Malgré toute sa bonne volonté, le modeste
New American Gospel des mecs de Richmond n’aura servi au groupe qu'à se faire un nom. Les choses allaient tout de suite devenir plus sérieuses et nettement plus intense avec un album flambant neuf.
Lamb Of God bénéficiera de l’appui de
Devin Townsend pour la production d’
As The Palaces Burn et l’atout de force de
Strapping Young Lad allait lui aussi démontrer son nouveau talent aux manettes de la machine made in Virginia.
Et même si on sentait clairement une dextérité plus qu’évidente par le passé, les cinq agneaux de Dieu ont encore pris de la bouteille et leur style se caractérise nettement plus avec le temps.
As The Palaces Burn représente le début d’une ère où
Lamb Of God ne s’arrête pas, le moment où ce groupe veut en découdre et ne pas passer inaperçu.
Musicalement, cela se ressent et on arrive à se demander si le groupe qui s’appelait
Burn The Priest encore quelque temps avant est le même. Fini les parties molles du genou, qui deviennent frustrantes au fur et à mesure des écoutes. Ce qui frappe le plus d’entrée de jeu, c’est la capacité du batteur, Chris Adler, a renvoyé des rythmiques implacables, sonnant terriblement fort et ce, avec dextérité. Ruin frappe violemment, à coups de marteaux-pillons, et on sait direct que ça va pas être de la tarte. Les américains déploient une musique saccadée, au son sale et au thrash rugueux du sud des Etats-Unis, là où même un rat visqueux ne s’y sentirait pas à l'aise.
Pantera vient à la tête des noms qu’on aimerait citer, de par son groove à la Dimebag, en version bouché, et à sa facilité à provoquer un sentiment de révolte. A croire que
Lamb Of God est la résurrection de ce même
Pantera qui splitta en 2003, l’année de sortie de ce
As The Palaces Burn. Enfin, de là à comparé les texans à la machine virginienne, nous n’y sommes pas encore mais il n’empêche que le charisme de ces derniers en impose.
Le sauvage et destructeur Purified met en évidence les facultés vocales de
Randy Blythe, sautillant et rugissant aux limites de la haine. A croire que le chanteur de cette grosse bande de poilus a mangé du lion au petit déj’, ce mec a des capacités assez étouffantes. A la limite de la rupture, à l’image de For Your Malice, ses tonalités baryton lui donnent plus d’impact, plus de puissance. On reconnaitra aussi la paternité des sonorités de
Strapping Young Lad sur A Devil In God’s Country, où monsieur Townsend mettra la main à la guitare. Les riffs sont psychotiques, à la frontière de la lobotomie et l’effet est renversant, tout comme ce Vigil détonnant.
Le travail de Devin Towsend a apporté quelque chose de plus chez LoG, jugez-en avec
As The Palaces Burn. La musique a plus de couleur, plus de personnalité derrière ce son typiquement électrique. Un album moderne comme il en faut, là où certains auraient flanché.
Lamb Of God incarne le renouveau du metal américain, dans une veine typiquement à l’américaine, là où
Pantera a laissé le flambeau. Il ne suffit qu’à la bande de Richmond de grandir encore, et de sortir, tout juste un an après, un
Ashes Of The Wake dans ce même trip...