Ceux qui ont pu suivre l'excellent manga « Death Note » auront sûrement noté son frénétique opening et accessoirement ending. Un rapide coup d’œil à la soundtrack nous livre l'auteur de cette machinale tempête auditive ;
Maximum The Hormone vient d'être ainsi révélé au grand jour et va devenir un véritable phénomène médiatique. Croisement adultérin entre punk, neo metal, hardcore et funk ; la bande formée autour de Daisuke en 1998 est une putain de boule d’énergie ; mieux, c'est une centrale nucléaire sur le point d'exploser. Sauf que bien entendu ces tarés de nippons ne s'arrêtent pas en si bon chemin ; outre l'hybridation des styles, le groupe se paye le luxe de faire intervenir trois chanteurs dans des registres différents. D'un chant rock voir rappé (par moments) propre à Daisuke, on passe au chant hurlé voir hardcore de Maximum The Ryokun (aka le guitariste comique), pour finir sur les vocalises punk de la batteuse, Nawo.
Présentations faites, nous pouvons nous concentrer sur le brûlot sorti en 2007, j'ai nommé « Buiikikaesu » (à vos souhaits !). Dès les premières notes du morceau-titre le coup de foudre est immédiat, le plaisir se dessine au détour d'un visage. Sur une rythmique funky où la basse est au diapason, les voix se confrontent avec feeling et cohérence sur un titre léger et fun. Voilà le maître mot de ce méfait japonais. Tout est fait pour foutre une patate d'enfer. Bien évidemment tous les morceaux ne dégagent pas cette même impression arachnéenne. On retrouve aussi bien des titres délirants que d'autres beaucoup plus lourds, comme par exemple ce « Louisiana Bob » aux riffs puissants et à la batterie impériale. Une véritable tuerie au break hardcore dément qui prendra assurément de l'ampleur en live et mettra un stade à genou.
En tout cas, ces mecs ont tout compris. Prenant comme inspirations les siphonnés arméniens de
System of a Down ou encore les inénarrables
Red Hot Chili Peppers, ce samouraï moderne et tonitruant du pays du soleil levant fait feu de tout bois, déracinant et brûlant tout sur son passage, quitte à faire dans le délire total. Car c'est là que
Maximum The Hormone se montre le plus étincelant et non pas dans un titre comme « Akagi ». Un brin nonchalant et chiatique ce titre montre les limites du groupe; il pousse même le vice un peu plus loin en plagiant
The Offspring, le rôt concluant le titre en étant un gage manifeste. Mais on leur pardonnera ces quelques rabougries fredaines grâce à de véritables tubes prêts à être fredonner sous la douche. Le single « Koi No Mega Lover » et « What's Up People » sont des petites bouchées musicales à consommer sans modérations. Les nombreux changements de rythme se succèdent ainsi avec une aisance à faire pâlir de honte les plus grands ; l'unité des musiciens se veut ainsi sans limite.
Scandaleusement débile et outrageusement malin, « Buiikikaesu » a été l'une des bonnes surprises en provenance du Japon. Bonbon acidulé à prendre au second degré pour en apprécier toute la saveur, cet opus est le résultat d'un quatuor échappé de l'asile. Ne vous attendez nullement à un quelconque spicilège musical réfléchi (mis à part un ou deux vilains petits canards) mais plutôt à un énorme bordel cosmico-déluré. Et puis merde, ça fait du bien de se laisser aller de temps en temps et puis :
« Chu Chu Lovely Muni Muni Mura Mura Purin Purin Boron Nururu Rero Rero »