Ava Inferi est connu pour être le projet « Gothic Doom » de Blasphemer, guitariste du légendaire
Mayhem, mais le cas
Ava Inferi n’est pas qu’un simple projet parallèle et il mérite vraiment bien plus d’attention, surtout quand de purs bijoux comme Burdens et The Silhouette sont passé quasiment inaperçu sur le paysage musical métallique…
Et pourtant que de qualité dans
Ava Inferi ! Et ce n’est pas ce nouvel album,
Blood Of Bacchus, qui viendra nous démontrer le contraire !
En même temps, définir
Ava Inferi comme du Gothic Doom est bien trop réducteur, car tout de suite, on pense à un truc très kitsch, avec un manque de personnalité, on imagine un groupe qui ne serait qu’une simple copie d’un autre, rien de bien positif donc… Et pourtant, même si tous les éléments du Gothic Doom sont réunis sur cet opus, l’album n’en est pas moins un album de qualité, et
Ava Inferi va bien au-delà des clichés, bien au-delà de tout ce qui a tendance à se faire actuellement !
On retrouve dans
Blood Of Bacchus ce qui a fait le charme d’
Ava Inferi lors des deux précédents albums, à savoir une musique émotionnelle, ésotérique sur un fond musical très axé sur le Doom, accompagné par la voix magnifique de Carmen Simões, un chant très riche et varié, un chant qui est a des kilomètres de tout lyrisme à outrance, mais un chant qui transporte de réelles émotions et qui en même temps rend le tout très sombre.
C’est en effet la voix qui est très mise en avant dans ce disque, mais ce n’est pas pour autant que la musique est en retrait, elle est juste distillée avec une maîtrise dont seul Blasphemer a le secret !
Certains passages très ambiants, très atmosphériques ont le pouvoir de nous transporter, comme par exemple sur Black Wings, avec son intro très « religieuse » et qui vient ajouter une dimension ésotérique à l’ensemble de l’album.
On peut aussi noter le magnifique Appeler Les Loups au son très heavy et puissant, le chant, dans une langue qui m’est inconnu est vraiment sublime, des claviers par-ci par-là, mais en toute discrétion, viennent ajouter une dimension vraiment transcendante à ce morceaux qui est extrêmement réussi ! Carmen semble même être possédée sur certains passages, comme ivre, faute d’une consommation abusive du sang de Bacchus. Et comme une Pythie, elle laisse échapper quelques mots, accompagnée par des guitares hypnotiques et enivrantes, ce qui renforce l’idée d’une cérémonie ésotérique, et très religieuse à la fois.
Et ce n’est pas le sublime Be Damned qui viendra contredire l’ambiance générale qui est assez sombre et lourde dans l’ensemble. Avec ses riffs très heavy et ses changements de tempo, une basse en fond sonore, ce morceaux sort lui aussi du lot, et toujours grâce à ce chant qui convient parfaitement à ce que doit être cette musique ! On peut dire que Carmen a vraiment des capacités hors du commun pour retranscrire ses émotions à travers un chant très aigu, maîtrisé et divin. L’alternance entre tempos lents et autres plus rapides vient rendre l’ambiance générale assez pesante.
Notons aussi une superbe intro en guitare acoustique pour Tempestade qui sonne assez « jazz manouche », mais où les guitares saturées reprennent vite le dessus pour nous replonger dans le monde exceptionnel d’
Ava Inferi. Certains éléments sont même assez plaintifs, et ceci vient augmenter la qualité des compositions qui nous touchent droit au cœur !
Ce qu’on pourra retenir de ce disque est qu’il n’est pas meilleur que les disques précédents, car chacun d’eux possède une réelle personnalité et ils sont vraiment aussi bons les uns que les autres ! Avec ce troisième opus,
Ava Inferi arrive à une discographie plus qu’honorable ou aucune des ses réalisations ne fait tache.
Avec cette magnifique offrande,
Ava Inferi redonne ses lettres de noblesses à un style qui avait du mal à s’éloigner des clichés qu’il cultivait depuis trop longtemps !
Des lettres de noblesses à graver à l’or tant ce disque vient sublimer tout ce qui a été fait dans le genre, que ce soit au niveau strictement musical, qu’au niveau des ambiances ou encore du chant, il n’y a quasiment rien à redire à cet album !
Blasphemer prouve une fois de plus l’étendue de son talent, et on en vient à regretter son départ de
Mayhem !