Un an après avoir fait le bonheur des homosexuelles et des patrons de bureau, Peter Steele et sa bande décident de donner vie au romantique October Rust. Petit changement par rapport aux précédents albums du groupe, le départ de Sal Abruscato, partit rejoindre Life of Agony, et l'arrivée de Johnny Kelly (
Danzig), au poste de batteur.
Josh Silver et Kenny Hickey, respectivement au clavier et à la guitare, tiennent toujours aux postes.
C'est donc trois ans après l'érotique
Bloody Kisses qu'on retrouve
Type O Negative pour un voyage à travers l'amour , la depression et la douceur.
Le moins que l'on puisse dire c'est que depuis le précédent opus du groupe, c'est que le tempo a nettement ralentit. Nous n'avons pas affaires au Type O au tendance hardcore des débuts. Le combo évolue dans un registre nettement plus gothique voir doom contrairement à ce qu'ils nous avaient habitués. Vous aurez le sourire dès le début, sachant que le groupe assez dérisoire, se présente et remercie tout les acheteurs du skeud en guise introduction.
Est-ce donc ce à quoi nous avaient habitués les New Yorkais ?!
Type O Negative n'est pas là où on l'attendait, nous surprend mais malgré toute cette finesse, des compositions un peu plus énergiques dans la veine d'un Slow, Hard And Deep n'auraient pas été de refus. Même si le médiocre tube "My Girlfriend's Girlfriend" fait son apparition, aucun titre ne vous fera headbanguer ... Non, nous avons affaire à un album très complexe, mature synonyme d'une grande reconnaissance. Le groupe change radicalement de style et se rapproche d'un metal gothique envoutant. Pas de solos à la Black No.1, Kenny Hickey, assurant toujours les choeurs, fournit un douloureux et énigmatique travaille de composition avec ses six cordes, en parfaite harmonie avec les atmosphères déployés par Josh Silver. La guitare acousitque est également de la partie sur un Die With Me ou encore sur Green Man, ressortant le côté "hippie" de Peter Steelen avec des paroles comme "I'm the green man".
Vous vous laisserez agréablement emporter tel une feuille morte parcourant les mois pour revenir à la vie. Le clavier prend une place plus importante dans les compositions, valorisant la voix profonde et sensuelle de Peter Steele,qui nous étale (sa vingtaine de centimètres) son talent de compositeur sur la table. Comme sur ce "Love You To Death", certainement plus belle composition des New Yorkais au texte déchirant, remplit d'amour, de sensation forte et d'émotion. La basse arrondit nos sens, nous rendant faible et touché par ces séduisantes mélodies.
Haunted, au tempo lent et douloureux, clôture cet album sur une sombre, planante et inquiétante mélodie, d'une beauté mystique qui, confirme toute la souffrance du groupe.
Puis qu'est ce qu'on entend à la fin, un Type O s'excusant de la médiocrité de cet opus majestueux, ce qui est sûre, c'est que Steele et ses compères n'ont pas perdus leur sens de l'humour .
C'est donc la tête haute et victorieuse, que les New Yorkais ressortent. Malgré quelques chansons mal exploités et baclés,
Type O Negative nous a emmené dans cette captivante et déchirante épopée, où ils revèlent toute leur subtilité et leur magie au bout de quelques écoutes. Jamais égalé par la suite cet October Rust ,vous permettra sans doute de faire l'amour sur une peau de bête au bord d'un feu accompagné par une bonne bouteille de Bordeaux tout en nous laissant un arrière gout de nostalgie et une 'tite larme à l'oeil ...