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Chroniques :: Chronique de Metallica

Chronique de Metallica

Metallica  - Metallica (Album)

Et Metallica voit la vie en noir...



Pour Metallica, les choses ne sont pas faciles. Depuis le décès accidentel de Cliff Burton, le groupe essaye de se renouveler comme il le peut. D'abord, il y a le The $5,98 Garage Days Re-revisited pour présenter Jason Newsted et montrer que Metallica continuait l'aventure, puis un ... And Justice For All qui présentait des structures plus complexes et un groupe qui voulait évoluer mais qui s'enlisait doucement. Sans oublier la lassitude qui gagnait les membres à interpréter les compos de ce disque sur scène. Ils ne prenaient plus de plaisir à jouer ces morceaux aux structures trop compliquées. D'ailleurs, longtemps, seul One a figuré sur les set-lists du groupe dans sa version complète quand ils arrangeaient un medley.

Quand Metallica retourne enfin en studio, c'est avec Bob Rock à la production. Les fans de la première heure disent déjà "ben merde !". Faut dire, Rock est le producteur du génial Dr Feelgood de Mötley Crüe. Pas franchement du thrash. L'album sera alors sans arrêt repoussé et finira par paraitre (enfin) en 1991.

Et là, ça commence par cette intro devenue depuis célèbre, un classique même. Enter Sandman propose un riff heavy metal et James Hetfield étonne tout de suite par les progrès qu'il a fait au chant. Même s'il présente moins d'agressivité et d'urgence dans sa façon de s'exprimer, il pose sa voix avec beaucoup de justesse. Ce n'est plus du thrash et la batterie gagne en groove, la prod permet à la basse d'être présente physiquement. Au solo, Kirk Hammet n'est pas forcément plus subtil, mais il est plus posé. Ses parties n'ont plus la même vélocité ni la même hargne. Elles n'en n'ont plus besoin.

Metallica se montrera très diversifié sur ce disque éponyme. Passant d'un heavy lourd et sans concession (l'excellent Sad But True, Don't Tread On Me) à des compos au tempo plus enlevé (Through The Never), le groupe se permet également des compositions hasardeuses qui tiennent très bien la route comme le classieux Wherever I May Roam (note du rédacteur : désolé Int, mais je le considère comme l'un des meilleurs morceau de Metallica...) ou le plus vindicatif Of Wolf And Man. Le groupe s'autorise également deux ballades. Si la plus connue est sans conteste Nothing Else Matters et les orchestrations signées Michael Kamen, elle est également certainement la moins intéressante des deux. Certes, on y entend des choses que l'on n'aurait jamais imaginé venant de Metallica avec un James Hetfield qui roucoule presque, mais l'intérêt est en définitive minime. La ballade incontournable de cet album, c'est The Unforgiven. Sur les trois albums précédents, Metallica jouait ce type de morceaux de la façon classique, couplets posés et refrains plus enlevés avec un final apocalyptique. Ici, c'est le contraire et le résultat est en tout point remarquable. Une réussite à l'image des Fade To Black, Welcome Home et autres One.

Cependant, tout l'album n'est pas parfait. Là où Metallica nous avait habitué à des albums de 8 à 10 titres, celui-ci en contient 12. Et quand on sait qu'il y a toujours du déchet sur un disque de ce groupe, on sait que l'on va en retrouver sur cet opus... Les trois derniers titres sont clairement en trop. Peu inspirés, limite chiants (My Friend Of Misery est bien trop long...), remplissage plus ou moins avoué par Lars Ulrich. Passé les trois premiers quarts d'heure, l'album s'enlise petit à petit et on peut sans remord l'arrêter après Of Wolf And Man.

Certes, on peut considérer ce disque comme une trahison. Mais il aura été une référence pour tout le petit monde du thrash à cette époque. Sinon comment expliquer que Megadeth, Exodus ou encore Testament sortaient des albums typés heavy metal après de nombreuses réalisations dédiées aux dieux barbares du thrash ? Cancer, dans le domaine du death, changera également brutalement de style... Un disque de référence, multiplatine et un classique du genre. Pas parfait, mais l'oeuvre d'un groupe qui devait sortir du carcan du thrash pour ne pas imploser en proposant un disque de trois morceaux de vingt minutes chacun, comme l'avoueront d'entrée de jeu Hetfield et Ulrich aux journalistes lors de la promotion de l'album.

Metallica$ Inc



Je sens déjà que je vais me mettre la moitié des lecteurs et probablement 75% des fans de Metallica à dos en écrivant cette chronique, et je me prépare donc à passer pour la brute "troo" de service, mais tant pis.

Metallica, surnommé le Black Album par beaucoup, est le 5è album du groupe et est considéré comme étant une certaine maturité pour le groupe. Mmh... Je ne sais pas si on peut vraiment dire que la maturité d'un groupe vient quand il commence à vaseliner sa musique. Quoi de plus que du vaselinage bête et méchant (enfin non, bête et gentil) sur cet album? Doit-on considérer un morceau Pop Metal comme Enter Sadman comme la maturité d'un groupe là ou celui ci composait des pièces de Metal de 9 minutes à la structure intéressante dans le passé sans jamais nous ennuyer une seule? Mouais. Pas sur. Ou alors maturité serait synonyme de platitude, auquel cas je serais plutôt d'accord. Mais non, pour moi la maturité c'est quand on travaille ses morceaux au lieu de les jouer impulsivement -ce n'est donc pas toujours synonyme de qualité, il est vrai- mais le fait est que cette démarche s'effectuait déjà dans les deux précédents travaux du groupe. Ici, les morceaux sont peut être travaillés, mais pourquoi avoir remplacé le rhum par de l'eau? Comment le groupe qui a écrit Metal Militia et Damage Inc peut il (mal) chanter aujourd'hui Wherever I May Roam et Nothing Else Matters? Incompréhensible...

Je ne suis pas contre le changement, bien au contraire, et je ne suis pas un puriste, mais quand on a headbangé sur des monuments du Thrash Metal je vois mal comment on peut danser le slow sur des ballades mielleuses pour ado (Une Nothing Else Matters pleureuse et chiarde...). A cela on va me répondre "Mais pourquoi t'aimes pas le Black Album en gros? Parce qu'il y a des mélodies?". Non, parce que ces mélodies sont entrainantes (dans le sens radiophonique du terme), faciles, populaires et morveuses. De plus la voix de James Hetfield est désagréable, il a pris des cours de chant pour cet album et cela a clarifié la voix cassée et Rock qu'il avait avant. Une voix qui correspond à l'album bien sur, mais ça veut tout dire. Un chant Thrash sur des riff Heavy Pop et des mélodies radiophoniques aurait été grotesque, autant rester homogène dans la médiocrité.

Même au niveau de la production l'album n'arrive pas à me convaincre. Je veux dire, elle est clean, propre, impeccable, absolument rien à dire et ça correspond bien à la musique de l'album, mais... Voila. Je préfère une prod plus racée et plus roots. Justice était pas forcément terrible niveau son, mais Master était bien puissant et carré. Quant à Kill Em All, il possédait sa patte personnelle.

Quelques morceaux parviennent néanmoins à se détacher à peu près du lot. On a donc droit à une Sad But True lente et dure, Heavy et carrée, une The Unforgiven ma foi plus touchante que la mielleuse Nothing Else Matters, et une Through The Never qui vient placer un peut de brutalité dans ce monde de doux. On pourrait aussi ajouter un My Friend Of Misery franchement pas dégueulasse. Soit 4 morceaux sur 12. Le reste, ça passe à la trappe. Ou à la radio. Des soli plats (enfin ça y'en avait déjà quelques uns avant, mais ils avaient le privilège d'être assez aériens), des refrains accrocheurs, des riff qui restent dans la tête (tube inside), un James Hetfieldqui chiale... Bienvenue dans le monde du Black Album.

Pour ceux qui comme moi ont été dégoutés de Metallica avec cet album, réécoutez vous For Whom The Bell Tolls, vous verrez que le groupe faisait des trucs bien avant. A bas le Black Album et les gentils ! Vive Kill'Em All et les méchants !

Jvais m'acheter un pack de bière moi tiens.

Les Plus :

- Trois quatre morceaux s'en sortent assez honorablement
- La prod propre est exemplaire objectivement

Les Moins :

- Radiophonique et pop
- Hetfieldne sait plus chanter le Metal
- Des mélodies irritantes
- Des riff dont le seul but est de faire un tube
- Un esprit et une période trahie (mais ça, ça n'a rien de musical)

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par Int, le 25 juillet 2008
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L'album du début de la fin ?

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


Il est de ces albums qui lancent un renouveau pas toujours apprécié par les fans. C’est le cas de ce 5e opus studio des Four Hoursemen que le public a fini par rebaptiser « Black Album ».

Bon, il faut dire que depuis 1988, le groupe sera au cœur de pas mal de polémique. La première lui fera perdre beaucoup de die hard fan. En effet, le groupe avait juré de ne jamais réaliser de clip. Lorsqu’est sorti le single One, le groupe s’est parjuré en faisant non pas un, mais deux clips pour cette même chanson.

Avec cet album éponyme, premier album ou l’on verra l’ex-Voivod Jason Newsted apporter sa pate aux chansons, le groupe entre dans une autre ère qui l’amènera sur des terres moins Thrash, moins sauvages et surtout moins Thrash… Peut-on y voir là les premiers effets d’un certain Bob Rock ? Ce n’est pas impossible. Mais il faut y voir aussi d’autre facteurs : la super production dont l’album bénéficie, l’arrivé d’un nouveau bassiste, la perte tragique du bassiste qui les a aidé à se faire connaître (Cliff Burton)…. Toujours est-il que les guitares, qui ont pourtant cette même couleur musicale, y sont plus heavy que réellement Thrash.

Ce sera pourtant l’album le plus vendu du groupe. Il faudra cependant oublier les rythmiques du type Trapped Under Ice présent sur l’album Ride The Lightning. Sur cet album on privilégie la lourdeur à l’agressivité comme le démontrent les titres Enter Sandman, Sad But True ou My Friend Of Misery. Ce dernier prouvera par ailleurs que le jeune Jason, qui cherche encore plus ou moins sa place au sein du groupe, qu’il est digne de reprendre le flambeau de son prédécesseur. Et ce n’était pas mince affaire.

Holier Than Thou aurait lui pu faire croire à un regain de thrash 80’s avec une intro un peu plus rapide. Mais le sont de guitare fait que cela sonne néanmoins moins « authentique » que les albums précédents. C’est sur ce point là que nombre de fans arrêteront de suivre le combo. Mais aussi grâce à cela qu’il trouvera une légion de nouvelles têtes.

Pourtant, si l’on oublie que le groupe est avant tout un groupe de Thrash, cet album renferme de très bons moments tels que The Unforgiven ou encore Of Wolf And Man. Mais ce n’est plus le Metallica des origines. Le Metallica fougueux et énergique a disparu au profit d’un Metallica plus sombre. Le seul titre réellement thrash que l’on peut trouver avec cet album est alors Through The Never.

Je terminerai cette chronique avec l’incontournable de l’album. Ce titre qui sera la première collaboration avec un dénommé Michael Kamen. Le Maestro qui dirigera l’orchestre philharmonique de San Francisco lors de concert bien spéciaux du groupe une dizaine d’année après la sortie de cet album. Je pense que tout le monde possède des souvenirs sur ce Nothing Else Matters. Qui n’a pas dansé, emballé ou même plus sur cette chanson ?

En bref, je dois avouer que je ne suis pas un gros fan de cet album qui marque un tournant assez peu convaincant dans la carrière du groupe. Il est plus affaire de souvenir pour moi que de réel attachement à cet album.



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Commentaires


Voir les 7 commentaires précédents
Ronnie, t'as aimé Load? Je dois avouer que moi je trouve que c'est l'album de Metallica que j'aime le moins...Mais bon, chacun ses goûts.
dim. 7 déc. 08- 14:05  
Je comprends que les puristes fans des débuts de Metallica puissent ne pas aimer Load, mais oui, c'est mon favori du groupe avec ce Black album. Ce qui n'empêche que j'adore aussi Ride the lightning, Master of Puppets et ...And Justice for all. En fait, pas grand chose que je n'aime pas chez Metallica, si ce n'est un Reload faiblard et peu inspiré et un St Anger raté. Mais je place le Black album et Load au-dessus du reste.
lun. 8 déc. 08- 22:49  
Je suis pas totalement d'accord avec cette chro, mais t'as pas complètement tort non plus. Pour moi, Load est l'album de trop qui prouve que Metallica avait définitivement pris un virage trop Pop, virage amorcé par le Black Album. Maintenant, je considère cet album comme un bon album malgrés tout (mais je déteste tout ce que les Four Horsemen ont fait après).
mar. 31 déc. 13- 20:27  


Metallica - Infos

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Infos de Metallica
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Sortie : 13 août 1991
Genre : Heavy Metal
Label : Vertigo
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Enter Sandman (5:31)culte !culte !écouterlistenparoles de Enter Sandman
2. Sad But True (5:24)culte !culte !paroles de Sad But True
3. Hollier Than Thou (3:47)à écouter en premierparoles de Hollier Than Thou
4. The Unforgiven (6:26)à écouter en premierparoles de The Unforgiven
5. Wherever I May Roam (6:44)à écouter en premierparoles de Wherever I May Roam
6. Don't Tread On Me (4:00)paroles de Don't Tread On Me
7. Through The Never (4:03)paroles de Through The Never
8. Nothing Else Matters (6:28)culte !culte !paroles de Nothing Else Matters
9. Of Wolf And Man (4:16)à écouter en premierparoles de Of Wolf And Man
10. The God That Failed (5:08)paroles de The God That Failed
11. My Friend Of Misery (6:47)à écouter en premierparoles de My Friend Of Misery
12. The Struggle Within (3:54)paroles de The Struggle Within
écouter : Ecouter l'album

Metallica

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