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Chroniques :: Chronique de The Politics Of Ecstasy

Chronique de The Politics Of Ecstasy

Nevermore  - The Politics Of Ecstasy (Album)

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Si ce disque passait en rave party, ce serait un paradoxe !



Un an après le premier album éponyme, Nevermore revient avec ce Politics Of Ecstasy. Si souvent trop de précipitation peut nuire à une oeuvre, ce vieil adage ne s'applique pas à ce disque, malgré quelques passages peu inspirés. Les thrasheurs de Seattle on su faire mûrir leur projet et on assiste à l'une des plus belles révélations dans ce domaine depuis... depuis longtemps.

Avant tout, nous avons ici la confirmation d'un talent, celui de Jeff Loomis qui marque ce skeud de sa classe. Energique, subtil et agressif, son jeu se démarque des standards du style. Comme le premier opus le laissait ouvertement présager, Nevermore joue une espèce de thrash qui évoluerait dans un univers parallèle, où les musiciens auraient le temps de poser leur jeu, en privilégiant les ambiances plutôt qu'une efficacité brute, directe. Et c'est justement vers ces sentiers trop rarement défrichés que nous conduit Loomis. Inquiétante, sombre et malsaine, étrangement lente, sa musique est assurément moderne. On est loin des standards des années 80 et la sphère thrash a évoluée. Le groupe en est conscient, s'inscrire dans la tradition serait alors suicidaire, quand on assiste à la descente aux enfers de Slayer, Overkill ou Annihilator...

Prenons par exemple This Sacrement, qui commence par une guitare lancinante, bientôt doublée par une section rythmique lourde, épaisse ; l'ambiance se charge rapidement, devient plus sombre. Le chanteur Warren Dane pose alors sa voix particulière, mi-plaintive, mi-agressive, mieux maîtrisée dans le genre que celle d'un Matthew Barlow (Iced Earth), délivrant un texte désabusé. Un solo racé, des parties vocales doublées aux moment les plus judicieux et on obtient une synthèse du travail de Nevermore sur ce Politics Of Ecstasy : une musique accrocheuse, où l'héritage du heavy metal traditionnel est perceptible, une qualité de composition certaine, des textes noirs et souvent intéressants, une certaine dose de complexité dans l'ensemble.

Paradoxalement, sur la longueur, ce disque devient hermétique. Jouant sur des compositions longues, volontiers mid tempo, l'ensemble devient monolithique et peine à dévoiler toutes ses qualités (la richesse de certains breaks foudroyants, la pertinence des idées, et l'originalité des constructions). Nevermore se dévoile plus facilement avec des morceaux choisis au hasard que sur un tout. C'est l'impression que le groupe donne. Redondant pour certains, absolument génial pour d'autres (en général, les nostalgiques du thrash le plus aventureux), Nevermore est là où on l'attend et l'instant d'après nous prend à contre-pied. Et pour le coup, Nevermore se ferme autant de portes qu'il s'en ouvre.

The Politics of Ecstasy est objectivement un très bon album, mais qui demande un certain nombres d'écoutes pour être assimilé, pour être digéré. Invariablement riche, astucieux, il redéfinit les contours du thrash au même titre qu'un Machine Head quelques années plus tôt, quand Burn My Eyes avait traumatisé les foules. Nevermore n'est pas un groupe facile, et c'est tant mieux. Ce disque a du coup une excellente durée de vie et on y revient encore aujourd'hui, près de quinze ans plus tard, avec le même plaisir. Une carrière est bel et bien lancée, le premier album n'était pas de l'esbrouffe.



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