En 1998,
Metallica commençait sérieusement à battre de l'aile : après un Load réussi mais qui avait révolté une partie du public, suivi par un Reload catastrophique, le géant américain voyait ses fondations ébranlées et le ciment représenté par Garage Inc s'avérait bien trop friable. Est-ce la mode des groupes à tendance symphonique qui commençait à sévir en Europe qui aura incité les Four Horsemen à s'encombrer d'un carrosse ? Mais c'est bien un album à part dans sa discographie qu'allait proposer
Metallica.
Non ?
Si !
Rhooooooooo...
Le concert fut enregistré les 21 et 22 avril 1999 au Berkeley Community Theatre, en compagnie de l'orchestre symphonique de San Francisco, dirigé par le regretté
Michael Kamen qui n'était pas un inconnu pour
Metallica puisqu'il avait déjà collaboré avec le groupe à l'époque de la conception de
Nothing Else Matters. Du coup, cette association ne parait pas forcément incongrue. Plus facilement envisageable que
Slayer avec Yvette Horner à l'accordéon lead. Là où
Metallica commence à pécher, c'est en voulant jouer la carte de la prudence.
En effet, après un
Ecstacy Of Gold d'Ennio Morricone qui est l'introduction typique de
Metallica depuis des années, le groupe enchaine directement avec un instrumental pouvant très bien se plier à ce petit exercice :
The Call Of Ktulu. Bref, Hetfield et sa bande ne se mouillent pas trop et caresse le public dans le sens du poil, pour ne pas le froisser. Cela pourrait être grandiose, mais l'apport de l'orchestre symphonique est plutôt minime. Même si Kamen a activement participé à l'adaptation, le morceau n'a pas été réinventé et en définitive, ne gagne absolument pas en lyrisme, comme on aurait pu l'espérer.
Orion aurait-il connu un meilleur sort ? Impossible à dire. Et cette absence de risques, on la retrouve partout. Dès
Master Of Puppets par exemple, où l'on retrouve un James Hetfield un peu décevant derrière le micro et qui ne nous file pas la baffe attendue. Derrière, l'orchestre manque de puissance et semble complètement bridé par le groupe.
Les titres les plus récents connaissent un sort plus intéressant. Les guitares ne forment plus une espèce de mur de son et l'orchestre se fait plus aventureux, plus présent, même si on a la désagréable impression qu'il joue toujours la même chose.
Metallica nous gratifie tout de même de deux nouveaux morceaux écrits spécialement pour l'occasion.
Non ?
Si !
Rhooooooooo...
Il est facile de deviner quand ces titres interviennent quand on ne connait pas du tout la discographie des Horsemen : il s'agit de ceux qui disposent d'une entrée en matière symphonique où l'orchestre s'exprime seul. Un par disque. Le premier de ces titres,
No Leaf Clover est plutôt de bon acabit : tout en ambiance, sombre, ponctué par de bonnes montées en puissances, il est celui qui tire le plus d'avantages de cette collaboration. En revanche, le second,
- Human, est certes dans une veine dure, heavy, mais sans envergure. Une composition vite (mal ?) écrite, plombée par une interprétation sans âme.
Avec S&M,
Metallica n'est pas forcément original (des groupes comme
Deep Purple s'y sont déjà risqués en 1969...), mais il lancera une mode puisque, entre autres,
Scorpions et
Kiss y iront du leur, avec un résultat bien plus satisfaisant.
Metallica prouve avec cet album live qu'il est en pleine détresse et qu'en voulant se vêtir d'une cape de lumière, sa faiblesse a été mise à nue. L'ensemble parait figé dans la glace. Kill'Em All a été complètement occulté (il ne convenait pas à ce style d'enregistrement, dirent les musiciens lors d'interviews), les prises de risques sont minimes voire inexistantes et ce disque qui aurait pu être génial reste moyen.
Non ?
Si !
Rhooooooooo...