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Arcturus l’incandescente,
Arcturus la rouge, le gardien de l’Ours, est l’astre qui donna son nom à l’entité musicale norvégienne qui engendra
La Masquerade Infernale. Et il faut bien croire que ce n’est pas que sa céleste appellation qu’elle léga au groupe, mais aussi sa magnitude et sa beauté astrale, car il est dur de croire qu’
Arcturus ait sorti, seulement un an après le majestueux
Aspera Hiems Symfonia, une aussi grande et resplendissante merveille.
Pardonnez ma béatitude, mais comme le disait cet illustre poète Anglais qu’est William Blake, « celui qui contrôle ses désirs, c’est que ses désirs sont assez faibles pour être contrôlés », et mon désir de vous scander, et de vous chantez s’il le faut, la luxurieuse beauté de cette pièce d’art, est si fort que je ne puis le réprimer.
Compadres blackeux, oubliez le Black Metal d’
Aspera Hiems Symfonia. Ne s’en dégage dans cette nouvelle œuvre que ses délicieuses effluves baroques et romantiques. Baroque dans sa Superbe dramatique, sa fantaisie, sa complexité, son ironie. Romantique dans son incroyable personnalité, logée par une âme tourmentée et contrastée. En ça «
La Masquerade Infernale » est grandement supérieur à son prédécesseur. Non pas que ce dernier soit plus mauvais, il est différent et exquis à sa manière, mais « La Masquerade… » est l’apogée de la sensibilité et de l’inspiration d’
Arcturus.
D’ailleurs, il me semble que parler ici de métal est assez délicat. Une chose est sûre, il n’y a plus rien de Black Metal dans
Arcturus. Les magnifiques et déjantés chants de G. Wolf, accompagnés d’ICS Vortex sur The Chaos Path, Master Of Disguise, et Painting My Horrors, servent de narration à cette farce fantasque, pleine de passion et d’obscurité, nous plongeant au cœur de la folie baroque de l’ancienne Venise.
Et instrumentalement, que trouve t’on dans l’orchestre des ombres d’
Arcturus ? Le clavier joue une place centrale, et agrémente les morceaux de divers effets électroniques et sonorités cosmiques. L’on trouve aussi de superbes parties de piano démontrant la virtuosité du claviériste Sverd Johnsen (grand admirateur de Bach). La présence de réels instruments à corde et vent (Violoncelle, Contrebasse, Violon et Flute) contribue à cette ambiance baroque si propre au groupe, et ce mélange acoustique et électronique, cette fusion des époques, atteste du lunatisme d’
Arcturus, de son exaltée inconstance.
Evidemment l’on parle encore Metal sur Metalship, et l’infernal jeu de batterie d’Hellhammer, ainsi que les envolées guitaristiques de Valle sont là pour nous rappeler à l’ordre, ou devrais je dire, au chaos.
«
La Masquerade Infernale », ami lecteur, est un tableau que je ne pourrais te dépeindre mieux que tu ne le feras en l’écoutant.
Arcturus nous déclame un véritable poème constellé, sachons l’art de l’apprécier.
Bienvenue dans la mascarade, bienvenue… Ad Astra !