Après le ô combien funèbre
Springtime Depression, l’escadron du suicide, menée par Herr Morbid, revient nous replonger dans un désespoir plus noir que le remords, plus noir que la nuit, plus noir que ses précédentes réalisations.
Après une courte intro, le son des italiens se fait reconnaître en mille, le style hypnotique d’une guitare mélodique noyée dans des accords assommants et suicidaires d’une autre guitare est la marque de fabrique du groupe. Sans oublier évidemment les cris plaintifs et ténébreux de Herr Morbid qui se lamente, qui hurle de tristesse et de désespoir.
Avec le premier titre Kill Life, le groupe ne propose rien de vraiment nouveau d’un point de vue strictement musical, mais toute la dimension « suicidal » prend beaucoup plus d’ampleur que par le passé, ce qui en soi relève de l’exploit quand on connaît les précédentes réalisation de
Forgotten Tomb !
Tout au long de l’album, une ambiance suffocante et suicidaire plane sur chaque titre, retranscrit musicalement avec une maîtrise intemporelle.
Et que dire du merveilleux Alone, troisième titre de l’album, si ce n’est que cette pièce de quasiment 12 minutes est LE titre le plus sombre de Love’s Burial Ground ! Rien que le titre en lui-même annonce une terrible noirceur, ALONE ! Et les paroles, et le chant plaintif et déshumanisé nous plonge au plus profond des abysses, dans une histoire pseudo-moderne.
Les mélodies hypnotiques sont toujours présentes et accompagnent particulièrement bien la noirceur du morceau pour nous pousser jusqu’à un point de non-retour, un endroit d’où l'on ne reviendra pas. Le pire arrive avec le cri déchirant la nuit qui hurle « Where have you gone when I needed you ? » et qui se noie dans les tourbillons d’une guitare frénétique et éblouissante.
Le Black Metal Suicidaire de
Forgotten Tomb sur cet album est aussi teinté de clavier, ce que l’on ne trouvait peu (ou pas) dans les albums précédents. Ceci permet de créer de superbes intros comme sur House Of Nostalgia et permet de souffler quelque peu, bien avant que le clavier ne devienne plus rapide et que le chant de Herr Mobid ne reprenne le dessus, accompagné de ses guitares maladives. Les claviers apportent beaucoup aux morceaux et renforcent les ambiances « suicidaires ». En revanche ces petites expérimentation sont assez discrètes et ne viennent pas entacher tout l’album, les claviers ne sont pas utilisés de manière pompeuse et agaçante.
Notons aussi que le titre éponyme est relativement bien construit car il oscille entre des passages clairement Black et revient peu à peu avec des éléments plus Doom,
Forgotten Tomb nous fait ainsi voyager en plein cœur des limbes, entre la vie et la mort.
Au final, ce paysage de noirceur n’est autre que la retranscription musicale de l’esprit de Herr Morbid qui dirige sa
horde d’une main de fer et qui nous plonge au plus profond des ténèbres. Avec cet album,
Forgotten Tomb pousse encore plus loin un travail entamé en 1999 avec
Obscura Arcana Mortis, sa première démo. La progression du groupe est assez nette et permet à Love’s Burail Ground de confirmer la qualité de ces italiens qui maîtrisent parfaitement leurs instruments pour recréer des paysages d’une infinie tristesse et d’un infini désespoir…
Notons quand même une touche de « narcissisme », puisque l’on trouve une « cover » de
Forgotten Tomb, qui est en fait le titre éponyme
Forgotten Tomb, présent sur la première démo, mais remis au goût du jour, dans sa version plus moderne.
Un album à ne pas manquer, mais à ne pas mettre entre toutes les oreilles...