Malleus Maleficarum avait surtout fait parler de lui lors de la sortie de Des Bibles, Des Hymnes, Des Icônes en 2004, véritable pièce de True Black misanthropique et haineux.
Aujourd’hui nos français reviennent avec un album qui risque fort de donner un sacré coup de pied dans la scène underground française !
Nothing Left To Fight For, leur nouvel opus est véritable chef d’œuvre, témoignage d’un Black Metal parfaitement maîtrisé.
Après une introduction très industrielle à l’allure très martiale,
Malleus Maleficarum nous plonge dans son monde unique du Black Metal malsain et déshumanisé. Le chant français est assez compréhensible, et musicalement le son est impeccable. Pas qu’il soit plus propre, mais qu’il colle bien mieux à la musique de cette légion ténébreuse.
Les riffs sont très percutant et retranscrivent des paysages de noirceur et de mal-être avec une perfection qui colle à la peau des musiciens.
Le chant est vraiment d’une noirceur extrême, et dépasse la simple influence nordique au profit d’une musique plus personnelle et sincère.
Malleus Maleficarum a clairement compris l’importance des ambiances au sein d’un morceau pour permettre à l’auditeur de mieux digérer les tableaux noirs qui lui sont peint avec ces instruments venus directement d’un monde dévasté et stérile, un monde où il ne reste plus que cendres et poussière…
On pourra noter sur ce nouvel album, un morceau entièrement instrumental, Les Vestiges de Mon Amertume, où les guitares sont plus claires, ce qui n’en est pas moins malsain… Placé en milieu d’album, ce morceau permet de souffler un peu avant de se lancer dans la suite de ce que propose
Malleus Maleficarum avec son Black cru et malsain. Ce morceau, à la manière d’un
Springtime Depression de
Forgotten Tomb, est un faux semblant de luminosité. Il n’est là que pour mieux nous plonger dans un monde sans lumière, ou le noir et le sang règnent en maîtres…
La comparaison avec Forgoetten Tomb n’est pas anodine car la manière d’exécuter certains riffs fait indéniablement penser aux italiens, et cela donne parfois l’impression que la musique de
Malleus Maleficarum est un Black Metal lancinant et dépressif. Même si la tristesse n’est pas le mot d’ordre sur cet album, il n’en est pas moins qu’un climat de désillusion totale se fait ressentir, une sorte de haine envers ce qui est, et envers ce qui sera, une tristesse devenue nostalgie puis haine. C’est ce que nous rappelle également La Perversion Comme Représentaion, par exemple avec une ambiance très calme mais haineuse et plaintive.
Ce qui se dégage indéniablement de la musique est aussi un climat misanthropique qui glace les sangs tant les musiciens arrivent à nous faire ressentir ce qu’ils veulent.
Vous l’aurez compris, cet album de
Malleus Maleficarum va bien plus loin dans la noirceur que ses précédents albums, et la maîtrise avec laquelle chaque note est exécutée ne peut pas empêcher l’auditeur de se plonger dans le monde sombre, haineux et stérile du groupe. Un album varié, maîtrisé, noir, haineux, etc. voilà des qualificatifs qui ne manquent pas pour décrire ce nouvel opus.
Un disque à ne pas manquer pour les amateurs…