Herzeleid était carré et puissant. Sehnsucht, lui, conserve le style de Herzeleid mais en le rendant un peu plus soft et moins axé sur les guitares.
La force d'Herzeleid c'était ça, des gros riff et une grosse prod. En gros. Après il y avait les autres petits attraits, mais principalement, c'était les gros riff. Ici c'est différent, les gros riff sont bien présents, mais le reste gagne en importance : les sons indus deviennent plus électro et plus présents, ils se mêlent bien aux guitares et alternent rythmes, bruitages et même des nappes. La basse est présente parce que les guitares s'éteignent parfois, rien de nouveau, et la batterie est... mieux qu'avant. Elle fait son boulot disons. La plus grosse nouveauté, avec l'avènement des sons électro/indus, est du coté des mélodies. Avant, y'en avait presque pas, sauf dans le refrain de Du Riechst So Gut et quelques autres exceptions. Là si. Là on retrouve des mélodies, qu'elles soient sifflées comme au début de Engel, qu'elles soient faites avec des sons se rapprochant du clavier grâce aux samples de
Christian Lorenz, ou qu'elles soient simplement chantées par la voix grave et unique de
Till Lindemann. Le groupe soigne désormais ses différentes parties : les intros intéressantes (d'accord, celles d'Herzeleid l'étaient aussi), les couplets et les passages sans guitares plus Ambient et indus, le retour des riff assassin avec ce son toujours aussi épais dans les refrains, et les mélodies. Rammstein s'ouvre donc à plusieurs styles, proposant une musique plus variée qu'avant.
On peut voir aussi que la musique est plus sombre. Les nappes grondantes de l'intro de Spiel Mit Mir ou encore les riff headbangant de Bestrafe Mich (peut être le meilleur morceau du groupe tellement le riff invite au headbang, surtout dans sa version du
Live Aus Berlin), même si on gagne un peu en mélodie, on gagne aussi en noirceur et en violence (Buck Dich est pas mal violente avec cette alliance riff/bruitages -saluons au passage les superbes performances live de
Lindemannet
Lorenzsur ce morceau-), et même en beauté, puisqu'on a une Power Ballade assez désespérée, Klavier, bien plus réussie que Seemann de l'album précédent, assez ratée. On peut aussi citer le plus gros tube du groupe à l'époque, Du Hast, qui contient pourtant une mélodie techno assez désagréable vers le milieu du morceau, mais dont le riff est suffisamment imparable et le break suffisamment ingénieux avec des effets de voix très bien amenés pour être un des gros morceaux de l'album.
Sehnsucht est donc un très bon opus, le meilleur de Rammstein probablement, sans compter le Live qui suivra. Malheureusement, ça se gâtera pour les prochains albums studios du groupe...
Les Plus :
- Le groupe peaufine un peu tout
- Plus sombre qu'avant
- Plus homogène qu'avant
Les Moins :
- "Juste" un Herzeleid amélioré, mais que demander de plus?