Killing On Adrenaline avait permis aux mecs de Maryland de s’asseoir sur un siège confortable en terme de brutalité et d’efficacité. L’album avait suscité de bonnes remarques à sa sortie, notamment en Europe, et il ne suffisait au Fœtus qu’à confirmer ce bon élan.
Dying Fetus avait pris de plus en plus d’ampleur sur le paysage musical extrême et tout cela s’est vu récompensé par une signature chez Relapse Records, spécialiste du domaine brutal, qui contenait déjà en son rang des artistes comme
The Dillinger Escape Plan ou
Brutal Truth. Et c’est sans compter la présence de Sparky Voyles à la guitare, remplaçant Brian Latta, que toute la brutalité du Fœtus déferlera sur ce nouvel album.
Destroy The Opposition succède avec
Killing On Adrenaline dans tous les domaines. La bande au grand chauve, John Gallagher, continue sa route avec un death metal d’une brutalité déconcertante, appuyé par des parties à la limite du hardcore et d’un grind dopé au groove. Mais le Fœtus n’oublie pas de continuer dans une évolution certaine. Comme sur le précédent disque, la pochette de l’opus s’attaque directement à la nation, avec ici, une représentation d’une propagande américaine datant de la seconde guerre mondiale, mis en revu avec un certain charme à la
Dying Fetus. Mais pourquoi tant de haine ?!
Il faut savoir que l’idée d’intégrer plus de politique dans les textes du groupe est venu du producteur Steve Carr. L’idée avait d’ailleurs été intégrée sur le précédent opus, Killing, sans que le combo ne cède toutefois de placer quelques titres gores. John Gallagher avouera également qu’il voulait que le groupe prenne une direction sérieuse avec Destroy, voilà ce qui fait que les Fœtus crachent comme des hyènes aux visages de la politique américaine.
Les Ricains ne cherchent pas à plaire, ni même à s’adoucir, mais c’est ça qu’on aime avec le fœtus. Il est rugueux, agressif, technique. Un putain de concentré de brutalité qui ferait pâlir un vietnamien. « Praise The Lord (Opium The Masses ) » rentre dans le gras, prend aux trippes avec ses incessantes répétitions de sifflantes.
Dying Fetus reprend avec presque exactitude les mêmes ingrédients qui avaient fait de
Killing On Adrenaline un bijou de brutalité. John Gallagher et Sparky Voyles possèdent une dextérité effrayante avec leurs guitares, masturbant de long en large leurs manches, nous laissant bouche bée, les cheveux en vrac avec un « Born In
Sodom » dingue. On sent également un Kevin Talley plus performant derrière son fût, ça claque de tous les côtés, ça groove, ça change de rythme toutes les 30 secondes et c’est comme ça tout le temps ! Bien sûr, la réputation technique de
Dying Fetus n’est plus à faire, ces mecs là savent jouer. L’éternel duo vocal entre Jason Netherton et John Gallagher est toujours aussi impressionnant, deux voix gutturales au bord du gouffre, voire inhumaines.
En gros, le Fœtus Mourant est encore une fois impressionnant. Il a réussi l’impossible en poussant ses capacités vers l’extrême, avec une donne plus que satisfaisante.
Destroy The Opposition est d’ailleurs cité dans le magazine « Choosing Death », comme étant un des meilleurs albums de l’underground death metal. Sans aller jusqu’à la fellation pure et simple, il est vrai que
Dying Fetus n’a pas fait dans la dentelle avec ce nouvel opus et c’est à juste titre qu’il est cité en tant que tel.
A posséder si vous êtes fan de technique pur et d’une brutalité sans concession.