Dernier volet de la trilogie médiéval des fossoyeurs allemands de
Grave Digger, Excalibur vient clore une fresque dans laquelle les saxons auront su révéler toutes les vertus de travaux remarquablement probants. Deux albums magnifiquement déterminants, mais qu'en sera-t-il de ce troisième?
Evoquons donc, en premier lieu, le concept de ce troisième volume. Si le premier tome de cette saga épique, Tunes of War, nous relatait les luttes écossaises contre le frère ennemi anglais afin de conquérir liberté et indépendance face à la tyrannie oppressante de cet envahisseur et le second, Knights of the Cross, les épopées sanglantes des chevaliers de l'ordre du temple, les Templiers, lors de la conquête des Terres Saintes de Jérusalem face aux souverains musulmans, ce dernier, quant à lui, tente de nous narrer les légendes liées au Roi Arthur et à ses chevaliers de la Table Ronde. Des fables qui n'auront; à ce jour, trouvé que peu de preuve quant à la véracité de leurs faits établis puisque, d'un point de vue purement historique, rien, ou si peu, ne corrobore les allégations faites concernant ces figures héroïques et ce rois, outres quelques rares textes contradictoires.
Quoiqu'il en soit louons tout d'abord la démarche des allemands qui, contrairement à ce qu'ils firent sur son prédécesseur, auront su, cette fois ci, ne pas s'écarter d'un thème, aussi onirique fut-il, en nous proposant treize titres entièrement acquis à la cause du roi Arthur.
Parlons donc, en second lieu, de l'aspect plus strictement musical. Si concernant son prédécesseur, Knights of the Cross, il était regrettable de constater un certain renoncement à la musique prompte et véloce d'un Heavy Speed Metal pourtant si caractéristique du groupe, au profit d'une musicalité accrue plus typiquement Heavy Metal, il est à noter, ici, le retour à une tendance plus agressive et plus alerte. Ainsi citons le remarquable Pendragon et son break aux instruments médiévaux, mais aussi les intéressants Tristan's Fate, Mordred's Song ou encore, par exemple, Parcival.
Toutefois les saxons n'abandonnent pas véritablement ce dessein délicieusement mélodique. Ils parviennent simplement à trouver une stabilité superbe entre ces divers penchants. Tant et si bien que les excellents Excalibur, Morgana Lefay, titres aux refrains magnifiques, ou encore, par exemple Lancelot parviennent sans peine à nous séduire. Il est à noter, d'ailleurs, que dans ce souci d'équilibre, l'omniprésence des claviers de HP Katzenburg est moins prégnante.
Disons aussi de ces titres lourd et lent, qu'ils viennent divinement s'emparer de nos esprits. Citons ici des morceaux tels que le captivant The Round Table (Forever), tels que intéressants The Spell mais aussi Avalon et son refrains réussi.
Notons encore que sans abuser d'un systématisme pénible, l'utilisation de la double grosse caisse est ici parcimonieuse et, parfois, subtil.de la part d'un Stefan Arnold talentueux (The round table, Morgana Lefay, Lancelot...), que l'alternance de chants rauque et rugueux de Chris Boltendahl avec d'autres plus claires et doux est attrayant (The Spell...) mais encore que les riffs d'Uwe Lullis sont d'une rare efficacité (The Round Table (Forever), Lancelot, Avalon...) et ainsi clamons l'excellence de cette œuvre.
Seul, en ce tableau idyllique, la ballade Emerald Eyes vient dangereusement entacher son exemplarité vertueuse. Dans ce morceaux Chris tente, en un pari utopique, d'allier sa voix la plus agressive à la douceur d'un piano en de périlleux couplets délicats. L'entreprise est vaine, l'osmose raté et le morceau dispensable.
Excalibur vient donc magnifiquement parachever la trilogie moyenâgeuse des allemands de
Grave Digger. Fort d'un concept remarquablement captivant et d'une musique à la fois vive, nerveuse, combatives mais, néanmoins, nuancé, Chris Boltendahl et les siens, plus que jamais, auront su s'affirmer alors comme l'une des entité créative importante au milieu d'une scène pourtant secouée par de nombreuses évolutions (Grunge, Neo...).