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Chroniques :: Chronique de The X Factor

Chronique de The X Factor

Iron Maiden  - The X Factor (Album)

Nouvel horizon



Quand un groupe perd un chanteur emblématique, il est difficile de lui trouver un successeur qui satisfasse tout le monde. On pense à ce pauvre Tim Owens condamné à être un intérimaire du metal, d'abord dans Judas Priest puis dans Iced Earth, on peut mentionner Andi Deris qui a mis des années avant de se faire accepter par une large majorité du public d'Helloween. Puis il y a un cas qui a fait école et qui aura servi d'exemple pour Judas Priest et Iced Earth, celui de Blaze Bailey au sein de Iron Maiden, qui aura déchaîné bien des passions.

Parce que remplacer Bruce Dickinson ne s'avère pas une mince affaire. L'homme avait ses fans, un nombre important de fans, qui peinaient à s'imaginer que Air Raid Siren s'en était allé pour se consacrer à une carrière solo. Et lorsque Steve Harris annonce que le nouveau chanteur de la Vierge de Fer est un quasi inconnu du nom de Blaze Bailey, un gars qui s'escrime dans son groupe, Wolfsbane, sans réel succès, les fans restent dubitatifs. Surtout qu'il a été trouvé rapidement, ce remplaçant... En 1994, il est officialisé et en 1995 parait ce X Factor.

La pochette est déjà inhabituelle pour Iron Maiden : cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une illustration, mais d'une maquette en résine de Eddie, torturée à mort sur un chevalet futuriste. Cette jaquette est signée Hugh Syme, à qui l'on devait déjà Countdown To Extinction et Youthanasia de Megadeth, ou encore Roll The Bones de Rush. Beaucoup de personnes se sont dressées contre cette vision de Eddie, la jugeant tout simplement repoussante, d'autres au contraire préfèrent s'attarder sur l'esthétique de la chose, qui colle à merveille avec l'ambiance dégagée par le disque. Une chose est certaine, cette pochette ne laisse pas indifférent et demeure l'une des plus controversées pour Iron Maiden. Comme si le groupe cherchait non pas à se faire taper sur les doigts, mais à enfoncer le clou, à montrer que The X Factor constitue bel et bien un nouveau départ.

Le premier morceau étonne. Quand on glisse le disque dans la chaîne, on est tout de suite accueilli par des chants grégoriens, inhabituels pour un groupe comme Iron Maiden. Là où l'on avait l'habitude de compositions rapides pour entamer les albums, le groupe propose une pièce épique de plus de onze minutes, Sign Of The Cross. Un X, bien sûr, comme le X représente le nombre dix en romain. Steve Harris ne laisse décidément rien au hasard et ce fameux titre, qui en impose directement, est peut-être le dernier morceau de Iron Maiden à pouvoir se targuer d'être un classique immédiat. Ambitieux mais très rapidement identifiable avec ses lignes mélodiques et sa basse galopante, Sign Of The Cross a aussi la lourde charge d'introduire Blaze Bailey auprès des auditeurs qui ne le connaissent pas. A la première écoute, sa voix peut sembler bizarre. Elle n'a pas ce côté aigu propre à Dickinson, elle est bien plus grave. Cependant, on s'y habitue très vite, dès qu'il aborde un refrain simple, mais mélodieux à souhait. On comprend alors que le texte est basé sur le Nom de la Rose d'Umberto Eco et tout s'imbrique parfaitement : les chants grégoriens deviennent logiques et l'aspect mystique s'en trouve sublimé.

Le second titre se veut un peu plus rapide et une fois de plus, Bailey est impérial. Il suffit d'écouter la version live de Dickinson sur le Death On The Road pour que les plus sceptiques l'admettent enfin. Encore une fois, Harris s'est inspiré d'un livre pour ce morceau : Sa Majesté des Mouches de William Golding. Lord Of The Flies évoque donc un sujet malsain, et le rendu est sombre et inquiétant. On est presque soulagé quand arrive Man On The Edge, qui après une courte mélodie, part sur les chapeaux de roue, une autre composition à la gloire de Bailey, qu'il a en partie composée d'ailleurs. Impossible de ne pas penser à Be Quick Or Be Dead en se retrouvant confronté à ce rythme effréné et à ce refrain simple mais renversant. La batterie claque fort. D'ailleurs, on l'entend beaucoup sur cet album, trop diront certains. Mais quelles rythmiques ! Nicko McBrain signe sur The X Factor l'une de ses meilleures prestation au sein de Maiden.

Trois titres, trois raisons de baver littéralement. Les quelques errements du passé sont déjà balayés : oublié ce No Prayer For The Dying heavy mais fade, pardonné les quelques ratés d'un Fear Of The Dark qui ne tenait pas toutes ses promesses ! Mais ensuite, le tempo ralentit considérablement. A la première écoute, les morceaux peinent à se démarquer les uns des autres, comme englués dans la masse. En creusant un peu, on découvre une richesse d'écriture somptueuse, avec des breaks monumentaux, des accélérations judicieuses, des chorus enlevés. Et des textes solides, sensés, qui s'écartent des histoires d'horreur qu'affectionnait le groupe jadis. Steve Harris a vécu des années noires et cela se sent dans cet album terriblement introspectif, où le bassiste, en pleine crise de foi, parle de la religion, de la guerre, de ces deux entités souvent indissociables. Fortunes Of War est cruellement désabusée, Blood On The World's Hands dresse un état des lieux amer. Bailey s'illustre également sur des textes puissants, comme sur l'inévitable The Edge Of Darkness, un des grands moment de cet album. Le chanteur croit en ce qu'il a écrit et lui donne vie. Bouleversant.

Mais The X Factor est long, très long. Soixante-dix minutes au compteur pour onze morceaux, dont certains auraient été dispensables, comme 2 A. M. qui se traine inutilement, ou ce The Unbeliever, sombre, dotée d'un excellent refrain, mais qui compte facilement trois minutes de trop.

Iron Maiden ne donne pas dans la facilité en proposant un disque difficile d'accès. Blaze Bailey s'insère parfaitement dans l'ambiance noire, mélancolique, de cet album, et l'homme chante bien. Contrairement à certaines idées reçues, il n'est pas interchangeable avec Dickinson, du moins pas sur cet album. Au contraire, ce disque a été composé pour sa tessiture de voix et le résultat est plus que satisfaisant : il est exceptionnel. Bailey se dévoile. Ceux qui le connaissaient par Wolfsbane durent être très étonnés de l'entendre à un tel niveau. Ce disque est le premier grand album de Maiden depuis Seventh Son Of A Seventh Son et le dernier avant A Matter Of Life And Death. Une réussite, qu'il est de bon ton de réhabiliter car les critiques ont fusé à sa sortie, pour de mauvaises raisons : parce qu'il n'y avait pas Bruce Dickinson...



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Commentaires


clair que c'est un bon album.
jeu. 5 août 10- 19:12  


The X Factor - Infos

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Infos de The X Factor

Sortie : 2 octobre 1995
Genre : Heavy Metal
Label : EMI
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Sign of the Cross (11:17)culte !culte !paroles de Sign of the Cross
2. Lord of the Flies (05:04)paroles de Lord of the Flies
3. Man on the Edge (04:14)paroles de Man on the Edge
4. Fortunes of War (07:23)paroles de Fortunes of War
5. Look for the Truth (05:11)paroles de Look for the Truth
6. The Aftermath (06:20)paroles de The Aftermath
7. Judgement of Heaven (05:13)à écouter en premierparoles de Judgement of Heaven
8. Blood on the World's Hands (05:58)paroles de Blood on the World's Hands
9. The Edge of Darkness (06:39)culte !culte !paroles de The Edge of Darkness
10. 2 A.M. (05:38)paroles de 2 A.M.
11. The Unbeliever (08:10)paroles de The Unbeliever
écouter : Ecouter l'album



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