Paul d'Amour ayant quitté
Tool après Undertow, il est remplacé par Justin Chancellor, du groupe Peach, qui a fait des premières parties pour
Tool. Dès lors,
Tool atteint sa formation actuelle, et sa maturité d'une certaine manière.Confirmation avec un album qui, s'il laisse en suspens beaucoup de choses musicalement, en définit beaucoup d'autres.
Tout d'abord, Aenima confirme beaucoup de choses qui n'étaient qu'esquissées dans Undertow. Si la musique est définitivement moins rock, elle garde cette esthétique sombre et hermétique, qui fait vraiment la patte de
Tool. Et surtout, les expérimentations engagées se prolongent: la guitare ne joue parfois que trois notes, sans être réduite à faire de la figuration. Instaurant des ambiances, donnant le ton, elle ouvre les portes que la section rythmique, basse et batterie, construisent. Les thèmes changent subtilement, s'immisceant dans l'oreille de l'auditeur, et les changements rythmiques sont légions.D'autres éléments restent, comme la mélodie d'Intermission, qui revient dans Jimmy, prouvant la capacité des quatres compères à exploiter totalement les possibilités offerte par la musique.
Progressivement, l'album développe son propre propos, comme si les musiciens n'étaient que des intermédiaires entre le public et la musique. Il faut plusieurs écoutes avant de rentrer totalement dans cet Aenima, qui confirme la direction, sinueuse et obscure, prise par
Tool. La puissance déployée parfois est impressionnante, et les nuances sont nombreuses également (la dernière chanson Third Eye démontre bien cela).
En conclusion, un album très bon, mais qui se laisse difficilement apprivoiser. C'est du pur
Tool, le mystère et la magie sont au rendez vous, pour peu que l'on veuille bien accepter de se laisser guider dans un monde où les surprises sont nombreuses.