Rammstein, Rammstein...
Reise, Reise est le successeur de Mutter, un album assez Pop Metal qui avait lancé Rammstein sur la voie du succès et surtout sur le commerce Américain. mais étrangement, Reise, Reise n'est pas un simple Mutter 2.
Alors que Mutter était pop et commercial, Reise, Reise se tourne plutôt vers les symphonies. Les sons électroniques sont de plus en plus présents, et ce depuis le début de leur carrière, mais le groupe n'hésitera pas à s'ouvrir à de nouvelles choses, comme par exemple les chœurs féminins sur Moskau, ou les chœurs en général un peu partout en fait. Les arrangements symphoniques se font bien plus présent, et on sait qu'une chorale a travaillé pour le groupe sur cet album. Le résultat est un bien meilleur rendu que les touches commerciales de Mutter, et cela associé à la légendaire production du groupe, on a finalement un album puissant et bien plus honnête que le précédent.
Alors pourquoi une note pas aussi hautes que les premiers? Et bien parce qui Pop il n'y a plus trop, Remplissage il y a. Los est un morceau acoustique assez sobre et assez groove mais franchement pas bandante du tout. La ballade Amour est clairement de trop, Till se veut très chaleureux et mielleux mais cela ne lui va pas, la ou il s'en tire honorablement avec l'autre ballade, Ohne Dich. De plus, si le coté Pop a un peu été mis à l'écart, on a toujours un ou deux "tubes" un peu obligatoire, popularité oblige. America est donc assez puissante, mais elle est commerciale comme pas deux, Mutter avait des morceaux dont les buts étaient de faire des tubes, mais c'était assez dissimulé derrière une certaine agressivité, dans les riff par exemple. La non. Pareille pour Moskau d'ailleurs, assez puissante, mais commerciale. On préfèrera de loin les brulots Mein Teil ou l'hypnotique Dalai Lama.
Et finissons par dire que, même si les expérimentations symphoniques du groupe sont bien plus agréables que son Pop Metal, une chose est flagrante : les riff ne sont clairement plus ce qu'ils étaient. Fini la divine époque de Rammstein (le morceau), Bestrafe Mich ou encore Du Hast. Ici, on se contente de riff plus simple à assimiler, se reposant sur les arrangements et les mélodies pour faire la balance. Les guitares ne sont réduites qu'à faire de l'explosion et le riff est presque mis au troisième plan (presque).
Reise, Reise reste, quoi qu'on en dise, une bonne galette, voire très bonne pour le fan, avec son lot de bons morceaux, et même si les morceaux de la qualité de Mein Hertz Brent semblent définitivement hors de portée du talent actuel du groupe, les touches pops ne parasitent plus la majorité des morceaux comme sur Mutter et sont toutes réunies dans deux morceaux. Libre à nous de les laisser de coté (avec la dernière ballade assez inutile d'ailleurs, mais ça c'est peut être une histoire de gout) et on a au final un album vraiment plaisant, probablement le meilleur de la seconde période du groupe.
Les Plus :
- Plus de passages pops/parasites
- Des arrangements symphoniques pas déplaisants
- Des passages explosifs
Les Moins :
- Encore trop hétérogène (deux morceaux pops)