Si le Royaume-Uni n'est pas la place forte du Pagan metal, les deux frères qui composent
Forefather , eux, se sentent tout à fait concernés. Et ils produisent une musique aux multiples influences, entrainés par la vague de nouvelles formations à revendications païennes qui déferle sur Europe dans les années 2000. C'est ainsi que leur troisième album studio « Engla Tocyme » voit le jour en 2002 sous la bannière d'Angelisc Records. Et il est aisé d'imaginer quel mal on doit avoir à se faire une place parmi tout ces combos scandinaves qui apparaissent chaque jour, surtout qu'en on vient d'Angleterre ...
Loin des rythmiques galopantes et des choeurs exhaltés, la musique de
Forefather est un Pagan metal des plus posés – à l'image du morceau éponyme par lequel débute l'album. Suivant un tempo assez lent, les compositions des deux frères s'articulent autour du magnifique mariage entre chant clair et guitares saturées plutôt timides. Le tout dessert une musique plus épique qu' agressive, dominée par un chant clair qui ne va pas sans rappeler les grands classiques du metal. Les deux musiciens développent une ambiance posée, parfois survoltée, jamais trop guerrière, peut-être pas assez percutante par moment.
Les pièces composant l'album, assez longues dans l'ensemble, s'enchainent dans un même élan – restant fidèles au fil conducteur de l'album : une ambiance séduisante par sa légèreté et sa profondeur, bien traduite par les claviers. Un clavier habile sachant se faire discret, et parfois épaulé de cuivres comme dans le très belle « The Swan's Road », pièce instrumentale menée par un piano transportant.
Ainsi les morceaux sont plutôt bien menés mais peinent parfois à accrocher l'oreille de l'auditeur, peut-être par leur manque de relief et de surprises.
On retiendra les morceaux « Iron Hand », « Engla Tocyme » et « The Fate of Kings » entre autres, qui sont les pièces maîtresses de l'album. Et dans l'ensemble l'album ne souffre pas de baisses de régimes ou de longueurs quoique les deux frères auraient gagné à produire un album plus nuancé. Mais l'opus reste plutôt original sans être novateur, témoignant d'une bonne créativité et d'une maîtrise musicale telle que l'opus n'a rien de l'amateurisme.
Preuve que le Pagan metal n'est pas réservé aux scandinaves,
Forefather nous dessert un album de qualité qui mérite l'écoute du féru de Pagan metal. « Engla Tocyme » témoigne d'un talent très prometteur mais ira malheureusement se perdre dans les méandres d'un genre surpeuplé, faute d'être suffisamment marquant et de bénéficier d'une distribution de taille.