Dix ans. Oui, une décennie sépare Shallow Life d'In a Reverie, premier opus de
Lacuna Coil, qui lui a ouvert les portes d'une reconnaissance légitime. Durant ce laps de temps, les italiens ont eu le temps de sortir cinq albums, imposant par la même occasion leur statut de poids-lourd européen. Mais cette durée leur a également permis d'évoluer, de faire passer leur Gothique Metal à quelque chose de clairement plus accessible et efficace, ce qui n'a pas manqué de provoquer des réactions diamétralement opposées...
Quoiqu'il en soit, Shallow Life paraît en 2009 avec la ferme intention de confirmer le virage stylistique entrepris par Comalies. Et pour ça, le groupe a fait appel à un certain Don Gilmore, célèbre producteur ricain qui a bossé avec
Linkin Park, Good Charlotte et toute une panoplie de formations de là-bas.
Le choix du producteur n'est en aucun cas anodin et est bien évidemment révélateur de la tournure que prennent les compos des italiens. Car depuis quelques années, le
Lacuna Coil tel qu'on l'avait connu à ses débuts s'est transformé en un groupe au son et à l'attitude très américains, qui n'est pas sans faire grincer des dents comme on l'a vu plus haut.
Ceci étant, "I Survive" lance l'album sur un chant enfantin quelque peu dérangeant, le genre de chansonnette qui procure une sensation malsaine. Les guitares entrent en jeu, suivies de prêt par Andrea et Cristina, qui nous envoient un petit refrain gentillet. Le travail des ambiances est intéressant, mais ce titre manque singulièrement d'accroche et ne pourra certainement pas prétendre au statut 'chanson culte'...
Vu la note de l'album et cette entrée en matière, vous aurez bien compris que
Lacuna Coil ne m'a pas botté sur ce coup-là. Et pourtant, je suis loin d'être un farouche opposant à leur nouveau son, mais là, ça ne passe pas. Shallow Life est une collection de morceaux gentillets, qui ne font rien avancer pour le groupe si ce n'est quelques titres intéressants comme "Spellbound" ou "I Won't Tell You". Pire encore, les italiens se perdent dans leur nouvelle identité et se retrouvent à tourner en rond, pondant au passage un "I Like It" très peu avenant et un "Unchained" effroyablement plat...
Pourtant, on sent bien qu'un certain travail a été accompli sur Shallow Life. On pense notamment au chant de Cristina qui tape dans une palette vocale particulièrement large ("Wide Awake"). Ce n'est pas pour rien qu'elle est plus présente que par le passé, laissant à Andrea un rôle bien plus confidentiel et anecdotique...
De même, on notera que les italiens ont tenté d'imposer certaines atmosphères parfois réussies ("Underdog"), mais bien souvent trop maladroites pour convaincre les plus septiques...
La production, si elle est toujours aussi propre, paraît plus Rock et surtout moins rugueuse. Là encore,
Lacuna Coil a pris un risque osé, mais le résultat, s'il n'est pas non plus décevant, aurait certainement pu être plus efficace...
Les artistes internationaux ont tendance à relever des différences notables entre les publics. En Europe, il paraît qu'on a un œil un poil plus critique que nos homologues ricains: cette chronique va certainement leur donner raison. Malgré le succès qu'a rencontré Shallow Life outre-atlantique, ce cinquième album est loin d'être la tuerie que l'on attendait, et ce même s'il a bénéficié d'un certain travail.
Il est évident que Shallow Life s'adresse à un certain public (devinez lequel), mais pour moi non, la recette ne prend pas,
Lacuna Coil se morfond dans son nouveau style et se perd, et ce ne sont pas les "The Pain" et les "I Like It" qui feront mouche...
Heureusement que la suite relève le niveau