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Chroniques :: Chronique de Killing is my business...

Chronique de Killing is my business...

Megadeth  - Killing is my business... (Album)

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Dave Mustaine' facts



Après s'être fait virilement virer de Metallica, Dave Mustaine avait la rage. Il avait des envies de sang, comme il le racontera plus tard, le sang des Hetfield, et autres Ulrich. Il monte alors son propre groupe, Megadeath, rapidement rebaptisé Megadeth. Un terme désignant un million de morts par suite d'une explosion atomique. Accompagné par Dave Ellefson à la basse, renommé Junior pour l'occasion (règle numéro 1 : il ne peut y avoir qu'un Dave dans Megadeth et c'est Dave Mustaine), le groupe met tout de même un certain temps pour trouver un line-up à peu près stable. Il aurait du y avoir un chanteur, mais ce dernier se serait pointé en répète avec un pack de bière et de la came, selon Mustaine. Ce dernier l'aurait remercié pour les bières avant de l'éjecter sans autre forme de procès (règle numéro 2 : personne ne peut être plus camé que Dave Mustaine dans Megadeth). Kerry King de Slayer a fait un passage éclair avant de retourner voir la bande à Araya. Depuis, la haine entre les deux hommes est grande (règle numéro 3 : il ne peut y avoir qu'une grande gueule au sein de Megadeth et c'est Dave Mustaine). Finalement, le groupe sera composé outre les deux Dave de Chris Poland à la seconde guitare (et accessoirement un "disciple" de Jeff Beck) et du regretté Gar Samuelson à la batterie (issu du jazz rock).

Et derrière une pochette absolument hideuse et hautement conceptuelle, se cache un album qui défrise. Littéralement. Avec la moitié du budget alloué à l'enregistrement passé en l'achat d'alcool et autres substances dont on ne devrait pas mentionner les noms pour être politiquement corrects, le son en pâtit. Forcément. Bien vite, on a l'impression de se trouver avec un sacré foutoir, un enregistrement très garage dans le son et l'esprit, limite démo. Alors oui, ça grince, c'est apocalyptique tellement ça en arrive à être bruyant par moment et c'est justement ce grain particulier qui fait tout le charme de ce premier album.

Habité par la rage, Mustaine a composé sept chansons sans concession pour ce premier opus, s'autorisant un break avec une reprise (règle numéro 4 : quand un titre n'est pas estampillé Dave Mustaine, c'est que c'est une reprise). Mustaine applique ici ce qui avait fait sa renommée au sein de Metallica : une vitesse d'exécution doublée d'une très bonne technique. Même si le tout sonne trop brouillon, on reconnait tout de suite la marque du compositeur. Constitués d'une succession de riffs laissant place à de nombreux soli rapides et jubilatoires, les titres s'enchaînent avec une efficacité meurtrière. Entre désirs de vengeance clairement assumés (le titre éponyme au refrain martelé avec une joie perverse) et une approche plus occulte (The Skull Beneath The Skin, dont l'idée a été piquée à un livre, raconte la naissance de Vic Rattlehead, la mascotte du groupe) et malsaine (Looking Down The Cross où Mustaine imagine les dernières pensées du Christ alors qu'il agonisait sur sa croix), le grand rouquin débarque de façon explosive, le couteau entre les dents, donnant de grands coups de pied dans les poubelles pour faire un peu plus de bruit. Et comme pour calmer le jeu, il propose donc une reprise, le These Boots Are Made For Walking de Nancy Sinatra, agrémenté de paroles supplémentaires, plus salées. Ce qui vexera profondément Lee Hazelwood, compositeur de l'original, qui fera un procès en 95. Le résultat étant soit l'absence de cette cover (intitulée These Boots), soit une version remplie de bips désagréables sur le remaster de 2001.

On ne peut non plus pas parler de cet album sans évoquer Mechanix, qui sèmera la discorde entre les fans de Metallica et ceux de Megadeth. En 1985, ce titre fait immédiatement penser à The Four Horsemen du Kill'Em All sorti deux ans plus tôt. Mustaine en assure la paternité, dans cette version plus rapide et nihiliste au possible ; de vieux bootlegs de Metallica lui donnent raison : Mechanix apparaissait déjà sous cette domination. Les paroles, quant à elles, sont bien différentes, tout aussi juvéniles que la version de Metallica, ici empreinte d'une envie d'en découdre.

Mais malgré ses qualités, Killing Is My Business n'a pas réellement percé à sa sortie. Certes, grâce à son passif (imaginez, un des gars qui a signé des titres sur les deux premiers Metallica !), Mustaine a eu le droit d'être le dernier as du carré du thrash ricain en compagnie de Slayer, Anthrax et donc Metallica. Il faut dire que desservi par une pochette ridiculement kitsch et laide, et par une production minimaliste où même un punk rechignerait à voir une quelconque qualité, Megadeth avait du mal à s'imposer clairement à côté d'un Bonded By Blood d'Exodus, par hasard, d'un Ride The Lightning assurément. Ce problème de son est donc le préjudice principal de cet album qui regorge de bons titres, mais trop étouffés, où les aspects les plus techniques peinent parfois à faire mouche.

Aujourd'hui, ce disque est souvent l'un des grands oubliés des concerts de Megadeth alors que bon nombre de ces compositions auraient pu devenir des classiques sur scène. Evidemment, les paroles sentent parfois la jeunesse ou l'abus de telle ou telle substance. Mais il met en place le style de Megadeth, qui allait exploser à la face du monde comme une évidence sur le prochain album. Car Mustaine a les crocs et une sérieuse envie de rabattre le caquet à ses anciens comparses de Metallica (règle numéro 5 : dans Megadeth, seul Mustaine est un vrai enragé).

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par Elric des Dragons, le 21 août 2009
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Sortie : 1985
Genre : Thrash Metal
Playlist :
1. Last Rites / Loved To Death
2. Killing Is My Business... And Business Is Good
3. The Skull Beneath The Skin
4. These Boots (Nancy Sinatra Cover)
5. Rattlehead
6. Chosen Ones
7. Looking Down The Cross
8. Mechanix
écouter : Ecouter l'album



Megadeth

Megadeth
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