Des deux premiers albums de
White Zombie, on ne gardera que très peu de souvenirs vu leur trajectoire d'étoile filante. Une étoile filante de la taille d'un grain de riz, que même les plus puissants télescopes n'arriveront pas à la capter. Mais la signature chez Geffen allait propulser le groupe sur le devant de la scène en cette année 1992, déjà sublimée par le
Psalm 69 de
Ministry, présentant
Rob Zombie et sa bande comme de véritables phénomènes de foire.
Imaginez une bande d'éternels ados sevrés aux films d'horreur de série b et surtout de série z, affichant un look totalement décalé, avec des artworks signés Rob himself, des illustrations éroticohorrifiques dans l'esprit pulp dégénéré qu'il affectionne tant. En se basant sur les différents titres, il n'est pas difficile de comprendre que le groupe tire ses références de films et de romans fantastiques, de l'inconcevable Ed Wood à Richard Matheson. Musicalement, pensez à des guitares saturées posées sur des rythmiques bien groovy rehaussées de quelques effets indus de bon aloi (bruitages, samples d'émissions de radios ou de film...) et la voix caverneuse de
Rob Zombie, jamais gutturale, mais collant bien à l'ambiance générale.
Avec la Sexorcisto, le groupe découvre le devant de la scène et le public se retrouve confronté à une bande de morts-vivants qui manient le second degré avec une certaine aisance. Le sujet s'y prête bien et il serait crétin de prendre tout cela au premier degré. Mais on peut reprocher une redondance épuisante sur la longueur : le groupe applique une formule simple, directe et efficace, il ne s'encombre pas d'artifices pompeux qui alourdiraient l'ensemble. Mais les rythmiques finissent par toutes se ressembler, les riffs de guitares ne paraissent pas franchement s'écarter d'une voie tracée dès le premier titre. On appréciera toutefois des compositions comme
Thrust ! ou
I Am Legend qui tirent leur épingle du jeu à titre individuel, on sourira devant l'approche du
Welcome To Planet Motherfucker qui introduit très vite l'auditeur dans le délire de
White Zombie (un
White Zombie qui a très bien compris que le cinéma d'horreur et le sexe font toujours très bon ménage).
Avec La Sexorcisto,
White Zombie se fait entendre par un plus grand nombre, mais bien peu étaient ceux qui étaient prêts à miser sur le futur du groupe. Pas assez inventif, trop second degré pour réellement s'imposer, coupable de privilégier les fanas du cinéma horrifique des années 30 à 80. Il y a des idées, du potentiel, mais une démarche trop spéciale pour réellement intéresser à cette époque une large part du public. Mais malgré ses défauts et la faiblesse d'une production presque indigne, ce disque pose de très bonnes bases pour le futur album du groupe, le mythique
Astro Creep 2000. Pas un passage obligatoire et on est en droit de préférer le film dont le groupe tire son nom.