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Chroniques :: Chronique de Resilient

Chronique de Resilient

Erdh  - Resilient (Album)

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Perdus dans l'espace



Que restera t-il de nous, lorsque les siècles auront passé et que notre Terre mourante nous aura jetés hors de ses frontières ? L’Homme disparaîtra t-il dans un souffle, sans laisser de trace derrière lui, sans la vanité de croire que l’Univers ne peut exister sans lui, ou essaiera t-il vainement de prolonger son existence, alors que les étoiles s’effaceront du ciel les unes après les autres, pour ne laisser rien d’autre que le néant ?
Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est d’assister à cette fin des temps programmée, inévitable, qui passionne les uns et inquiète les autres…

Êtes-vous prêts à assister au déclin de l’Humanité…?

C’est en 2010 que débute l’histoire de ce combo au patronyme pour le moins énigmatique, lorsque Nicolas Pingnelain (rédac’ chef d’Obsküre Magazine) s’attèle à la composition des titres qui figurent sur l’album qui nous intéresse aujourd’hui. Après 2 longues années de travail acharné, il est rejoint par le chanteur Emmanuel «El Worm» Lévy, officiant en tant que maître de cérémonie (funèbre) au sein de Wormfood. Au bout de quelques mois d’une collaboration fructueuse, le duo parisien est enfin prêt à sortir son tout premier album, intitulé Resilient

Dans les formes, Erdh pratique un Metal moderne, lourd et puissant, tapant aussi bien du côté de l’Indus que du Gothique (Type O Negative en tête) et parfois doté d’une rigueur quasi-martiale, qui, couplée aux nombreux éléments purement électroniques qui parsèment ces quelques titres ainsi qu’à quelques samples judicieusement placés, donne à l’ensemble une froideur toute spatiale. On sent derrière les compositions du disque qu’un gros travail a été effectué en amont, et que de très longs mois ont été passés à peaufiner chaque titre, sans distinction, tant tout s’enchaîne sans anicroche, sans effort, ce qui est évidemment un très bon point concernant l’immersion, et la preuve d’un grand professionnalisme de Nicolas. En ressort un album éclectique et électrique, doté d’atmosphères bigrement bien senties, et donnant l’impression d’être totalement enveloppé par le son que crachent les haut-parleurs, tandis que nos membres s’engourdissent, et que s’instille sournoisement en nous une sorte de malaise latent, impalpable, à mesure que les mélodies s’effacent et que le temps défile.
C’est là une des grandes forces de Resilient : arriver à s’imposer de soi-même sans avoir à user d’artifices, mais seulement par la force évocatrice qui émane non seulement de ces 7 titres, mais également des textes de l’album, inspirés de la littérature de Science-Fiction (et donc assez futuristes, même s’ils restent paradoxalement bien ancrés dans le présent), résolument sombres et sans complaisance, qui dépeignent une humanité complètement pervertie (et n’ayant finalement plus grand-chose d’humain), semblant se complaire dans ses travers les plus destructeurs («Oxidized» en est un très bon exemple), jusqu’au point de non-retour : la Mort.
Puisque nous parlons des textes, intéressons nous maintenant à la deuxième tête de cette hydre spatiale, Emmanuel, dont le ton suave très Peter-Steelien fait encore une fois des merveilles, et affolera probablement toujours autant les tympans des amateurs de belles voix tirant sur le grave…
La voix de Erdh déverse tout au long des 7 titres de ce Resilient des mots de feu ayant l’apparence du velours («Science Affliction»), muant ses murmures en mélopées langoureuses («Pink Circuit»), pour finir par devenir complètement hallucinée, pour ne pas dire possédée (et faisant à certains égards penser à celle de Brian Molko, de Placebo, sur «Sinking»). Ceci étant, même s’il est excelle dans son registre habituel, le bonhomme n’hésite pas à se laisser aller à quelques menues expérimentations vocales (sur le très ambient, très électro et très réussi «(O.D.)dity in Neverland») assez éloignées de ce qu’on a l’habitude d’entendre non seulement de sa part, mais dans le Metal en général (le seul autre exemple me venant en tête étant Diapsiquir), en proposant un chant beaucoup plus rythmé, plus haché, largement inspiré d’un courant musical autrement plus mainstream que le-dit Metal, et dont le nom honni ne saurait trouver de place en ces lieux (Bon ok, je vous le dis, mais non sans effroi : le Hip-hop), pour un résultat plus que convaincant, ce qui est une fois encore qu’on gros travail a été effectué sur l’album, tant la prise de risque était grande.
Concernant enfin la production, celle-ci est exemplaire, et confère à Resilient toute la puissance sonore dont il a besoin pour se faire entendre. En somme, de l’excellent travail de la part d’Axel Wursthorn (Walnut Groove Studio, pour les parties de chant) et de Jens Bogren (qui lui s’est occupé du mixage et du mastering de la bête, au Fascination Street Studio, en Suède).

En bref, ce premier album de Erdh est une très grande réussite, sur lequel on découvre un duo de musiciens au sommet de leur forme. Impeccablement exécuté de la première à la dernière seconde de ces presque 47 minutes (qu’on ne peut s’empêcher de trouver trop courtes), et ne souffrant d’aucune faute de goût alors que sur le papier, certains détails pourraient en faire tiquer plus d’un, on prend un très grand plaisir à se plonger et se replonger dans l’univers sombre, inquiétant, et presque malsain développé par le groupe.
Il ne fait en tout cas aucun doute que Resilient fera figure de référence dans une discographie qu’on espère longue, et au moins aussi captivante que ce premier jet.

Laissez-vous embarquer sur le navire Erdh, et peu importe la destination, car le voyage, lui, sera de toute beauté…



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