Quand l'ancien
Sentenced Taneli Jarva revient sur le devant de la scène en 2000 avec ce premier album de
The Black League, on était loin de penser que le chanteur (qui a ici laissé tomber la basse) pouvait proposer un disque aussi intéressant. Certes, ça fleure bon son ancien groupe pour l'ambiance dark et mélancolique, sur quelques parties de guitare également, mais ce disque se teinte également de couleurs plus franches.
Ce qui frappe très vite, c'est le côté indéniablement rock'n'roll développé sur la galette, à l'aide de guitares très grasses mêlées à un certain groove pas franchement nordique dans sa conception. Le chant de Jarva évolue également. On retrouve toujours un grain guttural dans sa voix, mais il n'en fait plus son fond de commerce. C'est intelligible, parfois étrangement mélodieux ou a contrario, robuste et agressif. Musicalement, la conception du metal de
The Black League est simple : heavy, lent, accrocheur, parfois écrasant. En aucun cas gothique.
Mais le gros problème de cet album provient d'un morceau,
One Color Black, qui vient exploser après une introduction évasive. On est rapidement happé par l'efficacité meurtrière de ce titre avec son ambiance très '70, couplé à une pêche communicative. Un refrain simple, savamment martelé, des parties de guitares lead qui explosent ça et là avant de s'envoler durant un très bon solo, un chant très rauque qui vient caresser les oreilles... La barre est placée haut, bien trop haut !
The Black League semblera peiner tout le reste du disque pour atteindre pareille qualité.
En effet, les premières écoutes sembleront pénibles, annihilées par ce fameux
One Color Black sous forme d'hymne définitif. Puis à mesure que la bête commence à être apprivoisée, d'autres morceaux finissent par sauter aux oreilles, comme le groovy
Goin' To Hell et sa basse ronflante, le musclé
Blood Of The Gods ou encore le très mélancolique
Night On Earth. Ichor est donc un disque qui demande un certain temps d'adaptation, auquel il faut donner sa chance.
Taneli Jarva réussit son pari, celui de revenir sur le devant de la scène en faisant oublier ses débuts dans
Sentenced.
The Black League se forge sa propre personnalité, indéniablement plus rock'n'roll que dépressive. Il ne sera donc pas étonnant de remarquer que le groupe lorgnera logiquement dans cette direction, pour progressivement effacer toutes traces extrême de leur musique. Ichor est un très bon premier album, professionnel, capable de combler les amateurs de heavy dark metal les plus exigeants.