Avec
Solid Ball Of Rock,
Saxon avait remis le pied à l'étrier du succès. L'album renouait avec un heavy metal plus traditionnel, d'orientation nettement plus européenne que les trois opus précédents, taillés pour se frayer un chemin sur le marché US. Mais le groupe s'est très certainement précipité en entrant en studio aussi vite, l'inspiration n'étant clairement pas au rendez-vous cette fois-ci.
Oh ! Forever Free est un disque dans la droite lignée du précédent, avec une ligne directrice clairement tracée dans le heavy metal bien gras. Cependant, il manque de pertinence. Quelques morceaux sortent du lot, indéniablement, brillent de mille feux mais ce n'est pas bien difficile tant la plupart des compositions sont désespérément plates et s'oublient à peine le disque terminé. Il manque à
Saxon la créativité qui semblait l'avoir habité sur
Solid Ball Of Rock (si l'on peut parler de créativité : le groupe a repris des formules qui avaient fait mouche par le passé, propulsées par le souffle de la jeunesse représenté par le jeune
Nibbs Carter). Forever Free est un disque désespérément prévisible, assez quelconque. Peut-être bien écrit, mais où est le grain de folie dans l'interprétation ?
Heureusement, il y a quelques tueries, comme l'hymne (qui ne l'aura pas été longtemps)
Forever Free qui ouvre les hostilités de fort belle manière, la reprise du
Just Wanna Make Love To You de la chanteuse de jazz
Etta James à la sauce biker bien speedé, le puissant
Nighthunter, classique mais terriblement efficace... On notera également l'étrange ballade à la
Rainbow,
Iron Wheels, qui sort du lot en rompant avec le son metal du reste du disque. Le reste justement, sent gentiment le remplissage éhonté, du
Saxon comme on en a tant entendu et qui se permet de faire pâle figure face à son prédécesseur, qui n'était pourtant pas un chef d'oeuvre.
Forever Free, c'est un peu le genre de disque qu'un groupe fait pour avoir une bonne excuse pour monter sur scène. Indéniablement,
Saxon aime l'ambiance des concerts, mais était-ce vraiment la peine, après un regain de vitalité, de sortir un tel produit ? Un album de plus dans une discographie déjà bien fournie, mais un album bien souvent oublié sur les set-list actuelles.