Après une longue période durant laquelle le groupe semblant mort,
Prong revient. Fini les conneries avec Glenn
Danzig, Tommy Victor nous livre quelque chose de mieux avec ce petit
Power Of The Damager. Qu'en est il de ce nouveau
Prong ? Coup de pub pour musicos en panne d'inspiration et de fric ? Ou est que finalement on va trouver quelque chose à prendre, malgré les apparences ?
Pour rentrer dans le vif du sujet, ce qui fait plaisir lorsque l'on écoute ce
Power Of The Damager, c'est avant tout le son. Indus un peu crade, assez burné et carré, dans la lignée d'une pointure telle que
Godflesh, mais en moins dépressif et beaucoup plus colérique. C'est assez réjouissant dans la mesure où la crédibilité et le sérieux de
Prong semblait sérieusement remis en causes par les égarements de son leader, le guitariste Tommy Victor, qui s'est révélé clairement pas à la hauteur sur le dernier
Danzig. Là, point du tout.Les riffs accrochent l'oreille efficacement et font parler la poudre. Une batterie puissante complète le tout, et on est même gratifié de quelques ponts assez inspirés, sur Changing Ending Troubling Time notamment.
C'est donc ce qui sous tendra l'album tout du long: efficacité, ici pas de détours ni de faux semblant, les compos sont assez directes, et on ne va pas s'en plaindre. Cependant, cet album n'est pas parfait. En effet, au bout de quelques écoutes, on a l'impression qu'il n'est pas assez abouti. On est loin de la noirceur de Pure ou Streetcleaner de
Godflesh, ou de la puissance d'un Sehnsucht. Par exemple, Spirit Guide introduit de bonnes choses mais nous laissent sur notre faim. Comme si le groupe n'allait pas jusqu'au bout, à part sur quelques très bonnes chansons, il manque quelque chose...
Mais ne jetez pas
Power Of The Damager aux orties pour autant. Malgré ce manque de profondeur,
Power Of The Damager reste très agréable, et divertira l'auditeur pour quelques écoutes. Pas mal pour un come back qui s'annonçait assez piteux sur le papier. Comme quoi la rumeur a souvent tort.