Il suffit de regarder la pochette de
Historia Nobis Assentietvr pour savoir qu'on a pas affaire à la BO d'un film de Walt Disney.
Le monde de Abenstia Lunae est sombre, les masques à gaz sont nos devenus nos visages et l'hostilité est omniprésente dans cet univers terriblement urbain... Le monde de
Absentia Lunae n'est autre que notre monde, celui dans lequel nous vivons tous. Et ce troisième album est une forme musicale de cette vision pessimiste de notre monde. Plus concrètement, cela se traduit par une musique haineuse qui joue beaucoup sur les ambiances. Le premier titre, Neuropa Calling, est un morceau purement Dark Ambient/électro/noise, et enchaine brutalement avec un Black Metal haineux, extrêmement frénétique (tu m'étonnes... le batteur n'est autre que Blastphemer, qui, rappelons le, officiait en tant que membre session live dans
Belphegor), et très inspiré pour parler simplement. Au casting, citons aussi l'excellent MZ (Locus Mortis,
Urna et
Arcana Coelestia) qui s'occupe des parties électroniques de l'album.
Ces deux membres sont des membres essentiels. Blastphemer (on sent bien les influences de Blasphemer (le vrai, celui de chez
Mayhem) d'ailleurs) arrive à créer cette ambiance chaotique propre aux bons albums de Black Metal, et installe une véritable cacophonie sonore avec ses blast beats travaillés et puissants. Il s'essaie également à quelques percussions plus militaires (ma fois très bien amenées, puisque cela renvoie une fois de plus à cette idée de modernité et d'urbanisation impitoyable), et sait se rendre plus discret quand la musique le veut. Quant à MZ, il est loin d'être au premier plan, il est même un peu trop discret je dirais, mais ses bidouillages électroniques sont indispensables à l'ambiance générale de l'album. Il relève les passages plus calmes et donne de l'intensité au reste de la musique. Quant au reste, pas de points faibles. Ildanach hurle avec haine comme une espèce de dictateur un peu bargeot (la production du chant et l'importance des distorsions renforce cet aspect), et s'essaie parfois à quelques lignes de chants clairs un peu flippantes qui rappelle un peu les travaux de Maniac dans le genre ; De plus on entend clairement la basse de Sephrenel (autant que la guitare même j'ai envie de dire (!!!)), et Climaxia, si il ne recherche pas LE riff de légende, reste un élément
primordial pour l'ambiance.
Car tout est là dedans en fait. L'ambiance. Tout le monde bosse pour dégager quelque chose de malsain et de profondément haineux dans la machine
Absentia Lunae. Personne ne recherche la performance individuelle, et tout le monde joue pour le
rendu de l'album. Le vide.
Historia Nobis Assentietvr est l'expression musicale du vide, du rejet de l'urbanisation et de tout ce qui est a peu près "négatif". Du vrai Black Metal en fait, celui qui se souvient de l'essentiel de la musique Black, à savoir l'opposition, et le négatif. Vous pensiez que ces thèmes avaient été complètement épuisés? Ils ne le sont pas.
Mayhem et son Ordo Ad Chao nous l'avait rappelé en son temps, et aujourd'hui, c'est
Absentia Lunae qui, avec un peu moins de talent que
Mayhem, je vous l'accorde, nous le clame.
Les Plus :
- Grosse ambiance
- Terriblement Black Metal : sombre, haineux et malsain
- Un casting de fou
- C'est l'école Ordo Ad Chao
Les Moins :
- On aurait aimé que MZ ait une place un peu plus importante