The Faceless est un quintet californien formé en 2005 et pratiquant un death metal technique et progressif, avec des passages brutal death et d’autres plus orientés deathcore. Le combo s'est faît connaître notamment en tournant en compagnie de groupes aussi prestigieux que
Necrophagist,
Nile,
Decapitated,
Meshuggah,
Cynic,
The Black Dahlia Murder et
Cannibal Corpse. Rien que ça. Avec un groupe comme
Obscura, les derniers cités font d’ailleurs partie des principales influences musicales de
The Faceless.
L’album "Planetary Duality", paru en 2008 et deuxième et dernier album en date de
The Faceless après "Akeldama" en 2006 est ainsi un concentré de riffs dévastateurs, d’une technique monstrueuse et d’une production ultra-lourde, « à l’américaine », et le premier titre, "Prison Born" est déjà en soi une très bonne synthèse de cet album : brutalité, complexité des riffs et des structures et passages prog au vocoder.
"Planetary Duality" est le genre d’album qu’on aimerait entendre plus souvent, mais dont l’intérêt réside justement dans le fait qu’on n’a pas forcément droit très souvent à ce type de sortie. Certes, le groupe n’invente pas vraiment le genre musical dans lequel il officie, et marche clairement sur les traces des
Obscura,
Cynic et
Necrophagist précités. On peut également reprocher à cet album d’être très court, ce qui est particulièrement frustrant vu la qualité et la variété qu’on y trouve : 9 titres pour un peu moins de 32 minutes (en sachant que la piste 3, "Shape Shifters", est un interlude de 44 secondes pas forcément indispensable…). Au sujet de cette variété, le cinquième titre de l’album, "Xenochrist", mêle parfaitement la violence d’un death brutal avec l’aspect planant du rock progressif à la
Cynic, et on a même droit à un début de chanson qui fait furieusement penser à du black metal, que ce soit au niveau musical et vocal (le chanteur ne se prive d’ailleurs pas d’utiliser ce type de vocaux à d’autres moments).
Un des principaux points positifs de "Planetary Duality" est le fait qu’on sent une réelle présence et une réelle personnalité derrière les chansons, qui ne se réduisent pas à un simple étalage de prouesses techniques, bien que la prouesse soit bel et bien présente. En effet, les musiciens sont impressionnants, et la prestation du chanteur est excellente, qu’il chante en guttural comme la plupart du temps ou qu’il s’aventure dans le chant clair (particulièrement retouché il est vrai, mais cela colle bien avec l’ambiance et le rendu musical de cet album). De même, si –encore une fois- les influences de
The Faceless se font clairement ressentir pour peu qu’on y soit familier, il serait abusif de crier au plagiat, car le groupe semble offrir sa propre version du sujet en évitant de tomber totalement dans les clichés et risques inhérents au genre (monotonie, aspect répétitif, …). Tout dépend bien sûr du point de vue, mais les chansons 2, 5, 6 et 9 sont peut-être les plus remarquables et originales de ce
Planetary Duality qu’on peut qualifier de très réussi. Pour terminer, l’artwork est également intéressant, mais a tendance à renforcer le côté « on adule
Cynic et on ne s’en cache pas ».
Vu l’âge encore fort jeune du groupe, comme de ses membres, on peut espérer un avenir intéressant et prometteur pour
The Faceless, qui pourrait devenir une véritable valeur sure du death progressif/technique au même titre que certaines de ses principales inspirations, car la qualité est là, indéniablement.