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Chroniques :: Chronique de Ride The Lightning

Chronique de Ride The Lightning

Metallica  - Ride The Lightning (Album)

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Qui a fait sauter les plombs ?



Quand on a sorti un premier album après avoir répété les morceaux sur scène pendant deux ans, concevoir un nouveau disque n'est pas chose aisée. Aussi, quand les p'tits gars de Metallica se sont vus retourner en studio sous l'impulsion de leur maison de disque qui voulait capitaliser rapidement sur le succès de Kill'Em All, ce n'est pas un groupe très sûr de lui que l'on retrouve. Si Kirk Hammet et Lars Ulrich en ont profité pour prendre des cours de guitare et de batterie, Ulrich s'est surtout démené pour rameuter son compatriote Flemming Rasmussen à la production, histoire de doper un peu leur son.

Les musiciens se voient obliger de composer dans l'urgence. Là, c'est le bassiste Cliff Burton qui deviendra un moteur pour le tandem composé de James Hetfield et Lars Ulrich. En effet, ce dernier, grand amateur de Blue Öyster Cult et bassiste étonnant avec ses faux airs de hippie, va apporter une richesse musicale inattendue chez Metallica, ainsi qu'une maturité qui tranche complètement avec le côté adolescent rebelle du premier effort. De plus, le groupe surprendra par une certaine forme de recherche littéraire qui tranche complètement avec leur image.

Ride The Lightning est le fruit de quelques mois de labeur et de descente de bibine. Si la seconde partie se fait un peu sentir sur certains morceaux, c'est surtout la première que l'on retiendra, un travail acharné qui porta ses fruits. Hard Rock Magazine, en 1984, décrétait dans sa chronique de l'album qu'un certain avenir du heavy metal résidait dedans. Heavy metal. Le terme thrash n'était pas encore très connu mais il convient de constater que ce disque fait le grand écart entre les deux styles avec une maestria certaine. L'ambiance, à l'instar de la jaquette, est électrique. Pour parler rapidement de la pochette, simple au possible avec son logo pour la première fois en relief, les premiers tirages furent vers suite à une erreur d'impression. Autant dire que cette version vinyle est devenue, depuis, collector. Musicalement, Metallica s'éloigne du speed pur et dur assené sur Kill'Em All et se diversifie grandement, aussi bien au niveau des riffs que des tempos. C'est aussi à partir de cet opus que l'on trouvera cette introduction calme qui allait aboutir sur une décharge de violence simple. C'est Fight Fire With Fire qui inaugure cette petite tradition, avec ses notes suaves habilement distillées avant de rentrer dans le vif du sujet avec une cassure thrash typique. Le chant est raide, maladif et Hetfield va traiter le problème du nucléaire en deux coups de cuillère à pot. Encore jeune dans l'esprit, mais le ton change, le groupe grandit.

D'ailleurs, le message social reprendra dès le morceau suivant, titre éponyme de l'album, anxieux et énervé, où le sujet de la peine de mort est abordée dans toute son horreur. D'où la chaise électrique de la pochette (qui semble avoir inspirée au passage la jaquette du film Prison où officiait le jeune Viggo Mortensen). Le groupe prend également un gros risque en proposant une "balade" qui partira logiquement en couille pour un final étourdissant. Fade To Black avait fait grincer des dents à l'époque, certains taxaient déjà le groupe de vendus à la cause du mercantilisme à outrance, alors qu'ils n'ont fait qu'ouvrir la voie pour des combos comme Testament ou Helloween qui trouveront le moyen de reproduire le schéma de composition à leur compte quelques années plus tard. Hetfield a énormément progressé au chant et parvient à véhiculer quelques émotions, encore un peu plates, mais il se fait déjà moins criard dans son interprétation.

Le côté littéraire du groupe a été mentionné plus haut. Il est difficile d'en faire abstraction. Comment en effet passer à côté (attention, paradoxe inside !) de l'instrumental The Call Of Ktulu, ingénieuse composition à tiroir jouant plus sur la mélodie que sur l'efficacité pure dont le titre est largement évocateur de l'oeuvre de Lovecraft ? Comment ignorer l'épique For Whom The Bell Tolls qui fait référence à Pour Qui Sonne le Glas de Hemingway et qui en est troublant dans sa subtilité ? Et comment renier les passages bibliques du puissant Creeping Death, l'un des chefs d'oeuvre de cet album, tout en agressivité et en vitesse, avec sa reprise tonitruante après le solo de Hammet ?

Officiant entre thrash et heavy metal, Ride The Lightning a clairement le cul entre deux chaises, ce qui lui donne sa saveur très particulière car complètement atypique dans la discographie du groupe. Incapable de se décider entre la sécheresse des riffs et l'aspect plus mélodique, les musiciens ont composé comme ils le sentaient, en sachant pertinemment qu'ils jouaient gros et que soit ça passait, soit ça cassait. Si l'on remarque deux faiblesses à cet album (le thrashy Trapped Under Ice et le heavy Escape qui sans être mauvais ne se hissent pas à la hauteur des autres titres), le reste est absolument bluffant, comme si le côté "je ne m'en fais pas trop, la vie c'est fun" a été balayé comme les boutons d'acné sur la tronche à Hetfield. Metallica est entré dans un univers musical plus mature, plus maîtrisé également et se sublime grandement.

Ride The Lightning peut être considéré comme l'une des pierres angulaires du metal, bien plus que son successeur moins varié et moins riche. On tient là un album de référence, qui nous fait comprendre que ce qui allait devenir l'album noir par qui le scandale arrivera avait déjà ses racines dans la tête des musiciens, qui se sont découverts, grâce au talent de Burton et à la détermination de l'hydre bicéphale qu'est le tandem Hetfield/Ulrich. Un chef d'oeuvre, qui traverse l'épreuve du temps même si le son commence doucement à se faire vieillot.

 8 
10

Ride The Wave... of Thrash



Ride The Lightning est un album qui partage les fans de Metallica (et ceux qui sont pas fans d'ailleurs). Soit on considère Master comme le chef d'oeuvre du groupe, soit c'est Ride qui prend le trône (soit vous pensez comme moi que c'est Justice, mais bon...). On ne peut pas nier que Ride est un très bon album, ça, aucun doute la dessus. Maintenant, il est probablement un peu surestimé. J'explique...

Ride succède au génial Kill'Em All, et, déjà, le groupe gagne en maturité. Des compositions plus posées, toujours de bons gros morceaux de Thrash Metal qui explosent à la gueule, un instrumental plus construit (et même une power ballade, l'hérésie !) bref, le groupe effectue déjà un tournant musical. Pas forcément nocif, car ce Ride possède de véritables perles. For Whom The Bell Tolls est un monument du Metal, l'auditeur se retrouve dans une tranchée, en train de regarder le ciel, les balles de fusils défilent au dessus de lui, de la terre lui éclabousse le visage et des coups de génies musicaux lui éclaboussent les tympans. Le (très) regretté Cliff Burton montre ici son talent, écoutez juste ce riff de basse ! Cette dignité... cette mélancolie sombre et désespérée... For Whom The Bell Tolls prend le coeur et le fait frissonner. Premier hit.

On enchaine direct avec le second, une magnifique Power Ballade sur le thême du suicide, Fade To Black. La mélodie est belle, pleureuse (nan, Metallica est pas émo, juste sombre sur For Whom et pleureur sur Fade To Black, mais sinon non), le riff est puissant, les arpèges le sont aussi (mais d'une autre façon), le final éclatant... Grand morceau, même si il restera sans doute moins dans les mémoires que For Whom The Bell Tolls qui est capable de réconcilier n'importe quel dégouté de l'après-Black Album avec Metallica. Ensuite on saute un trou de néant musical (j'y reviendrai) au milieu de l'album pour atteindre Creeping Death, un morceau Thrash de grande qualité (mélodie rageuse, riff efficace, break culte... on résume ça par le mot "jouissif" en fait, le truc chiant à chroniquer aussi...) et The Call Of Ktulu, un instrumental sombre, épique, le meilleur instrumental du groupe probablement. C'était les 2 autres hits.

Passé ces 4 bombes, on se retrouve avec un brulot Thrash très bon et headbangant, Fight Fire With Fire, un petit moment de headbang mais qu'on oubliera assez vite vu la qualité des poids lourds de l'album et le moins bon mais pas mauvais Ride The Lightning. Ensuite vient le désert musical constitué du moyen Trapped Under Ice et du très médiocre Escape. Under Ice est plombé par son refrain irritable et Escape... est mauvais. Juste mauvais. Bête, niais, avec des riff lourdeau, mauvais quoi. On a donc trois niveaux de qualité dans l'album, les 4 hits en haut, les deux bons morceaux au milieu et les deux légumes en bas. On enlève les légumes donc, ça fait 6 morceaux. Sauf que Fight Fire et Ride ne sont pas vraiment assez bon pour justifier la réputation culte que possède l'album, malgré un certain enivrement de Thrasheur. Il ne reste donc "que" 4 morceaux qui justifient réellement le plebiscitage de Ride The Lightning. 4 morceaux qui sont des perles donc, mais 4 morceaux sur 8, quand même. Et honnêtement, quand on passe au milieu de l'album de Fade To Black à Trapped Under Ice, ça fout les boules.

L'album est donc inégal, le plus inégal de la première période de Metalloche, et c'est là son plus grand défaut. Il était à deux doigts de la tuerie pourtant. Ride est donc surestimé, sans être atteint par l'effet "arbre qui cache la foret" (on devrait plutôt dire que la première moitié cache les deux buissons et les deux feuilles mortes de la seconde moitié), on se concentre trop sur ses imparables points forts et on oublie de parler des points faibles qui, ne l'oublions pas, font aussi partie de l'album, et sont trop importants pour être passés sous silence. A moins que vous appuyiez sur "next" sur quelques morceaux donc, vous serez obligé de reconnaitre l'hétérogénéité d'un album qui contient malgré tout son lot de morceaux cultes qu'il faut avoir écouté absolument une (et même plusieurs) fois.

(For Whom The Beeell Tooooooolls ! Time marches on... on... on... on... For Whom The Bell Toooooooooooooooolls !!!)

Les Plus :

- 4 Monstres à la hauteur de leur réputation
- Plus sombre
- Déjà une certaine maturité mais encore un peu sauvage
- 2 brulots Thrash très bon...

Les Moins :

- ...Mais qui ne méritent pas leur place au milieu des 4 monstres
- Trapped Under Ice et Escape (=les deux feuilles mortes, les légumes, etc...) sont nulles.

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par Int, le 7 juin 2008
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Avis des chroniqueurs :  
 9 
10
Prométhée
 



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Commentaires


Voir les 6 commentaires précédents
Superbe chronique pour l'album de Metallica qui m'a foutu en premier sur le cul, comme Duplantier.
mar. 11 janv. 11- 12:39  
Il y a mon morceau préféré du groupe dessus, From whom the bell tolls
mar. 11 janv. 11- 23:01  
Moi entre Master Of Puppets et celui-là, je ne saurais dire lequel je préfère...
mer. 12 janv. 11- 14:19  


Ride The Lightning - Infos

Voir la discographie de Metallica
Infos de Ride The Lightning
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Sortie : 15 août 1984
Genre : Trash Metal
Label : Elektra
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Fight Fire With Fire (4:44)à écouter en premierparoles de Fight Fire With Fire
2. Ride The Lightning (6:36)à écouter en premierparoles de Ride The Lightning
3. For Whom The Bell Tolls (5:06)culte !culte !paroles de For Whom The Bell Tolls
4. Fade To Black (6:53)culte !culte !listenparoles de Fade To Black
5. Trapped Under The Ice (4:02)paroles de Trapped Under The Ice
6. Escape (4:22)à écouter en premierparoles de Escape
7. Creeping Death (6:36)culte !culte !paroles de Creeping Death
8. The Call Of Ktulu (8:55)culte !culte !paroles de The Call Of Ktulu
écouter : Ecouter l'album



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