Lorsque James Cameron eu réalisé la saga Terminator, mettant en scène la dualité entre les hommes et les machines, il ne se doutait pas que cela influencerait le jeune combo californien. Alors découvert via une compilation locale (L.A. Death Metal), le nom de
Fear Factory allait être susurré à l'oreille du label Roadrunner par un certain
Max Cavalera. C'est donc après un échec studio (Concrete) avec Ross Robinson que les californiens décident de sortir
Soul of a New Machine avec aux manettes: Colin Richardson ...
Un son industriel percutant, tout ceci orchestré par le duo Herrera/Cazares, qui ne s'arrête jamais. C'est ce qui fera la renommée du groupe par la suite. Le jeu de batterie de Herrera est millimétré et infaillible. La guitare de Cazares, à l'unisson de la batterie de Herrera, est tranchante et grasse.
On ne peut pas passer à côté de la prestation du jeune Burton C. Bell qui démontrera que son chant clair planant et son growl destructeur pouvaient faire bon ménage.
Seulement, au delà de cette inspiration géniale, le charme se rompt à l'écoute de titres sans âme et inutiles, où les défauts de jeunesse font effets de remplissage. Mais on y reviendra plus tard…
Martyr ouvre les hostilités, le moins que l’on puisse dire, c’est que le son de
Fear Factory se veut plus brut, plus sec que ce que l’on connaitra par la suite. La touche industrielle est présente, la voix de Burton alterne chant guttural à chant clair aérien, exercice dont le chanteur excellera également sur les sorties suivantes (
Demanufacture et Obsolete entre autre).On peut également parler de la prestation de Raymond Herrera, absolument dévastateur. Ses coups de double pédale sont carrés, véritable Kalachnikov ambulante (Scapegoat). L’âme
Fear Factory est présente, l’atmosphère est pesante, la lourdeur de la guitare est éreintante, à l'image du fantastique Scumgrief. Ce qui frappe également, c’est cette violence, très froide, très crue, qui sera une marque de fabrique de
Fear Factory mais ici, on a affaire à une violence plus sauvage, plus primaire, assez surprenant de constater qu’ils ne maitrisent pas tellement cette rage sur ce
Soul of a New Machine. Ce qu’Escape Confusion démontre avec brio.
On peut néanmoins se demander ce que des compositions à la limite du grind font ici, tel que cet Arise Above Oppression naïf et Manipulation sans intérêt. Le groupe n’ayant pas complètement oublié son passé grind/death, on aurait pu se passer de ce genre de musique avec ce premier album. Il permet, toutefois, de constater l’effort et la mutation de l’usine de la peur sur
Demanufacture.
Et surtout, grâce à cet album, on sent l’envie de créer un nouveau genre, d’innover et d’en mettre plein la vue.
Soul of a New Machine n’est que les prémices et un avant-goût de ce que nous réservera l’usine de la peur par la suite, un album relevant la tête du death metal de l’époque, apportant un coup de neuf malgré quelques défauts.
Fear Factory réussira à se faire respecter avec la sortie de
Demanufacture, trois ans plus tard.