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Chronique de Monolithe IV

Monolithe  - Monolithe IV (Album)

OMNI



S'il y a bien un Objet Musical Non Identifié sur la scène Doom metal française, c'est Monolithe. Ce projet d'un seul homme, Sylvain Bégot, repousse toutes les limites du genre avec notamment 4 albums de plus de 50 minutes chacun, tous composés d'un unique morceau aux ambiances extrêmes et hors-normes. Ce 4ème volet arrive moins d'un an après le 3ème opus, autant dire très peu de temps pour un tel concept, mais l'écriture de ce "Monolithe IV" était déjà bien entamée après la sortie du précédent album (cf. interview sur Metalship). C'est toujours une grande émotion que de se lancer dans une création de Sylvain Bégot car on sait d'ores et déjà que nous allons vivre une expérience unique durant la prochaine heure.

Pas le temps de se familiariser avec l'ambiance que déjà, le paysage se noircit. Nous nous trouvons face à un véritable mur de son, pesant et impitoyable. Les guitares ultra-saturées nous soufflent toute leur puissance à la figure tandis que le clavier, au loin, dépeint un panorama lugubre et dissonant. Est-ce la fin du monde ? Allons-nous assisté à la fin de l'humanité, ce sujet si cher au groupe ? Ce début apocalyptique ne laisse rien présagé de bon surtout que l'ambiance se fait plus oppressante à l'entrée de la voix (3:37).

Cette voix venue d'outre-tombe est à la fois grave, profonde et toujours parfaitement maîtrisée. Richard Loudin, présent dès le début de l'aventure, pousse à l'extrême ses growls nous enfonçant plus bas que terre. Cette ambiance est toujours aussi difficile à appréhender et nous rappelle que Monolithe n'est pas à mettre entre toutes les oreilles. Une légère accalmie (7:21) nous permet de reprendre quelques bouffées d'oxygène, elle ne sera malheureusement que de courte durée.

Les quinze premières minutes garderont cette ambiance lourde. L'atmosphère change ensuite de couleur, la voix se transforme en souffle et les guitares se jouent de nous avec des mélodies répétitives et dérangeantes. Après 20 minutes de supplices liées aux 6 cordes, voici que le clavier vient apporter une dissonance encore plus importante. Décidément, je sens que les moments passés aux côtés du quatuor vont être éprouvants.

Chaque accord, chaque note modifie la couleur de la musique et il est difficile de suivre toutes ces interventions tant la musique est riche. Alors que je ne sais plus où donner de la tête, l'ambiance se calme et quelques secondes de repos nous sont accordées avant d'enchaîner vers une nouvelle teinte, plus chaude et moins distante. Ces petits interludes nous permettent de relever la tête, de nous apporter un peu de répit.

Très vite, cette atmosphère moins austère va se transformer en véritable moment de doute (31:30). Seuls quelques bruitages subsistent accompagnés de la batterie. Cette dernière nous revient sur un rythme martial; mais que va-t-il nous arriver ? Une mélodie se fait entendre juste à côté de nous, jouant toujours sur les dissonances et les contrastes. Puis le tempo s'accélère, avec l'intrusion d'un rythme de boléro et boléro inversé. Le repos du guerrier se veut plus inspiré par la musique classique. Un pur moment magique pour toutes personnes appréciant la subtilité du genre.

Cet intermède laisse place, sans transition, au paysage du départ plus sombre et chaotique. Les interventions du clavier se font plus fantomatiques comme venues d'un autre monde (40:30). Puis, les guitares reviennent nous chanter une nouvelle louange plus atmosphérique (44:45). S'en suit une alternance de passages plus lourds, saturés avec des passages plus ambiants aux claviers ou à la guitare. Nous tanguons et perdons l'équilibre devant tous ces changements.

Ça y est, la fin est proche, des sons venus de l'au-delà se font entendre, mais pas de trompette de la mort ou autre, seulement la transformation de notre monde en un autre. La nature n'est qu'un cercle qui se répète inlassablement, notre monde s'adapte et une nouvelle ère fait son entrée. La musique s'arrête, je reprends mes esprits, je sors fatiguer de ce moment et de nombreuses questions me viennent à l'esprit sur notre existence. Ce qui fait également la force du groupe c'est de pouvoir provoquer chez l'auditeur une remise en question et une recherche de notre place sur cette Terre.

Une nouvelle fois, et je me répète certainement, Monolithe nous propose une musique très riche. L'album a beau se composer d'un unique morceau, aucun moment de lassitude ou d'ennui ne se fait ressentir. Mon seul regret est que Sylvain nous avait annoncé lors de l'interview sur Metalship que ce 4ème opus serait la dernière pierre à l'édifice. Doit-on donc comprendre que l'aventure se termine ici ? Que nous nous trouvons au sommet de la tour sombre (ndr : Œuvre tout aussi monumentale de Stephen King) ? Seul l'avenir nous le dira, mais je peux vous dire que c'est avec une certaine émotion que j'écris ces dernières lignes.



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Commentaires


Pour avoir pu écouter cet album en avance et me faire saliver comme ça, je te hais le bonbon!
lun. 7 oct. 13- 01:25  
Meilleur que le III ? Va falloir que j'y jette une oreille, parce que ça dout être vraiment impressionnant !
lun. 7 oct. 13- 17:55  
Je ne dirais pas qu'il est meilleur, la sensation est différente, je l'ai notamment trouvé plus dissonant que le III, peut-être plus dérangeant et du coup, peut-être encore plus recherché... J'ai été plus sensible à cet aspect et aussi à la symbolique de l'album : la fin d'une ère ?
lun. 7 oct. 13- 20:21  


Monolithe IV - Infos

Voir la discographie de Monolithe
Infos de Monolithe IV

Sortie : 28 octobre 2013
Genre : Doom Metal
Label : Debemur Morti Productions
Playlist :
1. Monolithe IV (57:00)
écouter : Ecouter l'album



Monolithe

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