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Chronique de VI: Klagopsalmer

Shining  - VI: Klagopsalmer (Album)

Chef d'oeuvre Kvarfothien



Ah ben depuis le temps qu’il était annoncé ce nouveau cru de Shining… Voilà qu’il arrive officiellement cet été ! Mais rassurez-vous, l’attente aura été récompensée…

Avec V-Halmstad, Shining avait mis la barre très haut, présentant ainsi le meilleur disque de la discographie du groupe, présentant un album aux allures intemporelles et transcendantes, mêlant un Black Metal traditionnel à des influences clairement dépressives, empruntant par-ci par-là des éléments au jazz ou au blues. Avec VI- Klagospalmer, la bande à Kvarforth va plus loin dans la démarche artistique, tout en poursuivant la voie ouverte avec Halmstad.

Les influences dépressives sont peut être moins marquées, mais elles sont plus suggérées, laissant place à toute la schizophrénie de Kvarforth, notamment au niveau des vocaux sublimes, tantôt chantés, tantôt hurlés, avec même des passages en chant clair discrets mais apaisant.
On remarquera une alchimie parfaite entre les parties rapides et les passages nettement plus atmosphériques, accentuant de fait les impressions de schizophrénie qui règnent tout au long du disque. On pourra noter la place prédominante des guitares qui sont utilisées avec une précision ahurissante, qui proposent aussi des soli d’une qualité époustouflante, nous plongeant encore plus dans la virtuosité de ce nouveau Shining.
Les riffs sont assassins, directs, incisifs, on entend des expérimentations qui se fondent à merveille dans le monde de ce Klagopsalmer. Concernant les influences de ce nouveau disque, elles sont puisées un peu dans tout ce qui pourrait se greffer dans la virtuosité, la décadence, la bizarrerie, etc. de Kvarforth et sa bande… On peut entendre du Pink Floyd ou des éléments plus jazzy et provenant du blues, comme sur le précédent opus, mais, on dirait qu’elles s’intègrent encore mieux car Kvarforth m’en garde que l’essence pour s’approprier chaque style et sélectionner le meilleur ! Les ambiances sont sombres, très travaillées, prenantes et elles peuvent mettre mal à l’aise. On pourrait vraiment qualifier cet album de « Post-Black » comme c’est la mode en ce moment de poser cette étiquette sur tout ce qui est original, mais ce qualificatif prendrait ici toute sa dimension, toute sa puissance !

Des titres comme Ohm - Skoj Att Leva sont même carrément du Black Prog et expérimental sur lequel on reconnaît à peine Shining (si ce n’est par la qualité) tant le type de chant est nouveau pour ce groupe, mais aussi les parties instrumentales qui ne sont tout simplement que déroutantes, au plus grand plaisir de l’auditeur en quête d’originalité. C’est avec des morceaux comme cela que la notion de « Post-Black » prend véritablement un sens !

Le feeling qui se dégage de Klagopsalmer est intiment mélancolique et parfaitement maîtrisé, sans tomber dans le cliché du Black Dépressif que Shining a réussi à contourner pour proposer une multitude d’ambiances transcendantes, froides, tout simplement belles et innovantes.

Shining aura su se faire attendre, mais les fans d’ambiances psychédéliques ou schizophrènes seront comblés. En effet ce nouvel album risque à sa manière d’être la pierre angulaire de l’Histoire de l’évolution du Black Metal et démontre que ce style sait évoluer. Ses airs intemporels ne seront là que pour traverser les époques et dans 100 ans, les futurs fans de Metal écouteront toujours ce disque comme on le fait nous avec nos Black Sabbath !

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par Pit, le 9 juillet 2009
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Délire schizophrénique



Il serait facile de disserter de Shining avec un seul de leurs derniers albums en date en tête. Depuis IV, les Suédois se sont lancés dans un Black dépressif inspiré ça et là par le blues mélancolique et le flamenco de l’ivresse, délaissant leurs premiers amours très rageurs directement liés au Black’n’roll pur et dur (III : Angst). Après un V : Halmstad, summum de la voie emprunté par Shining depuis ces dernières années, la bande à Kvaforth sort ce VI : Klagopsalmer au virage aussi grand que l’attente qu’il suscitait.

IV et V symbolisait tout ce que le Black Metal dépressif pouvait offrir de nouveau et d’original, loin des clichés, puisant sa force dans une puissance contenue et des atmosphères travaillées. Force est de constater que Klagopsalmer suit la voie empruntée par Halmstad mais dans une toute autre mesure, plus violente et psychotique.
Ainsi, l’entrée « Vilseledda Barnasjälars Hemvist » est évocatrice de la rage Shining. Le titre est fracassant, il assomme l’auditeur de riffs lourds et donne à son pauvre cobaye une sensation de jouissance indécente. Shining semble en forme et ce n’est pas le solo de fin, impressionnant qui nous dira le contraire, de même qu’un Kvaforth surexcité. Un constat de départ intéressant malgré une originalité absente au profit d’une puissance sans équivoque.

Là où Originalité pointe le bout de son nez, c’est ailleurs et ce, en force. « Füllständigt jävla död inuti » arrive comme un souffle psychopathe et dévoile un côté expérimental à la limite du Math-core. Les guitaristes sont déchainés, révélant des capacités techniques plutôt dingues. Entre solis féroces dignes d’un guitar hero (ceux de « Vilseledda Barnasjälars Hemvist » rappellent Slayer par leur folie) et solis heavy mélodique, les musiciens ne chôment pas, d’autant que la production se révèle à nouveau furieuse et parfaite. « Füllständigt jävla död inuti » permet alors de découvrir l’identité de ce Klagopsalmer : un sombre recueil destiné à mettre en valeur la folie schizophrénique de Kvaforth.

Celui-ci fait d’ailleurs preuve de qualités sur ce dernier opus. C’est bien simple : jamais il n’a aussi bien gueulé et surtout chanté ! Car oui, Kvaforth chante, notamment sur le groovy « Plegoande O'Helga Plegoande » où un court passage permet d’entendre un timide mais réussi chant clair sur fond d’arpège bien connu de la part du frontman.
Mais la surprise réelle délivrée par le groupe se situe encore ailleurs. « Ohm - Skoj Att Leva » est en effet le morceau le plus surprenant de l’album. Ses couplets mélodieux au chant limite parlé et son magnifique refrain en chant clair lui confère une atmosphère planante. L’arpège de fin, étrangement optimiste, laissera la place à une rythmique funky du plus bel effet saupoudrée d’un solo rappelant légèrement Pink Floyd. Magnifique mais vite décevant lorsque l’on s’aperçoit après recherche que ce morceau n’est autre qu’une reprise et non une création originale. Shining a en effet repris ce titre d’un groupe de goth-rock suédois du nom de Seigmen. Alors, si la surprise première s’essouffle vite, on peut saluer la reprise remarquable, très bien appropriée par le groupe et qui colle parfaitement au reste de l’album.

Klagopsalmer, en dehors de ses qualités premières et de sa visée purement psychologique, renvoyant au personnage de Kvaforth et sa démence, tombe alors dans des pièges qu’il aurait pu éviter. Le principal, et non le moindre, est le morceau « Krossade Drömmar Och Brutna Löften », instrumental et minimaliste, où un arpège mélancolique rappelant ceux d’Halmstad entraine des variantes lentes et dissonantes. Un titre de trop qui coupe un rythme pourtant bien installé. VI, s’il se révèle plus torturé et fou que ses prédécesseurs, n’entraine également que peu d’émotions. Là où Halmstad présentait une musique dépressive et des atmosphères à pleurer, Klagopsalmer utilise des artifices certes efficace pour la beauté mais peu enclins à faire verser une larme à l’auditeur. Les perles permettent alors à VI de décoller aisément. « Ohm - Skoj Att Leva » et « Total Utfrysning » qui se révèle être au final le morceau le plus intéressant de l’album, progressif et mélancolique, avec d’une part ce passage central au piano qu’un homme vient remplir de ses paroles indistinctes, renvoyant encore à Halmstad et dans une moindre mesure à Pink Floyd (encore) et d’une autre cette fin sublime, au piano et violons plus que mortuaires.

VI : Klagopsalmer est un virage de la part des Suédois et un virage qu'il fallait oser prendre, au risque de décevoir. Adieu le Black Metal dépressif de IV et V, bienvenue au style nouveau, encore moins Black, oscillant entre tellement de choses que l’on ne sait plus où Shining s’est fourré. Un très bon album, encore un, qui se serait bien passé de ce cinquième titre plombant et qui aurait gagné en surplus de richesse atmosphériques là où il a gagné en puissance. L’album le plus travaillé de leur carrière mais peut être le moins envoutant, plus personnel et pourtant moins vécu.



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Commentaires


Ses airs intemporels ne seront là que pour traverser les époques et dans 100 ans, les futurs fans de Metal écouteront toujours ce disque comme on le fait nous avec nos Black Sabbath !


T'es sérieux quand tu dis ce genre de truc ?
Si c'est le cas, va falloir que je l'écoute ? ^^

jeu. 9 juil. 09- 22:57  
Ouais !
jeu. 9 juil. 09- 23:26  
Il y a une faute dans la tracklist de l'album, je l'ai vu en rédigeant ma chro.
mar. 29 sept. 09- 00:40  
En raison du spam, l'écriture de commentaires est suspendue.

VI: Klagopsalmer - Infos

Voir la discographie de Shining
Infos de VI: Klagopsalmer

Sortie : octobre 2009
Genre : Black Metal Dépressif
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Vilseledda Barnasjälars Hemvist (6:40)à écouter en premierlistenparoles de Vilseledda Barnasjälars Hemvist
2. Plågoande O'Helga Plågoande (6:50)à écouter en premierlistenparoles de Plågoande O'Helga Plågoande
3. Fullständigt Jävla Död Inuti (8:03)à écouter en premierlistenparoles de Fullständigt Jävla Död Inuti
4. Ohm - Skoj Att Leva (7:10)culte !culte !paroles de Ohm - Skoj Att Leva
5. Krossade Drömmar Och Brutna Löften (5:06)paroles de Krossade Drömmar Och Brutna Löften
6. Total Utfrysning (16:47)culte !culte !paroles de Total Utfrysning
écouter : Ecouter l'album

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