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Chroniques :: Chronique de The Dreamer's Hideaway

Chronique de The Dreamer's Hideaway

Klone  - The Dreamer's Hideaway (Album)

Toujours surprenant



Devenu plus efficace que jamais sur Black Days, Klone avait montré une nouvelle facette de sa musique. Une orientation plus rugueuse, plus rentre-dedans, avec des formats de composition plus courts. Restait ces ambiances si délicates dont seul Matthieu Metzger a le secret, et qui balisaient encore l’album, plus discrètement cependant que sur l’excellent All Seeing Eye, ce qui pouvait apparaître comme dommageable pour les fans. L’annonce d’un nouvel album pose donc la question de la poursuite de cette direction ou d’un possible renouvellement de leur musique. A première vue, en observant uniquement l’artwork, Klone n’invente rien, il reprend même les couleurs de All Seeing Eye, ce qui pourrait être vu comme le signe d’un retour à ce qui reste leur meilleur album à ce jour. Pourtant, le groupe prend une nouvelle fois l’auditeur à contre-pied, et propose avec The Dreamer’s Hideaway de nouvelles choses, surprenantes et recherchées.

Déjà entendue sur le single « Rocket Smoke », la production est le premier élément déroutant de ce nouveau Klone. Véritable parti pris artistique,les guitares sont au second plan pour mettre en avant les ambiances, autrement dit le chemin inverse de celui emprunté sur Black Days, qui était très Rock dans son approche. La voix de Yann Ligner est très en avant, soutenant une musique extrêmement atmosphérique et fouillée dans ses textures sonores. Le choix peut être à double-tranchant néanmoins, certains riffs passant à côté de leur impact destructeur, comme celui introduisant le morceau éponyme. La volonté de Klone est à saluer néanmoins, car il ressort de l’écoute de The Dreamer’s Hideaway l’impression véritable d’avoir été immergé dans une eau cotonneuse, berçante mais toujours sujette à des caprices, histoire de toujours nous maintenir dans la surprise.

Aussi la musique de [Klone]] revient-elle à quelque chose de plus atmosphérique, chaque titre étant garni de samples et autres astuces de Matthieu Metzger destinées à nous plonger dans cet univers onirique parfois terriblement magique, en témoigne la seconde partie du morceau éponyme, juste sublime avec le saxophone (ou clarinette ?) et la voix toujours aussi maîtrisée de Yann. Cela n’empêche pas aux poitevins de revenir à quelque chose de plus brut comme l’excellent « Corridors », très groovy, inquiétant dans ses arrangements mais aussi original par ses ajouts électroniques. Le riffing est souvent très bon en témoigne « Rising », plus efficace, avec le retour des cris de Yann, toujours aussi bons, qui ont malheureusement beaucoup disparu sur cet album, au profit du chant clair. Un choix qui correspond à l’ambiance plus posée de l’album, très travaillée, et véritablement en accord avec la thématique.

De fait, rarement un groupe avait autant fait correspondre sa musique avec le thème développé. « Walking On Clouds » par exemple, même s’il est peu intéressant dans sa première partie, se vit amplement sur la deuxième, la lenteur du rythme aidant, avec cet excellent riff presque Indus (le chant excellent), à nous faire voir les images que Klone a en tête. Plus que jamais The Dreamer’s Hideaway confirme ce que je pense depuis longtemps : Klone est un groupe visuel, qui mériterait de développer ses morceaux en clip conceptuels, à l’instar de Tool, et devrait travailler l’apport de la vidéo à ses lives.

The Dreamer’s Hideaway, s’il apparait comme un retour à une musique plus progressive et recherchée, dans la lignée de leur EP The Eye Of Needle finalement, n’en demeure pas moins imparfait, la faute à trop de chant clair notamment, la palette si large de Yann Ligner n’étant clairement pas utilisée comme sur All Seeing Eye, ce qui avait le mérite d’apporter de la variété. Un regret d’autant plus fort que sur certaines parties, son chant clair apparait trop mièvre, bien que maîtrisé (« Siren’s Song »). On pourra aussi arguer que l’interlude « Stratum » n’apporte rien à l’album et que certains titres sont en-dessous du lot, comme « The Worst Is Over » ou que le groupe a tendance à retrouver ses vieux démons, comme la (trop) grande ressemblance avec Tool sur « Into The Void », par ailleurs très chouette. Enfin, l’arrivée d’Aldrick à la guitare pouvait laisser supposer plus de parties techniquement superbes, mais ce n’est pas le cas. Ce constat est cependant à modérer, Klone n’ayant jamais été dans une optique technique, mais davantage dans l’ambiance et l’efficacité du riff. A noter, le guest avec le chanteur de King’s X sur « A Finger Snaps », plutôt sympathique malgré les paroles quelque peu clichées (« let the music sound » hmm…)

Un très bon album que ce The Dreamer’s Hideaway, qui s’inscrit dans la continuité de The Eye Of Needle. Plus progressive, plus profonde, mais toujours aussi Rock, la musique de Klone devient de moins en moins Metal, et si l’on pourra regretter cette avancée – les cris de Yann quasiment absents – on ne peut que reconnaître que l’univers des français est original et prenant. Même si All Seeing Eye reste indétrônable, The Dreamer’s Hideaway est une belle surprise, difficile d’accès certes, mais ô combien riche dans ses couleurs et sa musicalité.



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Avis des chroniqueurs :  
NanoRoux  



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Commentaires


Il faudra que je le ré-écoute, mais à la première écoute, ce disque m'a conquis ! Excellent album ! (et merci Guillaume !)
Ils nous font agréablement plonger dans un univers riche et apaisant (et je rejoins donc ta chronique, Prom !)

sam. 13 juil. 13- 20:39  


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