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Chronique de Dark Wings Of Steel

Rhapsody Of Fire  - Dark Wings Of Steel (Album)

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Il est toujours difficile pour un groupe de se remettre du départ d'un leader emblématique. Kamelot, l'an dernier, n'avait proposé qu'un album moyen après le remplacement de Roy Khan, et Stratovarius a pris du temps à se remettre des dommages laissés par un certain Timo Tolkki. On parle ici de Power Metal, et ce n'est pas un hasard, puisque c'est la légende du genre Rhapsody of Fire qui est aujourd'hui chroniqué en ses lignes.
Petit rappel des faits : en 2011, le groupe est scindé en deux. D'un côté, Luca Turilli s'embarque dans son nouveau projet, Luca Turilli's Rhapsody, tandis que Alex Staropoli garde le navire originel à flot par le biais d'une tournée. Presque deux ans plus tard, les Italiens proposent leur premier album sans leur compositeur historique : Dark Wings of Steel.

Le titre, la pochette, le nom des pistes... Tout annonce déjà que le groupe a choisi de conserver le tournant entamé sur The Frozen Tears of Angels, à savoir une musique plus sombre que les sempiternelles envolées dignes des romans d'heroic fantasy que le combo ressortait à toutes les sauces depuis le succès de Symphony of Enchanted Lands. Et ce n'est pas la suite qui nous prouvera le contraire : Rhapsody of Fire a clairement pris la décision d'approfondir son propos. Mais entre l'idée proposée et son application, il est un monde...
Car oui, avec ce tournant nouveau, Rhapsody déçoit. En cherchant à s'écarter de ce qu'il fait, le groupe n'en ressort que comme un lui-même amoindri, et ce sur bien des points.

En premier lieu, c'est l'absence du sieur Turilli qui se fait le plus ressentir. Les orchestrations grandioses et bien menées qui étaient la patte du compositeur ont disparu pour des arrangements symphoniques simplistes et qui, malgré l'enregistrement par un orchestre, sonnent extrêmement artificiels, faisant ainsi perdre à la musique de sa superbe. Que dire, par exemple, d'une introduction comme celle de « A Tale of Magic », ou des claviers trop classiques de « Tears of Pain », si ce n'est qu'on était en droit d'attendre bien mieux de la part des Italiens.
Mais c'est aussi la perte des influences néo-classiques du groupe qui se ressent avec l'absence du génial guitariste. Si son successeur, Roby de Michelli, reste un très bon six-cordiste qui s'en tire avec les honneurs, son style est complètement différent de Luca Turilli. Il se veut plus percutant et beaucoup moins technique.

Dark Wings of Steel donne de fait l'impression d'obéir à cette logique : on sent une volonté du groupe de sonner plus « Metal » et de sortir de la surenchère symphonique qui le caractérisait si bien. Mais là encore, la tentative se solde par un échec. D'un côté, le mixage semble étouffer en partie les guitares qui n'ont pas l'amplitude qu'elle devrait avoir pour vraiment percuter l'auditeur.
Ensuite, la surabondance de passages acoustiques, qui permettent habituellement à un disque de s'offrir quelques accalmies et une certaine variété, rendent l'écoute pénible, créent une impression de mollesse et apportent finalement l'effet redondant qu'ils cherchaient à éviter.
Enfin, même quand Rhapsody tente de se raccrocher à des éléments caractéristiques de son passé, l'effet escompté n'est même plus présents. A quelques exceptions, les refrains repris en choeur n'ont plus le même aspect fédérateur, ni le même potentiel épique et ne reste plus en tête comme ils le faisaient si bien auparavant.

La critique peut sembler sévère. Pourtant, Dark Wings of Steel n'est pas un mauvais album en soit, et on y trouve même de bons éléments, que ce soit du côté de mélodies fort appréciables (« Angel of Light », qui fait partie des titres réussis de l'opus malgré quelques longueurs) ou de riffs réellement heavy (« Fly To Crystal Skies », meilleure piste du disque).
Et surtout, on constatera avec satisfaction que Fabio Lione s'en tire avec les honneurs tout au long de Dark Wings of Steel. En effet, il semble faire partir de cette catégorie de chanteur dont la voix se bonifie avec le temps. Assurant tout aussi bien les parties médiums que des envolées lyriques vers les aigus, Lione fait preuve d'une réelle polyvalence et évite les excès, trop courant dans le mouvement Power Metal, qui rendent parfois difficilement supportable la voix de certains chanteurs.

Au final, que retirer de ce nouvel album de Rhapsody of Fire ? A part une immense déception pour les fans, peu de choses. C’est un disque qui se laisse écouter, mais sans réel intérêt. Pas foncièrement mauvais, on était néanmoins en droit d’attendre bien plus de la part des Italiens.

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


Dorénavant scindé, il apparaît inutile, selon moi, de revenir sur l'ensemble des tenants et des aboutissements qui conduisirent à la séparation de Rhapsody (Of Fire). Souvenons-nous simplement que cette scission, amicale selon les dires des principaux concernés, verra la création de deux entités, aux noms, peu ou prou, semblables, (ce qui, reconnaissons-le, aura pour fâcheuse conséquence, d'entretenir une certaine confusion), avec, pour résumer sommairement, d'un côté Alex Staropoli et de l'autre Luca Turilli. Lorsqu'on sait à quel point le duo fut naguère impliqué dans la composition des œuvres de ce groupe, une légitime crainte pourra alors nous étreindre.

Et alors que Luca Turilli et ses nouveaux comparses auront dissipé nos doutes, nous offrant un opus captivant et plutôt audacieux, c'est désormais à Alex Staropoli et à ses nouveaux complices de venir, en cette année 2013, nous conter de nouvelles aventures narrées en un premier chapitre intitulé Dark Wings off Steel.

L'entame de ce disque laisse une impression confuse et désagréable. Après un énième morceau introductif, Vis Divina, d'où exhale une certaine solennité mise en exergue surtout par la présence de chœurs majestueux, Rising From Tragic Flames démarre de manière soutenue par des partitions guitares si prévisibles et convenues qu'elles nous déconcerte d'emblée. Fort heureusement, le titre, plutôt sympathique au demeurant, nous propose quelques autres instants bien meilleurs. Et notamment lorsqu'il s'égare en ces moments dévolus à une certaine noirceur plutôt intéressante. Dommage donc qu'en certains passages Rhapsody (Of Fire) ne parvienne pas à nous y proposer autre chose qu'une pâle caricature de lui-même.

La suite, malheureusement, n'est guère plus réjouissante. Le manque d'audace d'un album aussi prévisible, se contentant à minima de nous guider sur des terres aussi conquises et aussi connues, est embarrassant. De plus un autre aspect des plus fâcheux concerne l'équilibre que Staropoli et Turilli avaient, semble-t-il, su trouver. Cette alchimie superbe entre l'extrême musicalité harmonieuse d'un Metal éminemment mélodique et l'agressivité d'un Heavy Metal, en une sorte de Power Metal magistral très "cinématographique", paraît aujourd'hui rompu. Le poids du virtuose de la guitare ne pesant plus dans la balance créative, le claviériste, secondé par son frère Manuel, ne sera, semble-t-il, pas parvenu à composer suffisamment de passages âpres pourtant absolument nécessaires dans une telle débauches symphonico-orchestrale. Il n'est donc pas rare que les guitares s'effacent au profit de la grandiloquence, de la musicalité, de l'esthétisme, et même, d'un sentimentalisme plutôt inopportun (Custode di Pace).

En outre de toutes ces réflexions que d'aucuns pourraient juger, à juste titre, partisanes, le plus grave reste encore l'inspiration servis ici. Encore une fois trop souvent l'ensemble manque d'ambition, de grandeur, et surtout de rebondissements. Le tout ronronne, en effet, dans un conformisme étonnement inhabituel pour ces Italiens. Tant et si bien d'ailleurs que transporté par ces ailes sombres, une fois achevé, le voyage ne nous aura laissé que peu de souvenirs marquants.

Dans ce marasme, dans cet océan gris et terne, aux horizons trop souvent semblables, quelques moments viendront tout de même nous donner un semblant d'espoir quant à une suite moins monotone et moins blafarde. Citons, par exemple, Silver Lake of Tears, Dark Wings of Steel ou Sad Mystic Moon, qui, sans arriver à étinceler comme certains joyaux d'autrefois, sont de jolis cailloux. Un constat qui satisferait sans doute nombres d'adeptes si nous n'étions pas en présence d'un groupe aussi talentueux que Rhapsody (Of Fire). Une excellence exsangue qui contenterait aussi beaucoup de formations bien moins capables. Mais ceci est un autre débat.

Pour conclure sur une considération tout à fait personnelle, et qui n'influera sans doute en rien sur l'opinion que chacun se fera de ce manifeste, j'ai du mal à saisir l'intérêt d'avoir baptisé cet opus Dark Wings of Steel et de nous offrir une musique où, justement, l'aspect sombre et torturé est si succinct. Il y a là, selon moi, comme une promesse non tenue. Ou, tout au moins, comme une formidable occasion manquée.

Dans cette rivalité fraternelle qui oppose désormais les deux formations transalpines, Luca Turilli et ses troupes auront très clairement remporté la première bataille. Alex Staropoli et ses sbires devront se ressaisir s'ils ne veulent pas sombrer. Dark Wings of Steel constitue un premier trou dans la coque. La voie d'eau est minime mais néanmoins inquiétante.



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Dark Wings Of Steel - Infos

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Infos de Dark Wings Of Steel

Sortie : 22 novembre 2013
Genre : Power Metal
Label : AFM Records
Playlist :
1. Vis Divina (01:28)
2. Rising from Tragic Flames (06:16)
3. Angel of Light (07:05)à écouter en premier
4. Tears of Pain (06:27)
5. Fly to Crystal Skies (05:13)à écouter en premier
6. My Sacrifice (08:05)
7. Silver Lake of Tears (05:00)
8. Custode Di Pace (05:07)
9. A Tale of Magic (04:18)
10. Dark Wings of Steel (05:51)
11. Sad Mystic Moon (04:37)à écouter en premier
écouter : Ecouter l'album



Rhapsody Of Fire

Rhapsody Of Fire
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Création : 1993
Genre : Power Metal
Origine : Italie




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