The Stars Of Never Seen est le second album de la formation américaine mené par le chanteur
Michael Grant et le guitariste
Daniel DeLucie. Evoluant dans un heavy metal hérité des années 80, le groupe se montre ici plus agressif que sur The Last Of My Kind, leur première galette.
La pochette fait toujours référence à un univers science-fictionnesque où l'on semble retrouver le personnage du premier volet. Le graphisme fait très bande dessinée européenne, il ne tape pas dans l'univers comics cher aux américains. De là à avancer que le groupe cherche à privilégier le public du vieux continent, il y a un pas que je ne suis pas près à franchir.
Crescent Shield apprécie le metal tel qu'il était pratiqué dans les années 80. Même sans biographie, le contraire eut été étonnant ; cela saute aux oreilles. Le point fort des musiciens est d'obtenir un rendu épique qui apporte une bonne dose de majesté, quand souvent les riffs sonnent déjà entendus. Par moment, on pourrait penser avoir affaire à un
Iced Earth plus rétro, utilisant des plans qui ont déjà fait leur preuve par le passé (ainsi, une composition comme
My Anger, puissante au demeurant, semble provenir d'une autre époque, quand
Manowar savait faire un heavy burné par exemple...).
La voix du chanteur est assez particulière. Entre
Matthew Barlow (
Iced Earth, ben tiens !) pour le côté plaintif et
Ozzy Osbourne pour le timbre plus trainant, elle ne colle pas forcément aux ambiances véhiculées par les compositions. Du coup,
The Bellman en devient presque comique, surtout que la ligne mélodique prête elle-même à sourire.
Heureusement, quelques morceaux de bravoure viennent relever le niveau. Il y a bien sûr
The Endurance qui traite de l'expédition que Ernest Shakleton mena en Antarctique en 1914 et qui tourna au drame, où le groupe parvient à véhiculer des émotions, ou encore l'épique et furieux
Temple Of The Empty qui arrive à point nommé pour revitaliser l'ensemble.
Le défaut majeur de
Crescent Shield est qu'il lui manque une originalité, une marque de fabrique. Le groupe semble payer son tribut aux années 80 sans discontinuer, à tel point que cela en devient un peu gênant. Et c'est dommage parce que l'on sent qu'il y a un potentiel derrière et qu'avec un peu plus d'imagination ou de témérité, le résultat pourrait être tout autre. Mais avec des "si" on mettrait Paris Hilton au couvent et pour le moment,
Crescent Shield est une formation capable d'avoir de bonnes idées, mais coupable de les gâcher...