Au crépuscule des années 90, un groupe a fait fantasmer plus d'un fan de heavy metal. Ce groupe, c'est
Metalium, un combo qui, sur le papier, était plus qu'alléchant. Se voulant l'union entre le heavy allemand et l'américain,
Metalium comptait en ses rangs
Chris Caffery de
Savatage ainsi que le mercenaire
Mike Terrana (ex-
Malmsteen,
Tony McAlpine...). Et ça, ça suffisait à faire baver. La grande interrogation résidait surtout dans les capacités d'un jeune chanteur inconnu,
Henning Basse. Et bien vite, tout le monde fut rassuré : ce mec assure.
Metalium, c'est également un concept. Et dans concept, il y a... Cep ! Oui ! Nooon ! Toi, là-bas, au fond, tu sors. Dans concept, avant tout, il y a con. Et au niveau du concept à la con,
Metalium a fait fort, très fort. L'histoire est simple. Une entité nommée Metalian débarque et part en quête pour un monde de metaleux, de vrais. Grosso modo, c'est ça. Simple, efficace, gentiment bas du front. Pour certains, l'archétype même du heavy metal (qui a dit
Manowar ?). Une fois que l'on a bien rigolé (euh... ahah ?), on peut s'intéresser à la coquille. Et là, mazette, comme aurait dit mon grand père s'il avait su jurer modérément.
Mazette, donc, musicalement, ça ne plaisante pas ! Après une intro tout ce qu'il y a de plus classique on a droit à
Fight.
Fight, c'est ce qui se rapproche le mieux d'un hymne, rapide, efficace, avec un refrain que l'on assimile rapidement. Basse est tout simplement éclatant, capable de monter haut, et possédant une voix très agréable, d'une tessiture plus grave que celle de
Michael Kiske (qui reste une des références du genre même si l'homme n'a hélas plus grand chose à voir avec notre style de prédilection). C'est court, le solo est concis juste ce qu'il faut et surtout, on en ressort avec le sourire aux lèvres. Parce que c'est bon. Simple, radical. Ce que l'on attend souvent de ce genre.
Mais
Metalium ne cède pas au bourrinage gratuit. Il se montre plus nuancé que ça (la présence de Caffery n'y est certainement pas étrangère) et si l'on croise des titres typiquement germaniques avec des choeurs virils, il y a également de la subtilité au milieu de tout cela, traduite par des mélodies accrocheuses, des lignes de guitare séduisantes qui, alliées au matraquage de Terrana, n'en sont pas moins pertinentes. Cependant, le groupe tombe également dans certains travers, certes coutumiers du genre, mais qui viennent sensiblement plomber l'ensemble. Une power ballad de rigueur (d'ailleurs, on a connu mieux comme chanson portant le même patronyme que le groupe...), une reprise vulgairement accélérée (
Smoke On The Water de
Deep Purple qui perd beaucoup en feeling), quelques riffs qui sonnent déjà entendu. Rien de bien grave en définitive, mais quelques menus défauts qui empêchent ce disque de tutoyer les sommets comme on aurait pu le croire après un départ en fanfare. C'est dommage.
Parce que mine de rien, la suite se révèlera bien moins glorieuse, le côté plus américain (le côté mélodique du groupe devrait-on dire) s'éclipsera avec les départs de Caffery et de Terrana jusqu'à faire de
Metalium un groupe de heavy des plus classique et sans trop de relief. Donc il convient de pendre ce
Millennium Metal - Chapter One pour ce qu'il est : un très bon disque, qui aurait pu augurer une carrière somptueuse pour un groupe qui avait du talent. Les aléas de la vie, quoi...