Le premier volet des
Use Your Illusion était centré principalement sur des morceaux bien hard rock, d'une qualité inégale, mais fort plaisants. Qu'en est-il pour ce second volet? Celui-ci est plus aventureux, il explore des directions que l'on n'attendait pas forcément de la part de Guns N'Roses. Du coup, pour beaucoup il est le plus intéressant des deux, même s'il n'est pas exempt de défauts, loin s'en faut.
Dès le premier morceau,
Civil War, on remarque la finesse d'écriture, entre mélodies au piano et une approche plus électrique, plus traditionnelle serait-on tenté de dire. Un titre épatant, de bon augure pour la suite. Et un titre long également, plus de sept minutes au compteur, une durée assez peu conventionnelle pour un groupe de hard rock au début des années 90, où l'héritage de la simplicité des '80 était encore très présent. D'ailleurs, les Guns semblent se faire une spécialité de ces longues compositions, que l'on recroise souvent tout au long de l'album, comme la superbe ballade
Estranged ou le plus rock
Locomotive. Le groupe construit, développe l'ossature de ses morceaux, avec une certaine fluidité, sans redondance malvenue.
Tubesque, ce
Use Your Illusion II l'est assurément. Impossible de passer à côté du puissant
You Could Be Mine, quasiment heavy metal et figurant en bonne place sur la BO du film Terminator II. Et il serait criminel de ne pas citer l'admirable reprise du
Knockin' On Heaven's Door de
Bod Dylan, où le folk du maître se teinte de rock, où
Axl Rose livre une prestation splendide, où les choeurs se colorent d'une chaleur gospel qui fait plaisir à entendre, même si on ne les attendait pas. Ce titre porte en grande partie l'album sur ses épaules et enterre littéralement la version banale du
Live And Let Die sur le premier volet. Evidemment,
Estranged aura également séduit avec ses mélodies de guitares époustouflantes (peut-être également pour son clip, même si on peut trouver la façon d'intervenir de
Slash un peu trop... too much).
Puis il y a les titres plus faibles, qui empêchent ce disque de tutoyer l'excellence.
Breakdown ou encore
Pretty Tied Up ne tiennent pas toutes leurs promesses,
My World est une conclusion presque déplacée tant ce mélange de rap et d'indus semble incongru sur un album des Guns. A force de trop chercher la subtilité, le groupe s'égare un peu et du coup perd en intérêt.
Mais en écoutant bien ce volet, plus posé que son jumeau en jaune, on peut trouver ça et là des indices quant à l'évolution de Guns N'Roses jusqu'à
Chinese Democracy et on comprend mieux qu'il manque un ou deux disque pour que l'enchaînement soit complètement logique : l'envie d'évoluer est bel et bien présente et avec le
Use Your Illusion I, le groupe a fait ses adieux à la facette la plus hard de sa musique. Mais bon, je persiste à dire qu'un seul album combinant les meilleurs titres des deux opus aurait largement suffi.