Amateurs de black metal, attendez vous à un tournant musical de la part du groupe Norvégien
1349. Fort d'un black metal agressif et carré dont ils ont fait preuve dans «Hellfire » sorti en 2005, c'est avec une drôle de mixture que les Norvégiens nous reviennent en 2009. La
peste noire est de retour après 4 ans d'absence mais pourtant l'épidémie ne promet pas de faire un grand nombre de victime.
1349 est synonyme de black metal pur et dur, d'un son lourd à la fois saturé, opérant dans les tréfonds de la scène black actuelle. Ne pas se l'avouer serait honteusement se mentir : « Revelation Of The Black Flame » est extrêmement différent des précédents opus du groupe norvégien.
L'album démarre en guise d'intro avec « Invocation », comme pour conjurer quelconques esprits afin d'apporter un côté mystique à l'album. Le morceau démarre sur un cri déchirant paraissant extrêmement long bien qu'il ne dure que quelques secondes. Alors que l'on s'attendait à un blast mémorable se tenant aux aguets afin de nous déchirer sournoisement les mirettes, c'est un riff mou et planant qui prend le relais. A part un bon sursaut, cela n'évoque rien d'autre. Cependant, « Serpentine Sibilance » semble toutefois remonter le niveau en nous apportant sur un plateau des riffs lourds et gras, rappelant étrangement le précédent album. Mais l'effet s'estompe aussi vite qu'il est apparu. La voix est parlée, grave, rien de bien transcendant contrairement à la boucherie surhumaine, surnommée « Hellfire », qui s'était abattue sur nos têtes chevelues en 2005.
L'ennuie se fait grandement sentir à partir du second morceau, on sait à quelle sauce on va être mangé et ce n'est pas faute d'essayer, mais celle ci ne prend pas...
Archaon, officiant dignement à la guitare, assène l'album de riffs saccadés et amorphes ne suscitants aucune émotion. La basse, sous les doigts de Seidemann, tente tant bien que mal de donner une consistance aux riffs de la guitare mais ne parvient qu'à amplifier l'effet anesthésiant de celle ci. La batterie ? Mais où est elle ? Ah oui, planquée sous une tonne de manches à cordes aussi lourdingues les uns que les autres.
« Maggot Fetus... Teeth Like Thorns » nous sort cependant de cet infime brouillard de morosité en nous proposant un morceau rythmé et endiablé nous faisant penser que nous sommes toujours bel et bien avec
1349. Néanmoins, même problème que précédemment : l'effet retombe instantanément en nous assommant d'une voix étrange, mi parlée mi criée surplombée d'un instrumental brouillon, nous faisant délibérément encore plus sombrer dans la confusion que dans l'exaltation dont
1349 avait fait preuve auparavant. N'abordons même pas le semblant de solo intervenant dans le morceau, certes il y a de la technique, mais ceci est un exemple flagrant que la maitrise ne suffit pas à un album. On sent que l'implosion est proche et imminente, mais notre amie la frustration s'installe progressivement.
Il est clair que les Norvégiens ont opéré un tournant à 90° dans leur carrière musicale en arborant un changement de style flagrant, peut être est ce dû à la présence de Tom G Warrior de
Celtic Frost à la production, ce qui peut paraître un bon point à l'album malgré une prod' chaotique et entêtée. Notons tout de même que «
At The Gates » ressemble étrangement au morceau « A Dying God Coming Into Human Flesh » de
Celtic Frost, il est clair que le son se veut beaucoup plus métallique sur « Revelation Of The Black Flame », mais la ressemblance est toutefois présente.
Les ambiances sont extrêmement poussée sur le devant de la scène. « Horns » en est un exemple flagrant : l'impression qu'un danger rôde autour de nous, prêt à bondir et à venir nous dévorer se fait sentir. Mais quelle menace ? Tout comme « Uncreation » qui nous expose ici un bon petit riff (il ne faut pas leurrer tout de même) mais malheureusement « Set The Controls For The Heart Of The Sun », avec son trop plein de basse, nous renvoie dans notre torpeur que l'on pourrait nommer « Revelation Of The Black Flame ». Ce n'est pourtant pas un mauvais morceau, on sent que la voix est travaillée, que la guitare et la basse visent à renforcer cette ambiance lourde et dérangeante que nous connaissons à
1349 mais la soudaine mise en avant des ambiances n'opère pas l'effet espéré, c'est même tout à fait le contraire.
On ne peut pas le nier :
1349 a plus ou moins quitté les rivages du black metal pour se tourner vers des dimensions plus doom et on ne peut plus expérimentales or rien ne comble ce vide que nous laisse cet album.
« Revelation Of The Black Flame » fait l'effet d'une bombe qui ne tarderait pas à détoner mais qui finalement n'explosera jamais. On pourrait traduire cette phrase en un mot : frustration. En effet, tout au long de l'album l'espoir de retrouver quelques caractéristiques propres au groupe ne tari pas : entre autre blast, rythmes effrénés, guitares incisives. Mais il n'est rien de tout ça... Non. On se sentirait presque abandonné par ce groupe pourtant mythique de la scène black metal norvégienne.
Ce changement brutal de dimension musicale a peut être été mis en place afin de déstabiliser les amateurs du groupe ou alors, lassé de donner dans le black, le groupe a décidé d'explorer de nouveaux horizon. « Revelation Of The Black Flame » aurait pu être un album à la hauteur de nos espérances mais rien n'y fait, ça part dans tous les sens, on ne comprend pas où le groupe veut réellement en venir et la morosité va de paire avec cet opus, cet album est même plutôt difficile à aborder. Vous achetez l'album ? Prenez l'ennuie qui va avec, c'est un pack.