C'est devenu une habitude, entre chaque album,
Cradle Of Filth gratifie ses fans d'un EP. Si Vempire fut tout simplement excellent, From The Cradle To The Enslave ressemblait un peu à une arnaque digne des Pieds Nickelés. Alors c'est avec une certaine méfiance que l'on aborde ce Bitter Suite To Succubi, à la pochette très travaillé, comme c'est souvent le cas avec Cradle. Cette fois-ci, l'ambiance est bien plus sulfureuse, ça sent les Enfers et la damnation. Et un coup d'oeil rapide au verso du boîtier permet de voir que cet EP est chargé jusqu'à la gueule, ce qui fait vraiment plaisir.
Ici,
Cradle Of Filth ne fait pas les choses à moitié et décide de gâter ses fans en leur proposant de nouvelles compositions qui ressemblent certes à des chutes de studio tirées de Midian, une reprise des
Sisters Of Mercy ainsi que trois anciennes compositions ré-enregistrés avec une production qui les met enfin en valeur. Nous allons commencer par eux, tant que nous les avons sous la main.
Ceux qui possèdent Vempire se souviennent certainement de la cure de jouvence accordée à
The Forest Whispers My Name, issu à l’origine de The Principle Of Evil Made Flesh. Ici, se sont trois autres morceaux de cet album qui sont ainsi mis à l’honneur,
Summer Dying Fast, le title track et
Black Goddess Rises. Les titres jouissent d’un lifting, d’un dépoussiérage qui leur font du bien. Devant s’expliquer sur ces choix,
Dani Filth expliquera que The Principle avait une tare majeure, sa production moisie et que les morceaux méritent d’être dévoilés sous un jour meilleur. On ne peut lui donner tort. Sous leur nouveau jour, ces compositions laissent apparaitre leur maîtrise et leur force évocatrice, un point qui ne quittera pas Cradle.
La reprise de
Sisters Of Mercy,
No Time To Cry, n’est pas à conseiller aux fans du groupe, vu qu’ils risquent fort de ne pas la reconnaitre. Le traitement infligé par
Cradle Of Filth est identique à celui infligé au
Sleepless de
Anathema. Très personnelle, peut-être de trop, où le côté black est trop mis en avant pour vraiment permettre à la composition originale de s’immiscer dans la relecture.
Quant aux compositions originales, elles sont dans la lignée de Midian, ténébreuses et poétiques, dans leurs arts noirs, sans être pour autant transcendantes. Ce n’est pas mauvais, mais on sait que le groupe est capable de bien mieux que ces friandises qui ne donneront pas de carries, mais qui n’ont pas le pouvoir des petites pilules bleues non plus. Du classique chez classique en somme, destiné à poursuivre l’aventure Midian pour ceux qui l’ont adoré. Les autres en seront un peu pour leurs frais.
Bitter Suite To Succubi reste un EP sympa. Riche, avec parfois de l’inutile et surtout, aucun remix techno d’un titre ayant déjà fait ses preuves. Là, on dit merci, on allume un cierge et on imagine la statue de la vierge sans les vêtements. Un bon moyen d’attendre le nouvel album à l’époque, car bien plus engageant que From The Cradle To Enslave, bien plus riche et complet également, presque un album en fait sur la durée. Un bon point pour le groupe qui avait tendance à beaucoup énerver à cette époque…