Purification Through Violence est le premier album de
Dying Fetus. Succédant à la compilation Infatuation With Malovelence, réunissant des morceaux apparaissant sur les précédentes démos, l’opus est distribué par la firme américaine, Pulverized Records et en Europe via Die Hard Worldwide.
La bande de John Gallagher était née dans la masse en 1991, alors que le death metal gagnait de plus en plus en brutalité. L’idée du fœtus était plus complexe qu’un death basique. Les bases étaient de pouvoir accoupler le grind, le death et le hardcore pour un rendu 100% brutal. C’est sur ces bases qu’Infatuation With Malovelence sortit de l’ombre un an auparavant. Grâce à cette autoproduction, le quatuor du Maryland alla se bâtir une réputation sur toute la côte est des USA.
A l’époque, les groupes américains
Suffocation,
Cannibal Corpse et
Deicide balayaient tout sur leurs passages avec un death metal brutal, inaudible pour les oreilles d’antan, avec une image sombre, dégueulasse pour certain, satanique pour d’autre. Il ne faut par contre pas oublier ce que Death a apporté à ce style, avant que le genre ne soit métamorphosé et manié par toutes les mains. Le fœtus fait parti de la multitude de combo naissant à ce moment là.
Mais
Dying Fetus intrigue par ses sonorités pesantes, lourdes, agressives, voir malsaines sur certains morceaux. Loin de la subtilité, John Gallagher et sa bande n’ont pas la langue dans la poche. « Raped On The Altar » est l’exemple précis de la mentalité du groupe à l’époque, encore bien loin du message politico-social et encore implanté dans une ambiance de bain de sang, de viol et de déchets intestinaux. Des paroles touchants plus vers le gore et la religion que vers des poésies mielleuses écrites par un adolescent de 13 ans. Musicalement, le talent des musiciens est parfaitement décelable, très technique et violent. Le duo vocal, auquel John Gallagher et Jason Netherton se prêtent, sent la chiotte turque après le passage d’une équipe de rugby pendant la troisième mi-temps, entretenue par un cul de jatte. En d’autres mots, leurs voix sont chargées de putréfaction, renvoyant une odeur pestilentielle mystérieuse et inattendue. On assiste également à un déluge de blast-beats, salant avec sévérité les compo’ du combo de Maryland.
Si l’on peut déplorer un grand nombre de production death metal, celle-ci n’a tant qu’à elle, rien à se reprocher. Mettant bien en avant les voix gutturales, le côté crasseux –apportant une certaine pesanteur- et une batterie omniprésente.
Cependant, le contenu de ce premier album n’a pas l’impact escompté. Les compositions stagnent, flirtant avec les influences directes du groupe et donnent donc un rendu linéaire. On peut se rendre compte de l’effort fournit par John Gallagher et sa bande pour la sortie de Kiling On Adrenaline, deux ans plus tard. Ici,
Dying Fetus donne l’impression d’avoir paniqué et de ne pas avoir bénéficié de l’expérience passée des démos. Et puis, pendant l’écoute, on est rarement mis sur le cul par un titre. On se laisse tenter par deux ou trois riffs et passages sympas, mais pas de quoi fouetter une mouche.
Sans trop tomber dans le ridicule
Dying Fetus est timide et donne l’impression de jouer la carte de la sécurité. Avec cet album, on voit l’arrivée d’un gros américain encore au stade de fœtus. Le quatuor présente de bonne chose, peut-être un peu trop naïf également, mais parvient à faire passer le message de brutalité. Il ne faut pas oublier que c’est quand même grâce à
Purification Through Violence que le fœtus mourant a effectué sa première tournée nord américaine en compagnie de
Kataklysm et de
Monstrosity.