En confiance après une première tournée américaine en compagnie de
Kataklysm et
Monstrosity, les monstres du Maryland reviennent avec
Killing On Adrenaline, succédant à un
Purification Through Violence pas franchement innovant.
Pendant leur tournée en été 97,
Dying Fetus a été obligé de remplacer Rob Belton avec le batteur de
Monstrosity, Erik Sayenga. Mais rapidement, Sayenga décide de quitter le combo et est substitué dans l’urgence par le talentueux, Kevin Talley, âgé de seulement 19 ans.
Aucun autre problème interne n’apparaitra pour l’enregistrement de l’opus et le line up sera donc composé du guitariste/chanteur/chauve/leader, John Gallagher, du bassiste/chanteur Jason Netherton, du guitariste Brian Latta et du nouveau venu justement, le batteur Kevin Talley.
Pour la sortie du nouveau bébé, les Foetus ont décidé de rejoindre l’écurie allemande Morbid Records pour la distribution de ce nouvel opus dans le monde. Ce qui sera bénéfique pour les américains puisque cela leur permettra d’acquérir une notoriété en hausse dans l’underground death metal. Mais il n’y a pas que ça d’important, la musique déployée par
Dying Fetus sur
Killing On Adrenaline en est un facteur principal.
Parce que oui, les mecs de Maryland ont franchi un cap important et il suffit d’écouter le titre éponyme pour s’en rendre rapidement compte. La brutalité du groupe est mieux dosée, distribuée de manière moins anarchique que sur
Purification Through Violence. Mais le Fœtus Mourant arrive aussi à faire oublier ses influences (
Suffocation,
Cannibal Corpse principalement) et se forger une identité propre, chose qu' il n’était pas totalement arrivé sur le premier album. Et même si on restait sur notre faim avec un premier album moyen, là on ne retient qu’une claque, mais genre énorme. Purification … n’est qu’une pichenette comparée à ce que Killing … déploie. L’arrivée de Talley fluidifie l’ensemble, avec un jeu de double pédale précis et démentiel où tout le talent du jeune batteur prend son sens. Les guitares sont, elles aussi, métamorphosées. Les coups de poignets du duo Gallagher/Latta se veulent plus hachés, moins fluides, mais impressionnant de groove comme sur « Judgement Day ».
Malgré une image gore encore présente, le groupe évolue également dans ses textes. C’est à ce moment là que
Dying Fetus aborda des thèmes plus politiques, mettant un peu de côté son côté boucher du village. A en juger la pochette, il semblerait que la bande de John Gallagher ne soit pas en osmose complète avec l’Etat américain. Et quand on se penche un peu plus sur les paroles de « We Are Your Enemy », on constate que le groupe dénonce le pays de mensonges et de tromperies envers les gens.
Purification Through Violence n’était qu’une entrée premier prix face à ce caviar du death metal. Surclassant totalement son prédécesseur,
Killing On Adrenaline est un album fort de brutalité et de technique. Grâce à cet effort,
Dying Fetus se taille une réputation solide à travers le monde, notamment en Europe. Il ne suffira au fœtus qu’enfoncer le clou deux ans après avec son
Destroy The Opposition.