Pure est le second album de
Godflesh. Dans la droite ligne de Streetcleaner, il est assez sombre et oppressant, contribuant ainsi à définir un indus à l'anglo saxonne, assez torturé. Mais malgré tout, une petite lueur subsiste derrière toute cette noirceur, comme si Justin Broadrick voulait nous laisser un peu d'espoir, pour mieux nous le reprendre ?
Le principal trait de caractère de cet album, c'est ce côté entre triste et rageur, un peu comme un suicide mais en emportant d'autres personnes dans sa chute. Ce que nous dit ce Pure n'est pas agréable à entendre, il s'agit d'histoire de douleur aussi grande que le monde, et de mépris de ceux qui se sont fait briser. Les guitares sont stridentes et rageuses au début, appuyant la boîte à rythme. Quant à la basse, il s'agit sans doute d'un des éléments les plus réussis de cet album: avec une disto froide, on la croirait inhumaine, mais donne la touche de puissance nécessaire à l'ensemble. Le tout pour emmener l'auditeur vers des abysses insondable, créant une ambiance désespérée.
En milieu d'album, Predominance et Pure semble rassurer l'auditeur. Il n'est plus temps de s'apitoyer sur soi même, la colère permettra de créer quelque chose du néant absolu décrit précédemment, mais très vite il faut se rendre à l'évidence, la folie s'est généralisée et est irréversible. Les chuchotements sur Baby Blue Eyes n'en sont qu'une confirmation: le but de Justin Broadrick est vraiment de faire vivre une folie indescriptible et terrible à l'auditeur.
La fin par contre est assez médiocre, comparé avec le reste de cet album: Love, Hate est assez chiante, mais heureusement est relevée sur la fin par des choses composés par Fall Of Because, le groupe précédent de Broadrick. Pure II, elle, réussit par moment à convaincre mais se répète très vite.
Avec une atmosphère sombre, Pure atteint son but, malgré quelques faiblesses en fin d'album. Avec cet opus,
Godflesh gagne de manière définitive son statut de groupe culte.