La sortie de l’énorme
Destroy The Opposition en l’an 2000 n’aura pas retenu les membres de
Dying Fetus. Quelques temps après que Destroy vit le jour, Jason Netherton, alors dans le groupe depuis ses débuts, quitte la bande. Mais ce n’est pas tout, puisque les autres membres, Kevin Talley et Sparky Voyles partent fonder
Misery Index avec Netherton. Pas découragé pour autant, le chauve, John Gallagher, recrute Vince Matthews pour assurer le chant, Sean Beasley à la basse et quelques parties vocales, Mike Kimball à la deuxième guitare, ainsi que le batteur Erik Sayenga, présent en 1996 lors de la tournée du fœtus mourant aux travers des Etats-Unis avec
Monstrosity et
Kataklysm.
Malgré ce remu ménage dans les rangs de
Dying Fetus, John Gallagher a décidé de rester dans une optique de stabilité pour la sortie de «
Stop At Nothing » en 2003. Steve Carr est de nouveau sollicité pour la production et cela, même après un travail acharné sur la précédente prod’, ne comble pas les attentes. Si
Destroy The Opposition semblait atteindre par son côté percutant, dû à un mur de son impressionnant,
Stop At Nothing se veut plus sec, un peu plus crasseux et moins rentre-dedans.
La formule du fœtus est pourtant la même, ce n’est pas un « One Shot, One Kill » dévastateur qui dira le contraire. Mais il semblerait que la troupe de John peine à montrer le visage qu’on lui connaissait auparavant. Le duo vocal Matthews/Gallagher ne fait pas ressortir la magie qui opérait entre Netherton et le grand chauve, et même si les quelques parties vocales de Beasley donnent un coup de fouet à l’image d’ « Institutions Of Deceit », le rendu est trop linéaire et ennuyeux.
Ennuyeux dans le sens où
Dying Fetus a toujours réussi à atteindre une sorte d’enthousiasme depuis la sortie de
Killing On Adrenaline. On attendait une sortie digne de ce nom, mais les changements de line-up auront raisons de la qualité de ce moyen «
Stop At Nothing ». Et il faudra attendre
War Of Attrition pour retrouver les mecs du Maryland en grande forme.
Car oui, sans qu’il ne soit un bide complet, l’opus contient toujours cette technique que l’on reconnait chez
Dying Fetus. Une brutalité technique qui nous laisse bouche-bée, mais là où les riffs de Gallagher auraient explosé la tronche à n’importe qui sur les albums d’antan, ici, on a parfois l’impression que le pauvre John balance sans trop savoir où il va.
«
Stop At Nothing » est un album comme tant d’autres dans le paysage musical du death.
Dying Fetus donne l’air affaibli des départs incessants depuis ces dernières années et pond un album en conséquent. Cette erreur de parcours ne sonne pas la fin du fœtus mourant qui reviendra, quatre ans après, avec «
War Of Attrition » et le départ de Vince Matthews et d’Erik Sayenga, tout deux partis fondés Convenance.