Le premier album de
Metalium laissait entrevoir de belles choses pour les amateurs de heavy metal couillu et était de ce fait générateur d'espoir. Une toile légère tissée par l'araignée du destin, craquée par endroits par les départs successifs de
Mike Terrana et de {{Chris Caffery]] et déchirée par ce State Of Triumph sorti un an plus tard.
Ce disque n'est pas spécialement mauvais, il est juste atrocement quelconque. Là où l'union germano-américaine s'était montrée convaincante à défaut d'être imparable sur le premier opus, il ne reste ici qu'une rigueur allemande, comme la nationalité de presque tous les membres,
Jack Frost (Seven
Witches,
Savatage), n'ayant pas franchement posé sa patte sur l'album. Aussi, si vous aimez les titres explosifs, qui foncent bille en tête (
Steel Avenger façon
Helloween et autres
Gamma Ray ou les trips SF hallucinés mêlant des Metalians aux éléments, ce disque est pour vous. Il suffit de jeter un coup d'oeil au verso de la pochette pour comprendre que apparemment, le groupe prend son concept très au sérieux, n'hésitant pas à paraitre grimé en androïde avec lentilles de contact rouges pour le côté Terminator (et les photos intérieures valent le coup d'oeil !). Un clin d'oeil à
Manowar qui lui n'avait pas hésité à poser en peaux de bêtes ?
Vous l'aurez compris,
Metalium, c'est un concept avec tout ce que cela peut entraîner, en bien comme en mal. Il y a une certaine logique tout le long de ce disque, une évolution somme toute logique, à mesure que l'histoire (prévisible) se déroule. Certains remarqueront que la trame musicale semble calquée sur celle du premier album avec son alternance de titres rapides, mid tempos et ballades. Ces dernières sont longuettes et tournent rapidement en rond ; ainsi,
Prophecy, du haut de ses sept minutes, présente un sommet d'ennui.
Heureusement, certains refrains, conçus comme des hymnes, remplissent leur office en insérant des passages de bravoure au milieu de compositions très convenues. Autre atout majeur de ce groupe, son chanteur :
Henninge Basse assure son rôle de façon très convaincante, capable d'atteindre de très hautes notes et d'assurer ses lignes mélodiques avec la même justesse. Un excellent chanteur pour ce style, peut-être (et même certainement) trop bon pour
Metalium. A lui seul, il porte ce disque sur ses épaules et l'empêche de sombrer dans l'inutile.
Le piédestal a été érigé trop tôt pour
Metalium. Son triomphe n'arrivera certainement jamais, pas s'il continue à répéter inlassablement les mêmes albums, sans oser se dire qu'il n'avance plus et que pire, il recule. Quand on se rend compte des qualités individuelles des musiciens (et surtout de son chanteur), on ne peut être que amer face à un tel gâchis. A réserver aux fans du genre.