, ne serait-ce pas la faucheuse ? Avec le titre écrit en lettres de sang, la jaquette de ce Killers fait un pas en avant d'un point de vue artistique. Mais cela ne suffit pas à faire un bon disque, il faut que le contenu soit à l'image du contenant.

Passé une courte intro majestueuse, on se retrouve confronté directement à Wrathchild et son groove particulier. Et là, les progrès au niveau de la production sont flagrants. En effet, Martin Birch, qui faisait office de valeur sûre (il avait à son tableau de chasse certains albums phares du genre, comme le Machine Head de Deep Purple, Rising de Rainbow ou encore le fabuleux Cultösaurus Erectus de Blue Öyster Cult) a su canaliser le son de Maiden pour lui donner forme et le rendre plus abordable. Du coup, la fureur punk, toujours présente, est seulement sous-jacente. Difficile de ne pas sentir l'impact de ce style sur l'effroyable chanson titre qui dégage le sentiment d'urgence propre à ce mouvement.

Et bizarrement, les hymnes se font moins immédiats. Même si l'on progresse sur un schéma similaire à celui du premier album (un titre instrumental épique, une espèce de power ballad (Murders In The Rue Morgue), une composition plus alambiquée dans l'esprit (Prodigal Son), des morceaux plus ravageurs...), les refrains sont moins percutants pour la plupart. Cependant, Paul Di'Anno a fait de sérieux progrès au chant. Si son phrasé est moins sauvage, il pose sa voix avec plus d'aisance et l'ensemble gagne en mélodie. Ses prestations sur Prodigal Son ou sur Drifter (et même sur l'ajout de la réédition, Twillight Zone en sont de bons exemples.

Sur Killers, les paroles ont également leur importance car elles participent à l'ambiance un brin glauque de ce disque parfois décrié, parfois encensé. Traitant de meurtriers, d'assassinat et de mort, le groupe accentue son côté horrifique qui le démarquait également de la scène de l'époque. Une thématique qui joue sur la violence des compositions, toutes signées Steve Harris qui prouve une fois de plus sa main-mise sur Iron Maiden. Avec Killers, Maiden franchit encore un palier et se positionne de plus en plus comme le chef de file de la NWOBHM.

Avec le recul, Killers reste un album attachant (faut dire, en séchant, le sang, ça colle un peu...), mais quelque peu éclipsé par les hymnes du premier album et souffrant de l'ombre de The Number Of The Beast alors qu'il n'aurait rien à lui envier. Heavy metal burné, primaire et efficace, ayant trouvé le parfait compromis entre la violence et la mélodie, avec la confirmation d'une des paires de guitaristes les plus géniales du milieu et un chanteur habité par les textes... Malheureusement pour Di'Anno, ses problèmes d'alcool auront raison de lui et il sera viré par Harris, au profit d'un certain Bruce Dickinson, alors chanteur chez Samson, groupe dont le manager Rod Smallwood disait qu'il était le concurrent le plus sérieux pour Maiden...



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Killers - Infos

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Sortie : 1 mars 1981
Genre : Heavy Metal, Hard-Rock
Playlist :
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1. The Ides of March (1:46)paroles de The Ides of March
2. Wrathchild (2:55)à écouter en premierparoles de Wrathchild
3. Murders In The Rue Morgue (4:19)paroles de Murders In The Rue Morgue
4. Another Life (3:23)à écouter en premierparoles de Another Life
5. Genghis Khan (3:09)paroles de Genghis Khan
6. Innocent Exile (3:54)à écouter en premierparoles de Innocent Exile
7. Killers (5:01)à écouter en premierparoles de Killers
8. Prodigal Son (6:12)paroles de Prodigal Son
9. Purgatory (3:20)paroles de Purgatory
10. Twilight Zone (2:33)paroles de Twilight Zone
11. Drifter (4:51)à écouter en premierparoles de Drifter
écouter : Ecouter l'album



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