La courbe ascendante de
Nazareth ne semblait plus connaitre de fin depuis
Razamanaz en 1973. Le groupe gagnait en popularité à chaque album, au point de se demander jusqu'où il aurait pu se glisser s'il n'y avait pas eu
Led Zeppelin,
Deep Purple et
Black Sabbath pour lui faire de l'ombre.
Hair Of The Dog fleurit dans les bacs des disquaires en avril 1975 et le disque se fait vite remarquer par sa pochette bien moche, certes, mais également grâce à la ballade
Love Hurts (reprise d'une composition originale de
Felice And Boudleaux Bryant, couple longtemps adonné à la country (!)) qui sera le plus gros hit de
Nazareth. Si cette chanson ne se trouvait pas sur tous les pressages à l'origine, il semble que depuis la réédition en cd de l'oeuvre elle remplace bel et bien
Guilty.
Alors oui, on va dire que
Hair Of The Dog est encore un album qui a connu une belle carrière parce qu'une ballade particulièrement réussie trônait en bonne place ou a fait l'objet d'un single qui s'est très bien écoulé, mais ce ne serait pas faire justice à un disque qui ne manque pas d'atouts dans sa manche. Déjà, il serait inconvenant de passer à côté de la chanson titre, un hard rock fortement teinté de blues, au refrain... hum... sans complaisance qui a du inspirer un certain
Axl Rose ausis bien par le style que pourle contenu. Ou encore le morceau de bravoure de l'album, un
Please Don't Judas Me long et épique à souhait, avec son chorus interminable et terriblement sensuel.
La voix éraillée de
Dan McCafferty fait toujours autant d'effet, que ce soit sur le répertoire le plus hard du groupe ou sur les compositions les plus posées, mais il ne prend pas tout l'espace, il laisse les autres musiciens s'exprimer pleinement. Du coup, on assiste à une espèce d'osmose orgasmique pour un disque que l'on savoure tout du long, suffisamment rêche pour flatter l'orgueil du metalleux, avec assez de mélodies pour caresser les oreilles les plus délicates.
Avec Hair Of The Dogs,
Nazareth signe l'un de ses plus grands disques, varié, puissant, très bien écrit. Un groupe au sommet de sa gloire. La suite ne sera plus aussi excitante et
Nazareth, progressivement, se fera oublier tout en restant toujours très actif. Amateurs de hard rock bluesy, ce disque est pour vous ! Décidément, les années 70 avaient une saveur très particulière pour notre genre de prédilection.