A écouter seul, dans la nuit, tranquillement, le volume au maximum.
Pour la première démo,
Nortt, seul et unique musicien à bord de ce navire fantôme, nous propose vraiment quelque chose d’extrêmement funèbre et suffocant.
Le titre de l’album, Nattetale, que l’on peut traduire par « les contes de la nuit » en dit assez long sur le contenu…
Dès le premier morceau,
Nortt nous dévoile son univers morbide à travers une mélodie lente et lancinante, presque discrète, au clavier, par-dessus lequel il murmure comme une petite voix dans la nuit. Ce premier morceaux est tout simplement une introduction à la noirceur funèbre qui va suivre. Directement, avec le deuxième morceau,
Nortt nous dévoile une guitare saturée à l’extrême, d’une lenteur inqualifiable. Il nous fait aussi découvrir son cri plaintif comme s’il se réveillait de son propre enterrement. A l’intérieur apparaît un interlude à la basse, beaucoup moins saturée, donc rassurant d’un coté. Lorsque soudain, un cri vient déchirer cette mélodie calme mais toutefois funèbre. Ce cri risque fort de vous faire terriblement peur à la première écoute si vous écoutez cette démo seul, dans la nuit la plus tranquille, avec un volume très fort…
Les autres morceaux, bâtis sur une ambiance tout aussi sombre et étouffante font de cette première démo un objet à posséder pour tout amateur du genre.
Le son d’une propreté Darkthronienne vient entériner le côté résolument Black de l’univers de
Nortt, mais celui-ci emprunte aussi énormément au Funeral Doom, avec des tempos très lents par exemple. Notez qu’ici la batterie n’a qu’une place quasi inexistante car toute la noirceur morbide se reporte dans les parties de guitares. La basse vient soutenir cette guitare au son chaotique et mortuaire pour parfois tromper l’auditeur par sa clarté. On l’entend très bien, mais comme
Nortt laisse plus de places aux guitares, l’auditeur se retrouve emporté par les ténèbres que celles-ci nous présentent.
Un clavier très discret vient par moment parachever le monde ténébreux que nous propose
Nortt. Son chant n’est presque jamais typiquement Black, mais est la plupart chuchoté avec une voix très lointaine et proche à la fois, comme si c’était un
spectre perdu dans l’espace temps. Ces cris viennent assez fréquents viennent ajouter une dimension horrifique à l’ensemble.
En quatre titres,
Nortt arirve à nous faire voyager dans un univers qui est le sien, un univers où la vie n’est plus, où la peur règne à jamais sur ces terres stériles et dévastées. Le son vraiment « artisanal » et crade vient vraiment renforcer les ambiances malsaines, on pourrait se croire vivre notre mort en direct, tant ce son semble réel et inhumain à la fois.
Cette démo laisse entrevoir le potentiel incroyablement sombre et funèbre de ce one man band culte dans le milieu du Funeral Black.